Résulats du concours “Shemin la vi” de la MCUR

« Un spectacle d’harmonie et de partage »

23 juin 2007

Des écoles venues de toute l’île se sont retrouvées hier au Conservatoire National de Région de Saint-Benoît pour assister à la remise des Prix du concours “Shemin la vi”. Un concours organisé par la MCUR (Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise), pour lequel les classes devaient laisser libre cours à leur imagination afin d’illustrer des itinéraires d’objets, de personnes, de croyances, d’épices... L’occasion pour les élèves de présenter aussi un échantillon du travail réalisé en classes à PAC (projet artistique et culturel).

Photo Nanou

L’initiative vient de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise. Dans son projet d’associer la jeunesse réunionnaise à la création du musée, faire en sorte qu’ils s’approprient cet espace, et donc l’histoire de l’île qui est la leur, la MCUR a organisé le concours “Shemin la vi”. Objectif : demander aux enfants de mettre en scène les itinéraires de plantes, de senteurs, de fruits, de parfums, de légumes, d’objets, d’animaux de formes musicales, de personnes. Le résultat a donné des dessins de papiers cartonnés, des cahiers d’itinéraires, des livrets artisanaux et des diaporamas. Une centaine de classes à PAC (projet artistique et culturel) ainsi que des ateliers artistiques ont participé à ce concours cette année scolaire 2006-2007. Parmi les lauréats, l’école maternelle de Sainte-Anne à Saint-Joseph, la classe CE2 de l’école primaire de Rouge, pour leur travail sur le curcuma, le lycée professionnel de Saint-Pierre, sur l’itinéraire d’un exilé politique. Devant la qualité des travaux, 3 mentions spéciales ont été décernées pour l’école maternelle de Mare à Vieille Place (itinéraire d’un tangue), l’école de Villèle (film sur l’itinéraire de la visite du musée) et le lycée Bel Air de Sainte-Suzanne (exposition sur les épices et senteurs).

Comprendre l’histoire de son peuple, le valoriser grâce à l’art

La remise des Prix a également été l’occasion pour les élèves et les enseignants de partager les projets qu’ils ont menés cette année. Un moment de « bonheur », comme la souligné le Recteur de l’Académie, Paul Canioni, où l’émotion était palpable. Démonstration de percussion de la 4ème D du collège Deux Canons, extrait d’une comédie musicale du lycée Pierre Poivre, chansons créoles du collège de Plateau Goyaves, jeu de société du collège Juliette Dodu sur l’histoire des pirates, pièce de théâtre du collège Bourbon et, prestation très remarquée, démonstration de moringue et histoire racontée par la classe de CP de l’école de Villèle. Pour le Président de la Région, Paul Vergès, les enfants ont offert « un spectacle d’harmonie et de partage ». « C’est l’illustration de ce que vous pourrez faire demain et ce à quoi l’on vous prépare demain », a-t-il affirmé. « Le contraste est saisissant entre aujourd’hui et il y a un demi-siècle. Les enfants étaient exubérants dans la cour et muets en classe, ils ne savaient pas qui ils étaient exactement », a ajouté Paul Vergès. Avec le concours “Shemin la vi”, comme précédemment "Dessine moi la maison", la MCUR a voulu participer à l’effort commun pour offrir aux enfants et aux adolescents les outils pour mieux comprendre la société, « pour mieux valoriser leurs talents et les aider à imaginer une vie pleine et heureuse ».

Edith Poulbassia

Le concours “Shemin la vi”, les collectes d’objets, les classes à PAC, autour de notions de patrimoine, de musée du temps présent, des pratiques culturelles, mais aussi la formation des enseignants à ces projets sont le résultat d’une convention passée entre la Région et le Rectorat. Pour cette année scolaire, la Région et le Rectorat ont financé chacun une centaine de classes à PAC. Ce sont 167.000 euros pour le Rectorat et 75.000 euros pour la Région. « Nous nous sommes demandés ensemble comment construire le futur élève visiteur de la MCUR ? », a expliqué Ali Sekkaki, délégué académique à l’Éducation artistique et à l’Action cuturelle. « Les objectifs communs étant de sensibiliser les enfants à la création artistique en s’appuyant sur les ressources locales et sur les artistes réunionnais et en s’ouvrant autant que faire se peut à la création contemporaine, d’éduquer ce public aux qualités du spectateur, de l’inciter à participer aux productions de la vie culturelle dans la région, enfin, de développer l’accès du jeune public et du plus grand nombre à la culture au niveau local, régional et national », précise le texte de la convention.

EP


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Témoignages - 82e année


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