Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La Fête réunionnaise de la lumière au Patrimoine immatériel de l’humanité
11 décembre 2025, par

Seize ans après l’inscription du maloya, héritage venu de Madagascar, le Dipavali, célébration emblématique issue de l’Inde, devient la seconde pratique culturelle réunionnaise reconnue au niveau international par l’UNESCO. Suite à un dossier de candidature présenté par l’Inde au 20e comité intergouvernemental qui se tient à New Dehli, capitale de l’Inde, depuis le 7 décembre.
Inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO après la validation du dossier présenté par l’Inde, le Dipavali se distingue par son caractère profondément inclusif. Fête de la lumière et de la prospérité, il unit communautés, familles, artisans et migrants autour de pratiques ritualisées, artistiques et sociales qui perpétuent un patrimoine vivant, partagé et durable.
Le Dipavali, ou Diwali, désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, figure parmi les fêtes les plus emblématiques de l’Inde et de ses migrants, venus nombreux à La Réunion. Célébré lors de la nouvelle lune du mois de Kartik, Dipavali déploie pendant plusieurs jours un ensemble de rituels, décorations, échanges et célébrations qui symbolisent la victoire de la lumière sur l’obscurité, de la droiture sur le chaos. Les récits du Ramayana, en particulier le retour du seigneur Rama dans son royaume, nourrissent la dimension mythologique d’une fête qui marque aussi un renouveau social, économique et spirituel.
L’un des traits majeurs mis en avant dans la candidature indienne est l’extraordinaire diversité des communautés concernées. Fête avant tout familiale, le Dipavali est vécu dans les grandes villes comme dans les villages éloignés, porté par les anciens qui assurent la transmission des rituels et par les enfants et jeunes adultes qui en perpétuent ’héritage. Les artisans jouent un rôle central : potiers façonnant les diyas, artistes dessinant les rangoli, créateurs réalisant décorations, vêtements ou bijoux spécialement conçus pour cette période. Autour de ces pratiques, de nombreuses entreprises, petites ou grandes, trouvent un soutien économique essentiel, renforcé par l’échange de friandises et de cadeaux, coutume majeure du festival.
Le Dipavali s’affirme également comme une fête inclusive, dépassant les frontières religieuses : croyants d’autres traditions, non-croyants, personnes de tous genres, classes ou castes y participent. Cette pluralité a favorisé une cohésion sociale profonde, appuyée par l’esprit de générosité, de partage et de gratitude. Les rituels liés à la nature, notamment chez les communautés rurales, rappellent l’importance de la dernière récolte annuelle et des relations harmonieuses avec l’environnement.
La transmission du Dipavali repose sur la pratique quotidienne, l’apprentissage familial, la participation communautaire, mais aussi sur les médias, les institutions éducatives et les expressions artistiques contemporaines. Ces multiples canaux garantissent la vitalité d’un patrimoine dont le sens — joie, prospérité, unité — transcende les appartenances individuelles.
Par son inscription, l’UNESCO reconnaît une fête qui, tout en célébrant la lumière, éclaire la capacité des communautés à créer et transmettre un patrimoine vivant, dynamique et profondément partagé.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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