La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Pour la reconnaissance d’une oeuvre humaniste
27 novembre 2006

Dominique Aupiais, fondateur du groupe Renésens, suit un parcours universitaire exemplaire, marqué par la parution de ses travaux. Récemment, il présentait ’Le Révérend Père Francis Aupiais, un humaniste breton pour la reconnaissance africaine’, pour lever les ambiguïtés sur la sanction colonialiste française allant à l’encontre de l’homme de foi, de l’homme de parole, de l’homme d’action.
Préfacé par l’évêque de La Réunion, Monseigneur Gilbert Aubry, cet essai historique de Dominique Aupiais, petit-neveu du père Francis Aupiais, met en lumière la vie d’un homme, breton, religieux, ordonné prêtre le 29 juin 1902. En 1903, Francis Aupiais part pour le Dahomey, pour devenir « Africain avec les Africains », écrit l’évêque réunionnais. Oui, c’est le cas, le missionnaire trouvera au Dahomey sa deuxième patrie. Dans un contexte colonial, il s’active à sa cause religieuse bien sûr, mais mettra un point d’honneur à la défense de la culture africaine. Ce sera son credo, défendre la richesse culturelle de l’Afrique. Ses positions d’ailleurs ne tarderont pas à agacer le pouvoir français en place, pouvoir colonial qui mène une politique africaine calamiteuse, juste pour la gloire patriotique.
Nommé Provincial des Missions africaines en 1928, le Père Francis Aupiais sera vite destitué par son supérieur le Père Chabert, non vraiment par ses pairs qui clament l’injustice. En fait, c’est le pouvoir colonial lui-même qui force cette décision honteuse, en la personne de Gaston Doumergue, alors Président de la République. Nous sommes en 1931. Et Dominique Aupiais d’expliquer : « Ce n’est surtout pas une décision collégiale, il y a des témoignages de ses collègues qui le soutiennent. Il faut surtout voir le contexte politique de l’époque. La France est un pouvoir colonial qui se glorifie, qui fait valoir son droit de colonisation, et n’admet pas qu’un missionnaire contredise sa politique ». En effet, le Père Francis Aupiais était partie prenante pour le respect des cultures autochtones, alors que La France parquait ses esprits en montrant les “singeries” coloniales. Destitué, éloigné de l’Afrique qu’il aime tant, ce sont les Noirs qui le réintégreront, l’élisant député du Dahomey en 1945. “Assassiné” la même année, il sera enterré un 20 décembre 1945. Un livre, en tout cas, à trouver chez tout bon libraire, "Le Révérend Père Francis Aupiais, un humaniste breton pour la reconnaissance africaine" est édité aux éditions JFR, Grand Océan.
À la découverte d’un patrimoine immatériel
Après son essai idéologique "Entre créole et breton, ces racines qui nous libèrent" (1991), son essai ethnologique "Vers un destin commun, Les petits blancs, les noirs, et les autres communautés de l’île de La Réunion" (2002), sans oublier la conduite de la parution d’un essai historique signé par son fils Damien, qui nous quittait bien tôt, "Les immigrants bretons à l’île Bourbon de 1665 à 1810" (2006), voilà un ouvrage qui étanche notre soif de savoir. La part celtique, bretonne, ne peut être autant occultée. Dominique Aupiais, en bon défenseur d’un patrimoine intègre, nous concocte encore bien des découvertes, des renouements avec notre passé inconnu. Féru d’histoire, Dominique Aupiais prépare une thèse sur l’atavisme (héritage culturel) celtique dans le patrimoine immatériel de La Réunion. Langue, musique,
danse, contes, et traditions cultuelles seront autant de thèmes à investir, pour rendre toute la place à l’apport celtique. L’auteur se défend de vouloir rouvrir les vieilles polémiques, mais entend restituer une vérité vraie de notre histoire réunionnaise. Cette démarche est essentielle pour notre pays en recherche de son patrimoine ancestral, matériel et immatériel. L’empreinte des cultures matricielles, qui font la culture réunionnaise, ne peut être ignorée. C’est à bout de nez. Peut-on faire l’impasse sur la part culturelle celtique ? Le chercheur pose la question, jusqu’à questionner la naissance du houlèr, ainsi que certains rites réunionnais. Le chercheur fait avancer la recherche. Peut-on seulement l’entendre ?
Bbj
Renésens en Bretagne
Nul n’est prophète en son pays, et l’on regrette le manque de considération envers un groupe au style innovant, métissé, enrôlé à la cause humaniste. Les spectateurs réunionnais revoient rarement le groupe sainte-suzannois Renésens. Écho détonant pour les programmateurs “péi” qui font la pluie et le beau temps au détriment de la musique locale. Mais on ne décourage pas facilement un artiste, engagé dans sa recherche du mot vrai, de la note
souveraine. Renésens la pa larg lo kor, Morgane est sur la piste, entouré de dynamiques musiciens “réunionnais”.
Quitte à chanter, chantons ailleurs. La musique est universelle. Renésens n’a pas arrêté la mesure. Ses partitions conservent encore de belles notes, malgré l’absence du regretté Damien, mon ami. Au contraire, peut-être, sûrement, qu’il veille sur l’évolution du groupe dont il était le leader charismatique. Aujourd’hui, Morgane donne sa voix, la révèle davantage,
tandis que sa maîtrise du biniou et de la cornemuse se confirme. Renésens la pa mor. D’ailleurs, les spectateurs de la cathédrale de Nantes ont pu découvrir ou redécouvrir une formation musicale originale, mêlant somptueusement sonorités créoles et bretonnes. Le 15 octobre dernier, dans le cadre du 150ème anniversaire de la société des missions africaines, Renésens était invité, pour donner de la chaleur, de l’esprit à la cérémonie religieuse.
Remarqué, le groupe est appelé à se produire de nouveau en Bretagne, à la mi-décembre.
Invité cette fois, pour l’opération “Gout nout letchi”, le groupe sainte-suzannois fera valoir les couleurs péi, et encouragera les touristes bretons à venir se détendre à La Réunion. Sous l’égide du Conseil général et de l’ancien préfet de La Réunion, actuellement en poste en Bretagne, cette opération ne manquera pas de porter ses fruits. Nous l’espérons au plus haut
point.
Renésens se produira le 14 décembre à Quimper, le 16 décembre à Brest, le 17 décembre à Saint-Nazaire.
Bbj
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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