Culture : La Réunion dans la mondialisation

Un roman sur Edmond Albius recompensé aux USA par le ’New-York Times’

2 décembre 2025, par Manuel Marchal

Un roman sur Edmond Albius de Gaëlle Bélem, écrivain francophone réunionnaise traduite en anglais, est distingué par le New York Times, qui classe « Le fruit le plus rare » parmi les cent livres remarquables de 2025. L’ouvrage retrace la vie d’Edmond Albius, jeune esclave réunionnais auteur de la découverte de la pollinisation manuelle de la vanille, révélant le destin oublié d’un innovateur décisif de l’industrie agro-alimentaire. Cette distinction montre qu’avec la francophonie, « tribut de guerre » de la colonisation française, La Réunion est présente dans la mondialisation que connaît la culture.

Gaëlle Bélem, écrivain francophone réunionnaise, vient de recevoir une reconnaissance en dehors de son pays pour son deuxième roman, « Le fruit le plus rare ou la vie d’Edmond Albius », consacré par le « New York Times » parmi les cent livres remarquables de l’année 2025. Paru en France en 2023 puis publié aux États-Unis en mai dernier sous le titre « The Rarest Fruit », le livre s’est rapidement imposé dans la sélection des « notable books », référence new-yorkaise de la critique littéraire.

L’autrice y retrace en français la destinée méconnue d’Edmond Albius, jeune esclave réunionnais qui, au milieu du XIXe siècle, découvre la technique de pollinisation manuelle de la vanille. Ce geste scientifique révolutionnaire permettra l’essor mondial de la culture de cette orchidée et créera d’importantes fortunes, notamment chez des Réunionnais qui colonisèrent Madagascar et y implantèrent la culture de la vanille grâce au travail de Malgaches traités comme esclaves par des colonisés colonisateurs. Né esclave, orphelin très tôt, élevé par un botaniste passionné, Edmond fait preuve d’un talent naturel exceptionnel qui bouleverse l’ordre établi.

Roman d’aventure, d’apprentissage et de résilience, « Le fruit le plus rare » navigue entre science, exploration et mémoire historique. En donnant chair à cet innovateur noir oublié, Gaëlle Bélem propose une relecture sensible d’une époque marquée par la domination coloniale — comme le rappelle le nom Albius qui signifie blanc en latin qui fut donné par l’état civil français à Edmond lorsqu’il fut libéré de l’esclavage — tout en rendant hommage à ceux dont les découvertes ont façonné le monde sans jamais recevoir les honneurs. Cette distinction new-yorkaise consacre non seulement l’autrice, mais rappelle aussi l’importance de réhabiliter les figures occultées de l’histoire.

M.M.

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