La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Nouvel ouvrage historique aux éditions Karthala
15 février 2006

’Rendre compte de la diversité de la société réunionnaise, de ses problèmes, espoirs et attentes’, rien n’est plus difficile. C’est le travail entrepris par des chercheurs, qui signent ensemble l’’Identité et société réunionnaise - nouvelles perspectives et approches’, ouvrage publié aux éditions Karthala.
Cet ouvrage est exemplaire. On le dévore facilement, tellement sa contribution à la connaissance de notre société réunionnaise est grande. La post-face de l’ouvrage lance un nombre intéressant de questions, qui dissèquent les aspects de notre société. "Quels sont les rapports en la mémoire de l’esclavage et l’identité ? Comment l’étude des “traits héréditaires”, tels qu’ils sont transmis dans les familles, nous apprend-elle quelque chose sur les enjeux identitaires ? Comment se reconstituent les identités en migration ? De quoi le crime à La Réunion est-il l’indice ? La notion d’identité hétéronome répond-elle aux besoins de l’analyse de la société réunionnaise ? En quoi et pourquoi les notions d’économie de transfert et d’économie sous perfusion ne sont plus suffisantes pour appréhender l’économie de l’île ? Quels sont les liens, imaginaires et réels, entre La Réunion et Madagascar, un des pays d’origine de sa population ? Comment les solidarités s’inscrivent-elles aujourd’hui à La Réunion ?".
Un travail interdisciplinaire
Réunissant des sociologues, historiens, économistes, anthropologues, politicologues, littéraires, géographes et acteurs culturels réunionnais, cet ouvrage se veut interdisciplinaire. Né d’une idée originale de Laurent Médéa, sociologue et post-doctorant à l’Université de La Réunion, cet ouvrage entend réunir les différents chercheurs, de l’ancienne et de la nouvelle génération, qui travaillent sur l’identité réunionnaise. "Ma thèse portait sur “la formation de l’identité et la créolisation dans une situation néo-coloniale”, et s’inspirait du cas de La Réunion", précise Laurent Médéa. Ce qui le pousse dès octobre 2001 à réunir autour de lui, pas seulement des acteurs culturels, mais surtout des chercheurs, notamment des jeunes docteurs, qui méritent de voir leurs travaux connus et pris en compte.
Cela part en effet d’un constat : "dans l’espace public, quand on choisit de travailler sur l’identité réunionnaise, on est soit fonnkézèr, soit kréolèr, soit militant culturel. Or finalement, il y a une transversalité autour de ce thème, et d’une manière universitaire, interdisciplinaire, on peut traiter de ce sujet", poursuit-il.
Ainsi, plusieurs pistes de réflexion sont proposées dans ce livre, pour une meilleure compréhension de la société dans laquelle nous évoluons. "Le but n’est pas de proposer une ligne de recherche, mais des pistes nouvelles, des approches originales", indique Laurent Médéa. Le lecteur profitera par ailleurs de l’entretien de 2 artistes locaux, qui contribuent à la reconnaissance et à la bonne vie de notre culture réunionnaise, en les personnes de Ketty Lisador (conteuse) et Bernard Joron (leader du groupe Ousanousava).
Vous avez dit... identité ?
Identité réunionnaise, cela fait peur à beaucoup de Réunionnais. Ne sont-ils pas Français ? Pourtant, pour que le développement de notre pays soit effectif, le jeune sociologue note toute l’importance d’aborder la question de l’identité. "Tant que nous ne règlerons pas le problème identitaire, surtout l’identité culturelle, nous aurons du mal à nous développer, tant au plan social, économique, politique, etc.", insiste Laurent Médéa, qui poursuit - en citant l’exemple de l’Afrique du Sud - que "chaque peuple qui s’est développé ou veut se développer, doit gérer son problème identitaire".
Et pour revenir au cas réunionnais, il indique que "le concept d’identité créole ne se retrouve nulle part ailleurs, si ce n’est peut-être au Brésil. Ailleurs, on peut parler de relations multiculturelles, comme à Londres, à Paris, à New York. Ici, à La Réunion, nous sommes plus dans une relation transculturelle, nous prémunissant du communautarisme". Et nous connaissons la dangerosité du concept strictement communautariste.
Bref ! ce livre est à lire, à dévorer, à étudier, à souligner si cela vous chante. Vous le retrouverez chez tous libraires dignes de ce nom au prix de 26 euros. Pour les administrations publiques et collectivités territoriales, il est fixé à 30 euros. Les associations peuvent l’obtenir pour 25 euros, tandis que les particuliers qui souhaitent économiser 6 euros, peuvent l’acheter directement à l’auteur au prix de 20 euros.
Téléphonez à Laurent Médéa au 0692.22.36.80 ou par courrièl à [email protected].
Bbj
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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Messages
29 avril 2011, 19:26, par Desire
le concept d’identité créole ne se retrouve nulle part ailleurs, si ce n’est peut-être au Brésil. Ailleurs, on peut parler de relations multiculturelles, comme à Londres, à Paris, à New York. Ici, à La Réunion, nous sommes plus dans une relation transculturelle, nous prémunissant du communautarisme
Je suis de la Réunion et je suis désolé de dire que le Créole ne se retrouve pas seulement au Brézil mais aussi dans les Caraibes, aux Etats unis.