Festival international du Film d’Afrique et des îles

Une ville ouverte aux vents d’Afrique et d’espérance

3 octobre 2006

Hier soir, tout le monde avait le dos bien calé dans son fauteuil, au cinéma Casino du Port, pour la projection de “Soy Cuba”, une œuvre flamboyante de Mikhaïl Kalatozov, projetée devant une salle pleine. Il faut ces moments de Festival pour remplir les cinémas par les temps qui courent... En présence du Maire Jean-Yves Langenier, ravi de cette ’ouverture au monde’ et d’Alain Gili, animateur du Festival, le doyen des invités, Jacques Baratier, a déclaré le FIFAI ouvert... C’est jusqu’à dimanche, au Port.

Le moment de l’ouverture "officielle", en présence de plusieurs dizaines d’acteurs culturels d’horizons divers a presque été un moment de pause relative dans une journée démarrée sur un rythme trépidant : des projections dès 8h30, enchaînées sur une présentation des invités aux partenaires locaux - tous sauf le cinéaste sud-africain Dumisani Phakathi, parti animer un débat avec des lycéens de Vue-Belle.

Cuba entre espoirs et cauchemar

Manquait aussi Gloria Rolando, la réalisatrice de l’ICAIC (institut du cinéma cubain) retenue, selon les organisateurs, par l’urgence d’une post-production que le manque de moyens - hélas chronique dans l’île au blocus quarantenaire - n’aurait pas permis pas de différer. Dommage... c’était la seule cubaine à qui Laurence Pourchez, ethnologue réunionnaise, aurait pu raconter une énième fois les malheurs de son tournage sur San Lázaro, le saint guérisseur.
Le déjeuner en ville fut vite expédié pour suivre une autre projection, ajoutée au programme... "... Parce que le programme est appelé à évoluer tout au long de la semaine, pour décharger l’emploi du temps des uns ou permettre aux invités de se rencontrer...", explique Alain Gili, cinéphile militant, co-organisateur de la rencontre... Il est depuis plus de 30 ans l’homme orchestre des manifestations culturelles les plus insolites qui soient et, en l’occurrence, la pièce maîtresse de la programmation de ce Festival. Dès le début de l’après-midi, il avait les nerfs en pelote, signe que le Festival avait vraiment démarré.

Images d’une Afrique vue par les siens

Les habitants du Port ont-ils perçu ce qui commençait à naître sous leurs yeux ? C’est toujours un immense challenge que de secouer une ville, même portuaire, aux vents d’ailleurs soufflant du large.
Ainsi, plus ou moins 77 séances attendent le public dans la semaine, avec des images toutes inattendues, ou nouvelles, ou drôles, ou choquantes ou tragiques... La vie d’un continent - l’Afrique - plus souvent montré au travers des yeux des autres, des yeux du Nord, que par ses propres habitants.
Pendant une semaine, c’est vraiment l’occasion d’un souffle différent.
Les débats aussi ont déjà commencé : entre les invités, dès la présentation du matin, au 3ème étage de la Mairie du Port. Ils ont posé très vite entre eux les problématiques de la production d’images au Sud, de la coopération régionale - entre La Réunion, Maurice, Mayotte, Madagascar et les Comores... seules les Seychelles manquent au concert des îles indocéaniques, cette année - de la diffusion des courts-métrages ou des documentaires sur les chaînes de télévision, aux "tarifs" si disparates à la minute !

Nouvelles rencontres...

Claude Haffner, cinéaste franco-africaine dont le père, Pierre Haffner, a été l’un des premiers soutiens du cinéma africain, raconte comment cette rencontre a commencé pour elle par deux journées de stage, samedi-dimanche, concoctées par Jean-Claude Gayral et Perspective du cinéma, associés au Festival. "Je milite pour qu’on passe plus de films documentaires sur l’Afrique en Afrique - dit-elle - et je suis heureuse qu’il y ait tant de films à voir, sur des pays que je ne connais pas !".
Jean-Paul Roig est un auteur bien connu des aficionados de "l’art du dock" - une autre manifestation portoise hors des images rebattues. Ils pourront désormais mettre un visage sur ce nom. Pour la première fois en effet, ce jeune réalisateur vient en personne présenter “Maloya dousman”, le documentaire qu’il tourna dans l’île en 1994. Il se souvient encore des réactions mi-dégoûtées, mi-horrifiées de personnels de RFO découvrant "le premier documentaire de 52 minutes sur la musique réunionnaise", dit Alain Gili qui aime bien retourner le couteau dans la plaie. En 1994... Entre Jean-Paul Roig et Christiane Succab-Goldman, documentariste guadeloupéenne et productrice à Ks Visions, s’est élevée une complainte à deux voix sur les difficultés que rencontre (encore) le documentaire pour trouver sa place sur les chaînes à grande diffusion. "Le documentaire est en danger" - soutint l’Antillaise devant les autres invités, en détaillant l’œuvre des documentaristes "pour une ouverture sur le monde réel", en marge, et contre, les mensonges de certains discours médiatiques - NDLR.

... et retrouvailles

À côté des découvertes, un Festival est aussi le lieu des retrouvailles. Avec Vincent Garrigues, venu en journaliste il y a 2 ans pour RFI, et aujourd’hui attaché culturel pour l’audiovisuel à l’Ambassade de France à Prétoria. Sa sensibilité aux expressions “pionnières” lui a fait saluer chaleureusement l’initiative de la ville du Port "pour favoriser le dialogue Sud-Sud et repenser les relations culturelles entre les peuples".
Les amis des poètes et du cinéma réunis aimeront à retrouver Jacques Baratier et ses 88 printemps d’une jeunesse inaltérable qui explose dans une œuvre journalistique (à ses débuts) et cinématographique exclusivement dédiée aux poètes et aux écrivains... À commencer par ceux dont il fit les interviews lorsque, jeune secrétaire de l’écrivain Jean-Jacques Brousson - lui-même longtemps secrétaire d’Anatole France et auteur de “Anatole France en pantoufles...” - il rencontra Alexis Léger (Saint-John Perse), Saint-Exupéry, André Gide... avant d’aller traîner du côté de Saint-Germain des Prés où il fut le premier à filmer Juliette Gréco, connut Roger Blin, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir... Et Jean Albany, poète réunionnais, parmi tant d’autres.
L’œuvre cinématographique de Jacques Baratier s’est attachée à faire connaître Jacques Audiberti, Olivier Laronde, Jacques Besse (poète et musicien, il a mis en musique le théâtre de Sartre), Georges Shéhadé (poète libanais dont l’œuvre inspire “Goha le simple”, programmé dans le Festival). Albany devait lui inspirer, longtemps après sa mort, un film qui sera présenté pour la première fois cette année dans sa version complète et définitive (il y eut 5 versions de “Mon île était le monde”...). Le troisième film inscrit à la programmation est le dernier en date. “Rien, voilà l’ordre” est une fiction (96 min., 2004) sur l’univers de la psychiatrie, dont le titre est un vers d’un poème de Jacques Besse. Les 3 films sont programmés jeudi 5, à 16h30, 18h30 et 20h30. Également très lié au poète Rezvani, Jacques Baratier dédicacera jeudi à 18h, à la case Beauséjour (angle des rues Renaudière de Vaulx et Evariste de Parny), un ouvrage qui vient de paraître sur son œuvre.
Chaque jour de la semaine propose son lot de rencontres insolites ou heureuses, au cœur d’un Festival "plus international que les autres fois", a noté le Maire du Port.

P. David


Bangladesh

Cinéma en eaux troubles

Amirul Ahram Sheik, Bengali d’origine - le pays du Brahmapoutre aux îles immenses - est l’une des découvertes de ce Festival, avec un film qui est en train de faire trembler les services de Santé de la planète. “L’eau du diable”, tourné entre 2001 et 2005 dans son pays d’origine, révèle l’horreur quotidienne du "plus important empoisonnement de masse de l’histoire humaine". Ou comment 75 millions d’habitants du Bangladesh et 45 millions d’Indiens de l’autre partie du Bengale ont été empoisonnés à l’arsenic, présent à l’état naturel dans les nappes phréatiques. "C’est plus que Bhopal et Tchernobyl réunis", dit-on. Pour en finir avec les bactéries des eaux de surface qui transmettaient aux populations malaria, choléra et autres maladies mortelles, l’UNICEF a fait installer vers 1980 dix millions de pompes financées par la Banque mondiale. "On a pompé l’eau en profondeur, mais personne n’avait analysé la qualité de l’eau", raconte Amirul Ahram Sheik, qui a découvert le problème en 1995, quand un scientifique indien, le Professeur Dipankar Chakrabarty, organisateur d’un séminaire international, alerta tout le monde sur la teneur en arsenic d’une eau que des millions d’habitants buvaient depuis une quinzaine d’années.
Formé par Jean Rouch, Amirul Ahram Sheik a suivi une vingtaine de familles, dont les membres mouraient les uns après les autres. Déjà sélectionné dans plusieurs Festival, “L’eau du diable” a été primé 6 fois et sera le 6 octobre au Festival international du film (FAIF), à Hollywood. L’auteur a commencé depuis un autre documentaire, racontant comment l’information, connue de l’OMS et de quelques scientifiques internationaux, est longtemps restée dans les tiroirs...


Interview

Ethnographie et cinéma

Rappel aux dures réalités de l’état de siège

Laurence Pourchez est ethnographe. Elle se définit aussi volontiers, dans le monde de l’image, comme une "artisane" dont les films amateurs, montés avec les moyens du bord, ont contribué à faire connaître ses travaux. Elle présente dans le Festival, en “Compétition Jeunesses”, un film tourné à Cuba sur un saint guérisseur... qui lui a valu quelques problèmes de santé.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser un film sur San Lázaro ?

- À La Réunion, j’ai beaucoup travaillé sur le savoir thérapeutique des femmes et en particulier la question des “promesses” dans le cadre religieux. J’ai fait un film sur le Cavadee, il y a quelques années, et j’avais le projet de travailler sur une société créole éloignée de La Réunion, pour pouvoir comparer. Cuba m’intéressait particulièrement parce que le colonisateur n’était pas le même qu’ici. Donc, je me suis intéressée à la santería, puis à San Lázaro, parce que c’est un saint "synchrétisé”, mélange d’un orixa (Babaluayé, mi-intercesseur, mi-guérisseur) et de Saint-Lazare. J’avais travaillé ici de la même manière sur la Vierge Noire.

Donc, vous partez à Cuba et là-bas, il vous est arrivé un malheur. Qu’est-ce qui s’est passé ?

- J’ai l’habitude d’aller seule sur le terrain, en tant qu’ethnologue. J’avais choisi le quartier de Centro Habana parce que c’est un quartier très populaire, hors circuit touristique. Le vieux centre de la Havane inscrit par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité a été rénové. À Centro Habana, c’est plus que de la pauvreté, c’est vraiment la misère. Ce sont des bâtisses qui devaient être belles à l’époque d’Hemingway et qui, aujourd’hui, sont à l’abandon. Il y a des endroits pauvres, à Cuba, qui font moins miséreux. Et puis on sent vraiment, chez les Cubains, une joie de vivre intérieure qui relègue la misère à la marge. Un jour, je rentrais à pied chez mes amis cubains et, je ne sais pas pourquoi, j’ai pris une petite rue. Dans cette rue, mon attention a été attirée par une bâtisse jaune canari, toute rénovée. C’était très intrigant, dans ce quartier. Elle avait des grilles aux fenêtres et un aspect très étrange. J’ai été intriguée aussi par un bruit qui sortait de la bâtisse, comme un bruit de cour de récréation, craché par un haut parleur. Mais on sentait que ce n’était pas “vrai”. C’était une impression très étrange. J’ai sorti mon appareil photo et j’ai pris un cliché de la bâtisse. La dernière chose dont je me souviens, c’est une voiture de police garée au coin de la rue. Mon agresseur a surgi de derrière moi. J’ai tout fait pour garder mon appareil photo. Résultat, j’ai eu une épaule fracturée et démise, une fracture au poignet et aux doigts de l’autre main. Et comme je ne lâchais toujours pas, j’ai été traînée sur le sol et là, j’ai perdu connaissance. J’ai été ramassée par des gens adorables, désolés de ce qui m’était arrivé. Ils m’ont dit : - "Il n’y a pas de délinquance à Cuba. Ce n’est pas possible que des Cubains vous aient fait ça". Pour ce qui est de la délinquance, c’est vrai. On a plus de chance de se faire agresser à Saint-Denis qu’à La Havane. Et me voilà à l’hôpital, où j’ai fait une autre expérience physique forte.

Vous veniez voir un saint guérisseur et vous vous retrouvez dans un de ces pôles médicaux dont la réputation scientifique n’est plus à faire...!

- Je débarque aux urgences... Le souvenir que j’en ai, ici, c’est un minimum de 4 heures d’attente. J’ai été prise en charge au bout de 20 minutes là-bas, sous anesthésie générale en moins d’une demi-heure. Après le réveil, comme ils manquaient d’aspirine, j’ai été prise en charge par une infirmière qui était une vraie "Mama" cubaine. Comme elle n’avait rien à me donner, elle m’a prise dans ses bras. Elle avait l’âge d’être ma mère et elle me faisait “un câlin” ! Sur le moment, j’ai été surprise, sur la réserve. Puis j’ai vu que ses câlins valaient tous les antalgiques du monde. J’ai été remarquablement soignée. C’est ce que m’ont dit les médecins d’ici que je suis allée voir à mon retour. Les fractures ont été réduites parfaitement...

Mais vous n’aviez toujours rien tourné !

- Exactement. J’avais juste fait les premiers repérages. Pas question de me faire rapatrier ! Qu’est-ce que je fais ? Je prends un marteau et j’explose mon plâtre... J’ai eu plus d’une fois à faire des appels pressants au saint-guérisseur après cela ! En fait, j’ai oublié ma douleur en voyant celle des autres. Centro Habana était juste le début de mon enquête. Les processions à San Lázaro se font en banlieue. À partir de ce moment, mes amis cubains n’ont plus voulu que je me déplace seule. Ils m’ont flanquée de deux “body guards” qui m’ont escortée partout. En fait, pour ce qui est de la mésaventure dans la ruelle, j’ai tendance à me dire que je me suis trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais cela m’a rendue sensible à des choses auxquelles je n’étais pas attentive avant.

Quoi par exemple ? Ces rassemblements d’illuminés qu’on voit dans le court-métrage ?

- Je me suis retrouvée à filmer un groupe de jeunes. À première vue, ils pouvaient passer pour des “illuminés”. Mais ils avaient un discours qui, là-bas, doit être une sorte de discours de la dissidence. Un jeune par exemple disait : "On n’est pas digne d’être libre quand on est l’esclave de tous". Après coup, j’interprète ceci comme étant de l’ordre d’un double langage, très fréquent à Cuba, où tout se dit à mots couverts. Les gens ne mentionnent jamais Fidel Castro par exemple. Ils vont faire un signe de la main à leur menton, qui signifiera “el barbudo” (le barbu). Et d’un seul coup, leur rassemblement m’est apparu comme quelque chose de l’ordre de la dissidence, porteuse d’une critique du régime que je n’avais pas perçue avant. Je me suis rendue compte aussi de l’omniprésence de la police politique, qui filmait les gens ouvertement. J’ai été “mitraillée” par quelqu’un du début à la fin du pèlerinage. Je n’ai pas eu de problème ensuite parce que mes amis cubains étaient toujours avec moi.

Est-ce qu’il ne vous est pas venu à l’esprit qu’il vous avait manqué, dans l’approche, une démarche de documentariste ? Parce que ce que vous décrivez-là, en fin de compte, c’est la dure réalité d’une île assiégée, avec toute la part de surveillance que cela implique. Vous ne l’aviez pas vu comme cela avant ?

- On ne peut pas être là-bas sans y penser. Mais entre avoir conscience d’un certain nombre de choses et les vivre dans sa chair, ce n’est pas pareil... J’ai bien conscience de ne pas être documentariste. Je me définis comme une artisane de l’image. Je fais de l’artisanat réunionnais. Mais cette histoire m’a fait voir Cuba autrement que je la voyais avant.

Propos recueillis par P. David


Programme

C = Compétition ; HC = Hors compétition CM= Court métrage ; MM = moyen métrage, LM = long métrage
(doc) = désigne le genre documentaire, CJ= Compétition jeunesse

CINÉMA CASINO

8h30
“Massaï, les guerriers de la pluie”, de Pascal Plisson
LM/HC

10h30
Films courts et un documentaire

“Aligato” de Maka Sidibe
CM/HC

“Ricochet” de V. Sarah Gurévick
CM/CJ

“L’ami y’a bon”, de Rachid Bouchareb
DA/CJ

“Calicot” de V, Sarah Gurévick France
CM/CJ

“Terre d’asile”, de Alain Beigel, France
CM/CJ

“Octobre” d’Abderrahmane Cissako, MA
CM/HC

“Land of silence”, de Vimukthi Jayasundara (doc)
MM/HC

12h30
“Paris selon Moussa”, de Cheik Doukouré, 90mn
LM/HC

“L’accordéon des rois” de Paul-Louis Martin et Odile Vacher, doc noir et blanc
MM

14h30
“Binta et la grande idée” de Javier Fesser
CM/CJ

“Le malentendu colonial” de Jean-Marie Teno, (doc)
LM/C

16h30
“Afrique, je te plumerai”, de Jean-Marie Teno
LM/HC

“Parce qu’ils ont tué Ibrahim”, d’Alain Dufau, (doc)
MM/HC

“Mhaza Kungumaga” de Mounir Allaoui, (doc) Première
CM/HC

18h30
“Kwassa Kwassa Creuse”, de Patrick Watkins, (doc)
LM/C

20h30
“Les saignantes, première à La Réunion”, de Jean-Pierre Bekolo, en présence du réalisateur
LM/C

22h30
“Barbecue Pejo”, comédie de Jean Odoutan,
LM/HC

MÉDIATHÈQUE BENOÎTE-BOULARD

8H30
Les îles à l’Ouest

“Moramora”, de Jean H. Rakotoarison
CM/CJ

“Saphira”, de Alain Rakotoarisoa
CM/CJ

“Le jour se lève... et se couche” de Jiva Eric Razafindralambo (3D)
DA/CJ

“Mahajunga, de Vero Rabakoliarifetra”, en présence de la réalisatrice
MM/HC

10H30
“Kwassa kwassa Creuse”, de Patrick Watkins (doc)
LM/C

LA CASE BEAUSÉJOUR / RENCONTRES

14h00
Rencontres et connaissance :
L’Archipel des Comores avec Askandari Allaoui,écrivain - Soeuf Elbadawi, artiste

18h00
Rencontre Jean-Pierre Bekolo :
Cinéma, Afrique et liberté


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