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’Elabakana, glissement perpétuel’ : ateliers de recherche interdisciplinaires à Tananarive
24 décembre 2005

Dans l’esprit d’une rencontre exemplaire, LERKA organisait à Tananarive, la ville des mille, 3 ateliers de recherche interdisciplinaires, visant une synergie artistique dans l’océan Indien, et à faire vivre l’art d’une manière ’solidaire’ dans le Grand Océan.
Parrainé par les ministères malgaches de l’Éducation nationale et de la recherche scientifique, de la Culture et du Tourisme, l’association LERKA organisait du 7 au 13 décembre 2005, 3 ateliers de recherche interdisciplinaires : "de la culture à l’art", "langues et poésies du Grand Océan", "émergence de l’art contemporain à Madagascar et à La Réunion", en partenariat avec l’association Vaïka et l’Institut de civilisations, et le musée d’art et d’archéologie de l’Université d’Antananarivo.
Inscrits dans le programme "Elabakana, glissement perpétuel" développé depuis plusieurs années entre les 2 pays, ces ateliers feront l’objet d’une publication prévue en septembre 2006, lors de la tenue d’une exposition à Tananarive. La presse malgache s’est d’ailleurs empressée de communiquer sur ces ateliers, qui contribuaient à la rencontre artistique et culturelle entre nos 2 pays. Par ailleurs, il est à noter que les séances ont été particulièrement soutenues par les artistes malgaches, représentants d’associations, scientifiques, étudiants, qui sont venus en nombre respectable participer à ces ateliers. Artistes comoriens, anjouanais, français se sont également unis à la manifestation, donnant ainsi un caractère international à ces ateliers.
Elabakana, espace de parole
Ateliers ? Il ne s’agissait pas "d’ateliers de pratique artistique, mais plutôt d’un espace d’échanges et de réflexions sur les arts", rappelait Antoine du Vignaux, coordonnateur artistique du projet. Ces ateliers créent ainsi un pont culturel entre nos pays, facilitant la rencontre entre les artistes, entre les arts. "Quel souffle doit-on donner aux arts de l’océan Indien ?", demandait Hemerson Andrianetrazafy, artiste plasticien et universitaire malgache. C’est un peu le questionnement général de ces ateliers de recherche inter-disciplinaires. En même temps, il s’agissait de préparer le terrain pour la venue de l’exposition "Elabakana, glissement perpétuel" à Tananarive en septembre 2006. "Elabakana ou un possible art de l’océan Indien, parce qu’il y a une filiation incontestable entre nos 2 pays", faisait remarquer Christiane Rafidinarivo, universitaire malgache installée à La Réunion, politologue enseignant les sciences économiques à l’Université de La Réunion.
Mais reprenons depuis le début. Qu’est-ce que “Elabakana, glissement perpétuel” ? Ce concept "rassemble dans un même espace une exposition collective d’œuvres contemporaines réalisées par des artistes malgaches et réunionnais dialoguant avec une exposition historique sur l’histoire et la fonction des perles malgaches", explique un document de synthèse.
Une rencontre poétique édifiante
Comment ne pas féliciter l’équipe de LERKA, de Vaïka et de l’Institut de civilisations pour le travail effectué ? Ces ateliers ont en effet permis de se faire rencontrer des poètes et écrivains, séparés par leurs styles d’écriture, séparés par leurs visions de la société dans laquelle ils écrivent. Nous avions eu l’occasion de parler de la nouvelle mouvance Madagaslam, un style poétique apparenté - à tort - à la génération Rap. Lors des ateliers Poésie mis en place par Antoine du Vignaux, les jeunes madagaslameurs ont ainsi pu (enfin !) communiquer avec l’intelligentsia malgache, calfeutrée dans leur fauteuil de l’Académie nationale malgache. C’est d’ailleurs au cours d’un kabar-poème que les dinosaures de la poésie malgache ont compris la justesse poétique de la nouvelle pousse, une nouvelle génération de poètes qui triturent les maux de leur société. Pour dire, même les plus conservateurs se sont pris au jeu, et l’animateur du kabar n’était autre que Mohamed Ali, défenseur de la cause du slam malgache. C’est la raison pour laquelle il m’est facile d’écrire que ces ateliers ont joué leur rôle premier : faire se rencontrer les artistes, quels que soient leur style, leur âge, leur discipline.
Synonyme d’échanges
À l’issue de ces ateliers, un seul constat : Elabakana reste un outil important au service des artistes du Grand Océan. En septembre 2006, l’aventure trouvera son apothéose par la tenue de l’exposition "Elabakana, glissement perpétuel", à Tananarive. Ceci dit, nous aurons l’occasion de revenir plus en détail, dans des éditions prochaines, sur l’histoire des perles malgaches, "présentes dans les sites archéologiques dès le 9ème siècle de notre ère [qui] témoignent des échanges commerciaux qui se sont effectués dans le Sud-Ouest de l’océan Indien avec les Arabes, les islamisés et les Européens, et [qui] mettent en exergue les relations entretenues avec la côte orientale d’Afrique", précise Bako Rasoarifetra, archéologue malgache. Relations artistiques, voilà, c’est dit. Reste à soutenir encore plus cette initiative, qui fait que des artistes se rencontrent. Bon vent à "Elabakana, glissement perpétuel" !
Bbj
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