Une programmation de qualité pour la quatrième édition du Sakifo Festival

15 mai 2007

Décidément, Sakifo porte bien son nom. La quatrième édition, une nouvelle fois, prouve l’excellence des choix musicaux effectués. En outre, la programmation est plus importante avec deux nuits de plus à la Ravine. Les prix sont en baisse et oscilleront entre 12 et 22 euros. Comme le dit Jérôme Galabert, le responsable de l’événement, « plus de son, pour moins d’argent ! ».

Des choix éclectiques favorisant les découvertes

Il y en a pour tous les goûts. Le premier jour, la barre est mise très haut avec Davy Sicard, Ayo et Ismaël Lo ! On ne présente plus Davy Sicard qui a accédé en 2006 au statut d’ambassadeur de la musique réunionnaise avec son fabuleux “Ker maron”. Pour ce qui est d’Ismaël Lo, il fait certainement partie des meilleurs artistes africains des vingt dernières années. Enfin, comment ne pas succomber au charme des mélodies douces et parfois mélancoliques d’Ayo, révélation de l’année 2006 ?
Alors bien sûr, les grincheux diront que l’esprit du Sakifo réside aussi dans la promotion d’artistes moins connus. Qu’ils se rassurent ! Patrice, nouvelle star du reggae, en provenance d’Allemagne (pas une grande surprise pour ceux qui connaissent le poids grandissant de la scène rap et reggae de ce pays) incarne par exemple cette volonté. Lark, groupe d’électro, est aussi un exemple de ces groupes promus. Enfin, on mentionnera Puppetmastaz, groupe de rap allemand et Maniacx, homologue français qui mixeront ensemble. Le premier a la particularité de reprendre à son compte les Public Enemy, Wu Tang Clan ou NWA en les jouant dans des costumes de marionnettes...
Il y a aussi les fidèles. Parmi ceux-ci on compte Jeanne Cherhal, qui vient parfois effectuer de véritables “résidence d’artiste” dans les Hauts de Saint-Denis. On pourrait également citer Bumcello, un duo de fiesta rock groove (pas moins !), déjà présent l’année dernière.

Et l’Océan Indien ?

Au-delà de Davy Sicard et de Lark, l’espace régional est bien représenté. On aura l’immense plaisir de revoir René Lacaille. Même si ce dernier vit maintenant en métropole, on ne présente plus cet accordéoniste de talent. D’un Maloya à l’autre avec Firmin Viry qui viendra avec le Laya Orchestra, un groupe de neuf musiciens indiens. Et la jeune garde alors ? Elle sera représentée par Kiltir, une bande qui joue quand même depuis plus d’une dizaine d’années. Enfin, le dernier groupe de Maloya, Lo Griyo, est né de la rencontre entre Sami Waro, un percussionniste de talent, et Luc Joly, un clarinettiste et saxophoniste. Mais la Réunion ne se limite pas, bien évidemment, au Maloya et c’est Jozéfinn’ qui viendra nous le rappeler, avec son jazz métissé. Évidemment, le reggae sera présent et Toguna le chantera haut et fort. Une rencontre entre Nathalie Natiembé et Bumcello sera également prévue pour une création unique. Un autre “bœuf” qui devrait être inoubliable réside dans le concert commun entre Danyel Waro et Titi Robin. Deux figures immenses, l’un du maloya, l’autre de la musique gitane sont bientôt réunies, pour l’espace de quelques heures, pour un autre événement exceptionnel ! Enfin, Jaboticaba en convertira-t-il autant au Sakifo qu’il en a séduit lors des Découvertes du dernier printemps de Bourges ? On le saura bientôt.
En s’éloignant un peu des rives réunionnaises, on citera également la présence de 340ML, du dub en provenance de Mozambique et d’Afrique du Sud. Une autre révélation montante de cette région, Tumi and the volume, sera de la partie. On se rappelle aussi avoir été charmé, il y a quelques années, à la “Guinguette pirate”, péniche parisienne et haut-lieu de concerts d’artistes peu connus, par Nawal, superbe voix des Comores qui donnera également un concert.

Un Sakifo Paris, moment exceptionnel d’une grande opération communication

Le 23 mai, quatre artistes représenteront l’Océan Indien lors d’un concert exceptionnel qui se déroulera dans une salle de concert prestigieuse de Paris : le New Morning. Nathalie Natiembé, Tumi and the volume, 340ML et Jim Fortuné assureront un spectacle qui promet d’être unique. Les trois premiers artistes cités seront présents au Sakifo Festival. Cette publicité faite à l’événement qui se déroule dans l’île démontre un art avancé de la communication. En outre, l’équipe de cinq personnes du Sakifo Festival a également été présente au Festival de Bourges ou encore au Marché International de la Musique (Midem), qui s’est tenu à Cannes à la fin janvier 2007. Elle a également réalisé la conférence de présentation du festival au lendemain du Tempo Festival. Une seconde conférence de presse suivra au cours du mois qui vient, non seulement pour préciser d’éventuelles nouvelles venues d’artistes, mais aussi pour mettre un nouveau coup de projecteur sur l’événement. Cette stratégie ressemble à un bon “buzz” (ce mot signifiant, en marketing, la capacité à faire du bruit autour du bruit ou d’un événement afin que le consommateur s’y intéresse). Par exemple, de nombreux partenaires associés étaient là lors de la conférence de presse, mais pratiquaient une sorte de “rétention d’informations”, afin de créer de l’intérêt, mais aussi de la surprise. Il faut dire que les enjeux sont importants. En proposant deux jours de concerts de plus ainsi que des tarifs moins chers, il ne faudra pas 20.000 entrées pour couvrir les frais, comme l’année dernière, mais 25.000 soit une augmentation de 25%. Avec une telle programmation, l’objectif peut être atteint. On le souhaite pour un événement qui est en train de devenir le “Bourges” de l’Océan Indien.

Matthieu Damian


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?

Messages

  • bonjour,
    Nous sommes une association Martiniquaise qui organise pour la premiere fois un grand festival de musique dans le style du sakifo ou des festivals que l’on peut voir dans l’hexagone.Ce festival melera à parts égales, musiques des antilles et de la caraibe et musiques venues d’ailleurs.
    Afin que notre "armada festival" s’ouvre au plus grand nombre ,nous avons pour priorité que cette manifestation soit gratuite.

    De fait ,en faisant ce choix ,nous sommes confrontés à la plus grande des difficultés qu’est le montage financier du festival.Comment faire venir des artistes du continent , sachant que l’important cout du transport et de l’hebergement s’ajoute au cachet des artistes ?

    Nous sommes en passe de réussir ce paris,aprés un an de travail consacré au budget du festival .
    Bien sur lors des moments de desespoirs nous avons envisagé de demander un droit d’entrée aux spectateurs ( de 5 à 10 euros par soirée pour 4 à 6 concerts).Mais,nous n’avons pas cédé !

    IL faut etre réaliste,jamais un festival organisé outre-mer à des milliers de km de Paris ne pourra rivaliser financierement avec les autres festivals populaires français !
    C’est pourquoi je comprends les choix des organisateurs du sakifo festival.Mais maintenant que votre festival a trouvé son rythme de croisiere, que sa réputation est installée,que la qualité de l’accueil est reconnue des artistes,pourquoi ne pas réfléchir à une autre politique tarifaire en jouant sur ces atouts ?

    ARMADA FESTIVAL Le Carbet martinique les 15 et 16 décembre 2007


Témoignages - 82e année


+ Lus