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Ô Maloya Festival à la Montagne
9 juillet 2007

Tous les grands festivals ont d’abord été petits. Ô Maloya Festival, espérons-le, sera grand à l’avenir. Cela servira à redorer le blason du maloya, et surtout faire connaître un lieu historique de Saint-Bernard, la Léproserie.
L’ambiance était assurée durant les trois jours de festival à Saint-Bernard, à La Montagne. Il faut dire que les visiteurs et spectateurs ont profité d’un nombre conséquent d’activités : instrument de musique traditionnel, présentation de produits de la vannerie, exposition de tableaux, exposition autour de la musique réunionnaise, atelier de moring, etc... Pour un début, c’est remarquable, ce qui a été fait pour que La Montagne ait son festival de maloya. Il faut saluer la ténacité d’Arno Bazin et des membres de l’association Ô Maloya Festival, qui englobe des habitants de Saint-Bernard. Ce festival servirait inéluctablement à la cohésion sociale de ce village montagnard. En tout cas, les organisateurs l’ont promis, le festival se donnera à voir encore longtemps. Il faut pour cela que les collectivités, voire des mécènes, accordent davantage leur confiance. Et pourquoi pas, après tout ?
Un retour aux sources dans un lieu historique
Les premiers festivaliers des Ô Maloya Festival ne l’oublieront pas de sitôt. Et si le festival accueillait Mangaye et Léonus pour casser la blague, fé ri la boush, Sully Andoche, le plus grand rakontèr de zistoir à La Réunion, n’a pas manqué de faire valoir la richesse de notre langue créole. Occasion sûrement de rappeler que le maloya n’est pas musique boum-boum pour casser les tympans, mais bien une musique à texte, fusse-t-elle revendicatrice, comme pour les textes de Babou B’Jalah, de Ras Maron et de Tapok. Le maloya était accueilli sur tapis rouge. Ras Maron, Jala, Tapok, Tibwa et Lindigo n’ont quant à eux pas manqué de faire valoir un maloya neuf, revisité, avant-gardiste chez certaines formations, dont Tapok qui n’arrêtera jamais de nous surprendre par son efficacité sur scène. C’est aussi un retour aux sources avec Lindigo, qui nous proposait un spectacle d’enfer, tourné vers la Grande île rouge. La marche de l’amitié sur le Sentier des Anglais est un peu ce retour aux sources. Espérons que l’année prochaine, ils seront encore plus nombreux à venir marcher sur les traces des aïeux. C’est la vocation même de ce festival, qui donne vie à un lieu historique de La Réunion, une léproserie quelque peu tombée dans l’oubli aujourd’hui. Bref, comment ne pas saluer cette initiative, d’autant que des festivals entièrement dédiés au maloya, cela ne court pas les rues réunionnaises ! Chapeau bas aux organisateurs, et à l’année prochaine !
J. T.
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