Coup d’envoie du Festival d’Humeur à Saint-Benoît

Un régal pour les oreilles et les yeux

7 décembre 2006

Dès demain soir et jusqu’au 17 décembre, le théâtre des Bambous organise le Festival d’Humeur avec pas moins de douze spectacles sur dix jours. Pas de tête d’affiche, mais des artistes confirmés, locaux et venus d’ailleurs, qui se relaieront sur scène pour faire découvrir leurs musiques. Les musiciens animeront des ateliers qui feront l’objet de restitution publique en lever de rideau.

Le Festival d’Humeur porte bien son nom. Pendant dix jours, le théâtre des Bambous a voulu réunir des artistes "pour faire connaître au public la musique qu’il pourrait aimer". Rien à voir, donc, avec de la world musique. « C’est effectivement un festival subjectif, souligne Isabelle Pillot, directrice des projets artistiques. Nous n’avons pas cherché de consensus pour le choix des artistes, nous avons voulu privilégier la qualité, emmener sur scène des artistes qui ont des choses à dire, avec de l’humour, au-delà du simple divertissement ». Le Festival d’Humeur ou Bambous libres est un appel à la curiosité artistique du public.
Se succèderont ainsi sur scène les chansons loufoques des Jeunes Mariés, avec leur esprit swing et jazz manouche, les chansons vaches de Fromet et Taktouk, un brin provocateur, car disent-ils, « leur connerie est inépuisable », Joël Manglou, qu’on ne présente plus, Louis Arti qui compose ses chansons à travers la peinture d’André Robèr, le cabaret surréaliste Desnos, de deux demoiselles adeptes des rêves éveillés, du cadavre exquis et de l’écriture automatique. A découvrir aussi les tendres voyages de Monsieur B., forme musicale populaire, avec l’histoire d’un âne et d’un mouton, l’Alex Grio Trio, qui ont découvert la musique d’Afrique avec un vibraphone, un violoncelle et un ordinateur, Rola Gamana, qui va revisiter les classiques malgaches. Quant à Gérard Morel, il viendra chanter « la cruelle beauté des femmes et la pathétique faiblesse des hommes aveuglés par le sexe », et Ladiktifé au maloya avec un mélange de salsa, de flamenco, de bouleria, et de salegy. N’oublions pas en lever de rideau, quatre artistes : Jim Fortune (du groupe Zikzako), Steve Sautron (bassiste du groupe Riskab et Davy Sicard), Claudine Françoise (de Karamell), et Jean Christophe Fruteau de Laclos (groupe Verzonroots). Le Festival d’Humeur promet de mêler la musique à l’humour et à la fantaisie. D’ailleurs, à ne pas manquer, la conférence sur la pifométrie, avec Luc Chareyron. « Une joyeuse digression sur le thème de l’à-peu-près », sur les imprécisions de la langue française.
Le Festival ne propose pas que des spectacles. L’objectif est aussi de faire participer le public, et de rencontrer les artistes, loin d’être inaccessibles. Des ateliers seront donc mis en place tu au long de la semaine. Exemple, avec l’atelier animé par Rola Gamana : il proposera de fabriquer des instruments de musique imaginaires avec des objets de récupération ou des matériaux naturels. Les groupes qui ont participés aux ateliers auront l’occasion de monter sur scène lors des levers de rideau des artistes.
Pour montrer que le théâtre « n’est pas dangereux et ennuyeux », précise Isabelle Pillot, les artistes interviendront aussi dans les écoles et les maisons de retraites, des lieux où les gens n’ont pas l’occasion d’aller au théâtre. Le Festival est aussi l’occasion d’une réflexion, artistique, sur l’image et le son. Dès ce soir à 20 heures, Traverse 974, examinera la position du preneur d’images, sans valeur, ni jugement. Une conférence est prévue au Conservatoire de Saint-Denis le samedi 16 sur le thème de la position du preneur de sons, à l’attention des musiciens, des techniciens, et de tous ceux qui aiment écouter.

E.P.

Réservations : théâtre des Bambous au 0262 50 38 63


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