1er championnat international de slam-poésie Réunion - Océan Indien

Un Tanzanien champion de slam de l’océan Indien

23 septembre 2008

Le 1er championnat international de slam poésie de La Réunion et de l’océan Indien s’achève avec la victoire de M’Poto, qui se découvrait au slam. L’océan Indien trouve ainsi chez nous, une scène ouverte à toutes formes de paroles. Mais il reste encore à faire pour améliorer ce festival de slam en devenir.

Mrisho M’Poto, Tanzanien, est le champion de l’océan Indien de slam. Il promet de revenir à La Réunion.
(photo bbj)
Ruddy Payet, 16 ans, originaire de la Plaine des Cafres, est le vainqueur du Championnat de slam interscolaire.
(photo BBJ)

Quelle prouesse ! Slam La Kour a réussi en peu de temps à organiser un festival de slam, regroupant des slameurs et des poètes de tant de pays de l’océan Indien, d’Afrique et de L’Hexagone, et même des Etats-Unis. Malgré les contraintes du fait des formalités administratives à l’entrée de notre frontière, Slam La Kour a réussi son pari. Réunir des poètes de 13 pays à La Réunion, c’est ce qui s’appelle de l’événementiel international. Faire venir Marc Smith, le fondateur du mouvement slam-poésie, c’est de la magie. Peut-être faut-il que notre île facilite l’obtention du visa pour les artistes ! L’échange culturel ne peut être freiné par quelque frontière que ce soit.
L’association Slam La Kour s’est créée depuis un peu plus d’un an seulement, et est parvenue à convaincre plusieurs partenaires de poids pour qu’un championnat d’un niveau international se déroule à La Réunion. Les poètes invités ont été ravis de l’accueil. Ils ont donné un spectacle de grande performance poétique, avec une belle diversité de sujets, de styles et de langues. Notons d’ailleurs la participation des deux vainqueurs au championnat de La Réunion, Double G et Bolo, qui n’ont malheureusement pas pu accéder à la finale du championnat international de slam Réunion-Océan Indien. Les trois finalistes étaient africains, dont Marina, une Mozambicaine. Faut-il dire que ce tournoi était africain ? Le titre de champion de l’océan Indien de Slam revient au Tanzanien Mrisho M’Poto, qui a convaincu les Réunionnais par sa prestation scénique. Les participants africains étaient si touchés par les possibilités du mouvement slam que certains veulent l’introduire dans leur pays, dont Msandi, qui n’est autre que le poète officiel du roi de Swaziland.
Slam La Kour a contribué à propager le slam, dans l’océan Indien, mais aussi en Afrique. Mais s’il faut rendre à César ce qui appartient à César, les prémices du slam dans l’océan Indien sont du fait d’un poète mauricien, arrière-petit-neveu de Robert-Edward Hart. Stef H2k est le pionnier du mouvement dans la zone, agrandissant la famille slam à Maurice, et Rodrigues, à La Réunion, à Madagascar, et récemment à Mayotte. Aujourd’hui, il se félicite que Marc Smith se soit déplacé à La Réunion à l’invitation de Slam La Kour, et à Maurice pour leur 6ème slam’niversaire. Maurice et Madagascar ont de l’avance sur nous, parce qu’ils ont des slamasters compétents, et formés, rodés au tournoi de slam. Peut-être qu’il nous faudrait former des slamasters Réunionnais ?

Bbj 


Pour faire avancer ce festival international

Slam à vous ! Certains compétiteurs avaient relevé quelques dysfonctionnements lors du championnat de La Réunion et du championnat international. D’autres souhaitaient que cela se déroule au plus près de la philosophie du slam. « Si j’ai une critique à faire de ces tournois, mais aussi de l’organisation, de ce que j’ai pu voir en général, c’est qu’il y a une règle d’or pour l’animateur : la gérance du temps qui n’a pas été respectée. Commencer à l’heure et finir à l’heure. Il peut arriver que tu sois en retard, mais mieux vaut arriver bien à l’avance. Deuxième chose : l’animateur doit chercher des gérants volontaires pour l’assister. Ceux-là doivent accueillir et placer les gens afin de créer un espace convivial dans l’esprit de la famille slam. L’animateur prendra les noms des slameurs, composera son jury, nommera un compteur de points et un chronométreur, leur expliquera en privé leur rôle avant de commencer la session slam. Vendredi et samedi, il n’y avait pas de gérant de salle et le jury n’était pas du tout mis au courant comme il le faut des critères nécessaires à leur jugement », explique un connaisseur. Il est vrai qu’il en manquait un, de gérant de salle. Il manquait aussi l’énergie inhérente à l’animation de la scène slam, au grand dam de Marc Smith, fondateur du mouvement, venu de Chicago et parrain de l’événement.
L’animateur faisait son show personnel, ce qui est inconvenant pour l’éthique du mouvement slam. Ce genre d’événement doit céder toute place au slam en lui-même et ne pas mettre au premier plan l’animateur. En clair, il aurait fallu des vrais slamasters, sachant les règles, les rituels et la philosophie du slam. Et pourquoi pas un slamaster de l’océan Indien ? Momo de Madagascar ou encore le Mauricien Stefan Hart de Keating sont des vrais habitués des animations de tournois slam. Pourquoi n’ont-ils même pas animé un tournoi de ce festival ? Nico K, venu de France, est lui un bon animateur de scène ouverte, il est aussi un très bon slameur, mais n’a pas prouvé aux vrais amateurs de slam sa pertinence de slamaster de grand tournoi. Le point principal du slam, ce n’est pas le slameur, ni le slamaster, qui tient la vedette. C’est le spectacle qui doit être à l’honneur, avec son rythme et sa poésie.

Bbj


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