Comédie musicale ’Sauvage’ à Langevin

Une création pour la mémoire des origines

2 décembre 2005

Du 2 au 20 décembre, sur le site de Langevin à Saint-Joseph, se déroulera une comédie musicale pleine de couleurs. ’Sauvage’ est une création d’Isabelle Hoarau-Joly et de Daniel Facérias, qui nous fait voyager de Tahiti à l’île de La Réunion. Deux îles, deux destins, où l’histoire se croise.

Gaudin y a sûrement été pour quelque chose, si Isabelle Hoarau-Joly s’est évertuée à écrire cette œuvre, mise en scène et en musique par Daniel Facérias, compositeur émérite qui fut, avec Gilbert Aubry, à l’origine de la mémorable pièce "Allons Marron !". Gaudin posait en effet trois questions, pour titrer un de ses célèbres tableaux : "D’où venons-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?".

Pour l’auteur de "Sauvage", "Nous sommes les descendants des conquérants de l’océan Indien". Au grand dam de certains misérabilistes qui ressassent l’histoire meurtrie de notre pays, elle ose explorer une piste plus héroïque des premiers Réunionnais. Nos origines malgaches ne doivent pas oblitérer le fait que les Malgaches sont aussi issus d’une population de navigants originaires du Sud-Est asiatique.
Petite anecdote : les îles de la Société, découvertes en 1768 par Louis Antoine de Bougainville, furent surnommés par l’explorateur l’Archipel de Bourbon.
"Nous sommes encore colonisés par la “victimisation”. Nous n’arrivons pas à faire le deuil de nos souffrances, de notre esclavage", déplore Isabelle Hoarau-Joly. Pour ne pas aller droit dans le mur, elle veut sortir notre histoire, notre culture, du fénoir pour nous emmener vers le fénua, mot tahitien pour désigner la terre de lumière. Par "Sauvage", elle appelle à être fier de ce que nous sommes, "un peuple arc-en-ciel, né dans une de ces poussières d’étoiles qui parsèment les océans et qui fait rêver le monde", écrit-elle.

Vous avez dit Sauvage ?

Pourquoi titrer "Sauvage" ? Il faut encore remonter au voyage de Louis Antoine de Bougainville. Lorsqu’il quitte Tahiti, il emmène avec lui un autochtone tahitien, prénommé Orou, qui fut à l’origine du mythe du “bon sauvage”. Célébré à Paris et questionné par les philosophes, en particulier par Diderot, Orou revient vers Tahiti en passant par l’océan Indien. Après un séjour à l’Île-de-France et à l’île Bourbon, il s’éteint après une mauvaise fièvre. S’est-il uni à une femme réunionnaise ? Un enfant est-il né de cette union ? Pour Isabelle Hoarau-Joly, "en s’unissant à une femme réunionnaise, Orou, le héros de "Sauvage" ensemence une nouvelle génération, il enracine symboliquement la terre de Bourbon". Ce voyage est scellé, selon l’auteur, par la naissance d’un enfant, chargé de transmettre ses savoirs à son peuple.
Cet enfant des deux îles, des deux océans, invente une nouvelle histoire aux racines communes. Histoire vraie ? Imaginée ? On sait que c’est au terme d’un tour du monde que l’auteur décide d’écrire cette histoire, pour nous inviter à sortir du fénoir des origines. Peut-être aussi, l’auteur sollicite une vision plus juste pour nos chefs marrons.

150 figurants réunionnais

Cette création implique principalement les Réunionnais du Sud sauvage. Figurants, comédiens, musiciens, éclairagistes, techniciens du son et j’en passe, tout ce beau monde - soit 150 figurants réunionnais - va participer à un spectacle de la même trempe que "Allons marron", joué en 1998, à l’occasion du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Pourtant, les moyens n’y sont déplorablement plus. Les organisateurs déplorent une baisse de 70% des subventions pour mener à bien la réalisation de ce spectacle. Les organisateurs remercient cependant tous les partenaires, qui les ont soutenus pour que ce spectacle soit joué et vive. Malgré ces quelques obstacles financiers, les productions du Grand Large et l’association Allons Marron s’attendent par ailleurs à un fort soutien des spectateurs, qui viendront encore une fois découvrir la magie du spectacle en plein air, pour le ravissement des petits et grands.
Du 2 au 20 décembre, tous les mardis, vendredi, samedi, dimanche, attendez vous à une grande comédie musicale qui fera revivre en nous la mémoire des origines de La Réunion. Cette comédie permettra par ailleurs de fêter en musique les 220 ans de la commune de Saint-Joseph, créée en 1785 par Joseph Hubert.

Bbj


Pour tout renseignement, appelez l’association Allons Marrons
0262.566.506
0692.742.062
0692.843.932

Tarifs : Vente de billets sur place, tous les soirs de spectacle
Individuel : 12 euros
groupes (+10 pers.) tarif famille : 9 euros
scolaires - étudiants : 7 euros
gratuit pour les moins de 7 ans

Points de vente billetterie
Carmel aux Avirons, et dans les espaces médias Jumbos du Chaudron, de Sainte-Marie, de Saint-Benoît, de Saint-Paul, de Saint-Pierre et du Port. Les internautes peuvent acheter sur le réseau Oté Biyé (www.otebiye.com).


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