Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Quand le village de la Rivière des Galets s’affiche dans sa rivière
18 octobre 2012, par

Vous êtes à la Rivière des Galets et vous avez une bonne heure devant vous… Alors vous pouvez nous suivre, vous ne le regretterez pas… Prenez la rue de la Liberté, qui longe l’église. À son extrémité, s’ouvre le panorama de la rivière. Vous descendez dans son lit, et vous marchez comme pour partir vers Mafate. Parvenu(e) à hauteur du premier des épis de l’endiguement, vous le contournez… Voilà ! Vous êtes arrivé(e) à destination. C’est là que nous voulions vous amener ! Ouvrez alors tout grand les yeux.
L’affiche monumentale se dresse, adossée à la digue. Depuis le lit de galets de la rivière, elle se dresse jusqu’au sommet de l’épi, elle semble vouloir atteindre le ciel. Des dizaines et des dizaines de portraits d’habitants de la Rivière des Galets s’offrent au regard. Femmes, hommes, enfants, posant seuls ou en famille, seuls ou en groupe, Réunionnais souriants ou graves, toutes ces personnes ont accepté l’objectif du photographe et vous regardent avec générosité, avec confiance. La fresque est comme une belle image du village, émouvante et magnifique. Il s’en dégage un fort sentiment d’attention accordée aux autres, de fraternité et de valeur humaine.
Les portraits sont tous encadrés, comme pour reconstituer ces intérieurs de case où trônent les photos familiales. « Comme les portraits de famille qu’on accroche sur un mur de notre case… La digue devient ce mur où l’on pose les portraits des personnes, des familles du village ». Celle qui parle ainsi, c’est Yasmine Attoumane qui a su fédérer beaucoup de mécènes et de bonnes volontés autour de son projet, un projet aujourd’hui réalisé, abouti, et approprié par les habitants.
C’est le terme d’un long chemin, pas toujours facile… Après des études à l’École des Beaux-Arts de La Réunion, poursuivies en France hexagonale, Yasmine Attoumane revient dans son île après sept années d’absence. Dans son quartier de la cité de Louise à la Rivière des Galets, elle ne retrouve plus ses anciens camarades, qui sont souvent partis au moment où elle revenait. Elle sent que le lien avec son village s’est distendu, peut-être aussi que le lien entre les gens est moins fort qu’avant.
Elle “tombe” alors par hasard sur le dispositif “Défi jeunes – Envie d’agir” porté par la Direction Régionale Jeunesse et Sports. Son projet artistique se double d’un besoin personnel : aller à la rencontre des gens. C’est ce qu’elle va faire durant des mois. « J’ai marché dans toute la Rivière des Galets, de haut en bas depuis la cité de Louise jusqu’au stade Mandela » raconte-t-elle. Heureuse d’être devenue “photographe ambulante”, elle n’a pas été déçue : « Si les personnes rencontrées n’ont pas toutes accepté que je fasse leur portrait, j’ai toujours trouvé des personnes ouvertes — un petit café n’était pas rare ! —, j’ai retissé des liens, connu des associations, fait des amitiés nouvelles ».
“La Rivière des Galets à ciel ouvert” : c’est ainsi que Yasmine Attoumane a dénommé cette réalisation très originale. Sa localisation “dann fon la rivièr”, elle l’a choisie délibérément, comme un hommage à « cette rivière qui détruit, qui reconstruit », comme elle le dit avec justesse. Et le résultat est saisissant : l’union des habitants avec leur milieu naturel s’impose à notre regard comme une harmonie révélée. Et l’unité de la rivière avec “son” village — qui porte le même nom… mais avec un R majuscule ! — s’écrit sur l’endiguement, ce lieu qui protège le second des fureurs de la première.
… Quand nous vous disions que notre promenade valait le détour !... On ne peut que congratuler la photographe et les photographié(e)s, et leur dire un grand merci pour cette belle image réunionnaise.
Alain Dreneau
| Un “vernissage” sur fond de galets peints La fresque de portraits géants a été “inaugurée” un soir de la semaine dernière. Le décor de la rivière des Galets se prêtait à merveille à ce vernissage pas comme les autres. Majestueuse, l’échancrure de Mafate avec le Cimandef faisant office de toile de fond. Beaucoup des habitants photographiés étaient présents. Au programme : maloya, poèmes, spectacle de danse de deux jeunes danseurs du groupe Hold Up Twins, et présentation des galets peints par les enfants de l’école Lacaussade sur des motifs d’oiseaux disparus. Moment de qualité, digne de la qualité de l’œuvre. Une œuvre soutenue par plusieurs partenaires, dont Jeunesse et Sports, Mairie de la Possession, Crédit Agricole, Semader, les Transporteurs de Mafate, l’association An Grèn Koulèr et le TCO, Labopix… |
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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