Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Parution du livre ’Au cœur des conflits’, récit de vie de Reynolds Michel
13 juin 2007

C’est l’histoire d’un citoyen réunionnais d’origine mauricienne et de nationalité française. Reynolds Michel, à 73 ans, nous dresse son itinéraire peu ordinaire d’homme d’Église entièrement dévoué pour la condition humaine. Nomade malgré lui, il sera victime de répressions à maintes reprises de la part des pouvoirs civils et religieux. Pour quelles raisons ? L’auteur se livre dans son récit de vie.
Oui, c’est une histoire hors du commun. On le lit déjà dans sa dédicace. Un homme de foi qui remercie son épouse et sa fille pour leur soutien, pour le fait qu’il soit resté debout malgré l’adversité, malgré l’oppression, malgré les expulsions et le déni de l’autorité ecclésiastique.
Reynolds Michel est né en 1934 à Port-Louis, où il coule une enfance heureuse. Dans la maison créole en bois où il vivait avec les siens, cinq autres familles partageaient les lieux. C’est son apprentissage de l’altérité, baigné dans le pluralisme culturel. C’est aussi l’apprentissage de la solidarité, une valeur bien essentielle pour ce qui allait être sa vocation.
S’il occupa pour premier emploi le poste d’enseignant, Reynolds fut vite intéressé par les questions d’ordre politique et religieux. Et c’est non sans peine qu’il mena à bien sa formation au sacerdoce, avant d’être nommé diacre en décembre 1963 et d’accéder à la prêtrise l’année suivante.
Mais Reynolds n’est pas un prêtre comme les autres. C’est un défenseur d’une Église sociale. L’être humain ne se nourrit pas seulement de pain, il est vrai. Mais il doit aussi pouvoir manger, se loger, vivre selon son droit. Et pour cela, Reynolds s’est distingué, ce qui lui causera les bévues du diocèse de La Réunion, de celui de Maurice. Il sera expulsé de notre île, de Lyon, de Suisse aussi. Pourquoi ? Pour son engagement vrai pour l’Homme ?
Défenseur de la justice
Un prêtre peut-il s’impliquer en politique ? Et pourquoi pas ? Quand il voit la misère, comment doit réagir un homme d’Église ? Reynolds écrit : « cette misère ne tombait pas du ciel. Elle était la conséquence du sous-développement d’un département abandonné, où la classe dominante, gardienne du statu quo colonial, se réservait quelques actions de développement, tout en concédant au peuple l’assistance ». Reynolds n’a pas de crainte à dénoncer la fraude électorale, bien rôdée sur notre île, et notamment durant les années 1960 et 1970. Durant ces années, Reynolds Michel sera accusé de vouloir semer le trouble à La Réunion. Et pour cause. Il retrace un événement, que j’ignorais, jeune journaliste que je suis à “Témoignages”. Lucien Biedinger, professeur de philosophie à l’Immaculée Conception, connu pour avoir été ensuite le rédacteur en chef de notre journal, sera pris à partie par l’autorité préfectorale, expulsé en septembre 1970 pour avoir commis un triple délit : « celui d’avoir publié dans Hebdo TC de Paris le 9 juillet 1970 un courrier de lecteur dénonçant la répression dans notre Eglise locale, suite à la mise en garde de l’évêque contre un groupe de jeunes prêtres (GSRA) ; d’avoir déclaré dans une réunion privée, en présence de l’évêque, que l’école libre était une école des classes ; et enfin, d’appartenir au groupe Témoignage Chrétien de La Réunion (TCR) ».
Reynolds, comme les pères Courtois et Maillot, réagira, dans le journal « TCR », qui publiera ses premières pages le 15 octobre 1970. Reynolds sera expulsé de La Réunion en décembre 1970, comme un brigand.
Ces expulsions, sans explications aucune à part celles du déni, Reynolds devra les subir encore à Lyon, et même en Suisse. Bref ! Il retrace point par point toutes les difficultés possibles, qu’il a rencontrées tout au long de son ministère.
« La force des liens d’amitiés »
Même sur sa terre natale, son ministère lui sera retiré. Peut-être que son soutien indéfectible aux partisans du Mouvement Militant Mauricien, à Maurice, y jouera pour beaucoup. L’itinéraire peu commun de Reynolds Michel, un parcours d’engagé se dessine « au cœur des conflits ». Quand les Mauriciens veulent changer leur destin, que des hommes politiques sont emprisonnés, Reynolds devient un homme de terrain, pour défendre le socialisme. Dès son arrivée à Maurice, après avoir été rejeté du diocèse de La Réunion, de celui de Lyon, de Fribourg, quelle ne sera pas surprise que de savoir que le diocèse de Maurice lui refuse toute forme d’insertion sacerdotale...! Dialogue de sourds ! Qu’a-t-on à craindre d’un homme religieux impliqué ? Que les choses bougent ? L’auteur de ce récit de vie explique son engagement, même pour revenir à La Réunion, où il débuta son sacerdoce.
En mai 1989, Reynolds quitte son ministère. Dans ce livre "Au cœur des conflits, itinéraire d’un chrétien engagé", l’auteur montre « la force des liens d’amitiés tissés partout où il est passé », écrit en post-face Brigitte Croisier, mais surtout la forte détermination d’un homme qui n’a pas manqué de dire haut et fort ce qui n’allait pas. Un livre à découvrir absolument. Distribué par Océan Editions, il est vendu à 17 euros.
Bbj
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
Plusieurs millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire
Vote unanime d’une loi à l’Assemblée nationale à Paris
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient » Économie réunionnaise : le calme avant la tempête Kansa (…)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture