Parution d’un livre sur la victimologie et séance de dédicaces samedi

Un outil essentiel pour soutenir les victimes de toutes les violences

28 février 2006

On parle beaucoup de la violence à La Réunion. Ou plutôt de certaines violences. Surtout de celles qui peuvent faire vendre du papier et de l’audimat pour le plus grand profit des patrons de certaines entreprises médiatiques.

Et comment en parle-t-on ? En stigmatisant les auteurs ou bien en essayant d’analyser les causes de ces drames et en aidant les victimes ? C’est plutôt le premier cas. Et avec une telle orientation, c’est l’image même du Réunionnais en général que ces médias cherchent à ternir.
D’où l’importance de l’ouvrage qui vient de paraître à Paris aux Éditions de l’Harmattan sous le titre : “La cause des victimes : approches transculturelles”. Le livre est préfacé par le docteur Gérard Lopez, président fondateur de l’Institut de victimologie.

Créer des liens

Les principaux auteurs de cet ouvrage collectif sont Geneviève Payet et Jean-Loup Roche. La première est psychologue clinicienne, présidente de l’ARIV (Antenne réunionnaise de l’Institut de victimologie), expert près la Cour d’appel, enseignante à l’Université. Son collègue est psychologue clinicien, vice-président de l’ARIV, également expert à la Cour d’appel et enseignant à l’Université.
Dans sa préface, le docteur Gérard Lopez souligne l’importance du travail de l’ARIV, qui "publie, sensibilise, soigne les victimes de violences et crée des liens avec les partenaires locaux d’accompagnement social et judiciaire, ce qui constitue le quotidien de la pratique victimologique : reconnaissance, accompagnement et soins".

"Un idéal humaniste"

Cette véritable œuvre de service public, ajoute-t-il, "n’est possible que grâce à l’implication de bénévoles, animés d’un idéal humaniste, travaillant sans relâche avec force et vigueur, pour prendre en charge les victimes d’agressions et accidents divers, si souvent livrées à elles-mêmes... sous d’autres cieux".
Il est important que le public réunionnais s’intéresse au maximum au domaine d’intervention (professionnelle et associative), de recherche, de formation et d’enseignement (universitaire) de ces personnes. Car nous ne pouvons pas être indifférents à toutes ces souffrances - souvent refoulées dans le “non-dit” - qui accablent tant de nos compatriotes, parfois proches.

"Plus le temps passe et plus je souffre... "

"“Y’a pas de mots pour vous expliquer... À quoi bon en parler ?... Plus rien ne pense, plus rien ne vit en moi... Plus le temps passe et plus je souffre... Je suis devenu comme étranger sur cette terre qui était mon corps, dans ce cœur qui vibrait encore !” C’est en ces termes que les victimes s’adressent à nous", témoigne Geneviève Payet.
Et si ce travail des militants de l’ARIV est tellement précieux pour les victimes comme pour toute la société, c’est parce que "finalement, sortir du traumatisme, c’est se réconcilier avec soi-même, redevenir acteur de sa propre vie en acceptant le fait qu’on n’oublie jamais ce qui nous est arrivé".

"Une réponse de la société civile sud-africaine"

La plus grande partie de l’ouvrage est consacrée à la fois à la connaissance des différentes victimes de violences à La Réunion, aux racines historiques, sociales, culturelles, judiciaires de ce fléau et à ses incidences. Outre les auteurs cités plus haut, des psychologues (Jacques Brandidas et Jean-Pierre Hudé) et un anthropologue (Philippe Reignier) publient des études très intéressantes sur ces sujets.
À signaler également la contribution passionnante du psychologue François Dronnet, correspondant de l’ARIV en Afrique du Sud. Le fondateur et directeur du réseau “Themba Lesizwe” présente "une réponse de la société civile sud-africaine à la problématique de la violence".
Nous ne pouvons que recommander aux lecteurs de “Témoignages” intéressés par ces questions de se procurer ce livre.
À noter que Geneviève Payet et Jean-Loup Roche ont participé à une séance de dédicaces samedi après-midi de 15 heures à 17 heures, à la Librairie Gérard, 5 rue de la Compagnie à Saint-Denis.

L. B.


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