Association internationale des peuples d’origine indienne

Une glorieuse perspective partenariale avec l’Inde

14 janvier 2006

Nul n’est censé omettre la part indienne de notre histoire réunionnaise. Aujourd’hui, La Réunion peut s’enorgueillir de disposer d’un réseau local de la Global organisation people of Indian origin (GOPIO), une association internationale qui existe depuis 1989 à travers le monde, mise en place à La Réunion depuis le mois de novembre dernier.

Une forte délégation réunionnaise participait au Pravasi Bharatiya Divas (PBD), une manifestation qui honore le retour du Mahatma Gandhi en Inde, après 25 ans en Afrique du Sud. Cette manifestation regroupe par ailleurs la diaspora indienne du monde entier, et c’est avec intérêt que l’on note que le président de la République de l’Inde, A.P.J Adbul Kalam, le vice-président Bhairon Singh Shekhavat et le Premier ministre Manmohan Singh ont félicité la présence des Indiens de l’Outre-mer à cette grande manifestation. "Aujourd’hui, notre île est reconnue par l’Inde", déclare Paul Camaguy, président du GOPIO-Réunion. Si ce n’est ces mondanités, la délégation a pu mettre en valeur les potentialités réunionnaises culturelle, éducative et économique.

Un laissez-passer indien pour les Réunionnais !

Le GOPIO, c’est dit, facilite les échanges avec l’Inde et, de par sa notoriété qui n’est plus à faire, cette association internationale installée depuis peu sur notre île se veut complémentaire de l’effort régional. Pour l’heure, il s’agit de faire sauter les dernières barrières, pour que ces échanges soient pertinents. D’abord, il importait que l’Inde sache où se trouve La Réunion. Grâce à sa présence à cette manifestation, la délégation a ainsi saisi l’occasion de préciser notre histoire solidaire avec la péninsule indienne. Plus de 210.000 Réunionnais sont d’origine indienne, et notre histoire est - fort heureusement - marquée par la culture indienne. Il s’agissait donc de renouer les liens avec l’Inde. Disons qu’aujourd’hui, cela est fait. Nous en sommes fort satisfaits. Reste effectivement des embûches, que le GOPIO local s’attache à franchir, notamment pour ce qui concerne le problème du visa. S’installer et travailler en Inde, oui, mais il prime que cela soit rendu facile. Paul Camaguy indiquait par ailleurs que les Réunionnais d’origine indienne - mais pas seulement - pourront à terme bénéficier de la carte PIOs, entendez carte pour les peuples d’origine indienne. Nous notons que l’Inde s’est dotée d’un ministère chargé des affaires des indiens d’Outre-mer, nommé Ministry of overseas indian affairs. Le Premier ministre indien a détaché un de ses fonctionnaires pour s’occuper de ce dossier, afin que la diaspora indienne installée à La Réunion puisse circuler librement sur le territoire indien. Par ailleurs, insiste Pajani Camalon, membre du GOPIO-Réunion, une clause "métissage" sera incluse dans le protocole d’accord avec l’Inde. Ainsi, Payet, Hoarau, Técher, etc... peuvent prétendre à cette carte, notamment pour les étudiants désirant s’inscrire dans une université indienne. Pour l’heure, seulement une vingtaine de Réunionnais bénéficient de cette carte, une sorte de laissez-passer indien. À la fin juin, un premier bilan de l’avancement du dossier sera affiché. Autre dossier en cours : créer une ligne directe Réunion-Inde, pour ne plus transiter par l’Île Maurice. Périple quelque peu périlleux ! l’association GOPIO-Réunion obtiendra une réponse en juin prochain.

Que de potentialités économiques !

Dans cette initiative, il faut particulièrement retenir le lien partenarial entretenu avec un pays-mère. Pour les chefs d’entreprises réunionnais, c’est l’opportunité d’apporter un savoir-faire, mais aussi bénéficier de la technicité indienne, aujourd’hui sur le devant de la scène au niveau informatique, agronomique, mais également cinématographique. D’ailleurs, pour ce dernier domaine, le GOPIO-Réunion souhaiterait que nos chaînes locales retransmettent le JT indien, des films et documentaires produits en Inde. Peut-être qu’à terme, des films de la tradition bollywood seront tournés à La Réunion.
Oui, La Réunion, dans sa mise en œuvre de la coopération régionale avec la zone indocéanique, se tourne bien volontiers vers la Chine, le Mozambique, Madagascar. Il ne faudrait pas omettre le potentiel indien qui, avec 1 milliard d’habitants, attise toute les convoitises partenariales. Notre économie ne pourra que mieux se porter.
Félicitons donc cette initiative privée, "complémentaire de la démarche purement institutionnelle", souligne Pajani Camalon, lui-même chef d’entreprise. Outre cela, il importe de préciser que GOPIO regroupe la diaspora indienne à travers le monde, ce qui ouvre des pistes intéressantes pour notre économie, que personne ne souhaite autarcique.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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