Exposition de calligraphies tamoules

Venkatesh peint les proverbes de la poétesse Avvayar

14 janvier 2006

À l’occasion de la Fête du Pongal, l’espace exposition de l’Ashram du Port est embelli de 33 calligraphies tamoules de l’artiste indien Venkatesh. À cette occasion, ce matin au cœur de ce lieu de prière et de méditation, Shri Kumar Ringayen est sacré officiant.

La salle d’exposition de l’Ashram du Port accueille depuis hier soir une exposition de calligraphies tamoules de l’artiste indien Venkatesh, visible par le grand public. Elles représentent des oiseaux, des poissons, des bateaux, le profil de Gandhi entre autres. Au bas des 33 œuvres se trouve une phrase à méditer de l’antique poétesse tamoule Avvayar : "Même si vous êtes pauvres, faites ce qu’il vous est possible de faire ! Attention aux gens qui racontent des histoires ! Les prêtres devraient être justes dans leurs paroles et leur comportement ! Il ne faut pas répandre de remarques non fondées sur les autres ! Si vous voulez manger, il faut commencer par labourer ! Donnez de l’argent aux pauvres et gardez le reste pour vous ! Maudire la colère dans votre mental vous fais gagner le dernier combat !".

Finesse et justesse, des couleurs, des traits

Si le visiteur s’approche des calligraphies, il aperçoit toute la minutie des créations : la finesse et la justesse des traits, des motifs et des couleurs. Suivant que le visiteur se positionne en face ou à côté des œuvres, ces dernières lui révèlent d’autres beautés et interprétations. Il se dégage de ses toiles une fraîcheur et une atmosphère paisible. La douceur dans le ton des couleurs transporte le visiteur au cœur de son imaginaire, une cité où la vie coule lentement.
Mais quelque fois, les proverbes de Avvayar rappellent à la réalité de notre temps. Il faut faire preuve de patience lors de certaines situations par exemple. Et surtout ne jamais baisser les bras face aux péripéties de la vie. Les aborder avec philosophie est certes la position à adopter. On passerait des heures à dénicher au cœur de ces calligraphies des morceaux de vie d’antan. L’une d’entre elles représente une poule et un poussin ou la mère qui accompagne l’enfant pendant une période de la vie. Sur une autre, un bateau vogue par temps de tempête.

Venkatesh, un précurseur

L’artiste indien Venkatesh est surtout connu et reconnu pour ses peintures d’icônes de style Tanjavur. Il est un précurseur dans la calligraphie tamoule.
"L’Inde n’a pas développé l’art de la calligraphie comme les pays européens, la Chine ou le monde musulman. Depuis quelques années seulement, les artistes indiens étudient les chemins du calligraphe dans leurs langues respectives : sanskrit, hindi, tamoule..."
, expose le swami Advayananda de l’Ashram du Port.
Cette exposition de calligraphies aux milles et une couleurs et facettes arrive à l’instant où les hindouistes du monde entier célèbrent la Fête du Pongal (voir encadré). À cette occasion, ce matin à 5 heures 30, Shri Kumar Ringayen était sacré officiant (voir encadré).

Jean-Fabrice Nativel

Les calligraphies sont visibles à l’Ashram du Port, 4 allée Mahatma Gandhi (en face du Trésor public et du bureau de la SHLMR). Tél : O262.43.36.51


Du 14 au 18 janvier, les hindouistes fêtent le Pongal

Le Pongal est la fête de l’État du Tamil Nadu dans le Sud de l’Inde. Sa population, pour l’essentiel rurale, remercie la nature pour les récoltes fructueuses. Pendant 4 jours, c’est la liesse. Les maisons et les vaches sacrées sont embellies. En même temps dans le Nord de l’Inde, les habitants célèbrent le Makar Sankranti ou la fête des cerfs volants.
En tamoul, Pongal signifie “bouillonnement”.
Lors de cette célébration populaire, dans des marmites de lait bouillant cuit du riz agrémenté d’épices, de fruits et de sucre. Ce riz au lait est offert au Dieu Indra, le dieu des nuages, le premier jour, puis aux vaches sacrées. Le reste est partagé en famille à l’occasion du dernier jour de Pongal. D’autres plats agrémentent ce moment de recueillement : les curry, chutneys...


Shri Kumar Ringayen sacré officiant

Aujourd’hui est un jour exceptionnel pour Shri Kumar Ringayen. Depuis 5 heures 30 ce matin, il est nommé officiant. Il vient d’une famille où de génération en génération, "on devient prêtre de père en fils", explique le nouvel officiant. Il voulait devenir prête catholique et il se souvient du temps où il participait à la messe du samedi soir. Depuis 1986, il s’oriente vers des formations de pujari - prêtre - à l’Ashram du Port et se rend en Inde. Pendant une vingtaine d’années, il écoute, lit et met pratique les paroles des livres sacrés.
Aujourd’hui, l’une de ses préoccupations se porte sur la jeunesse. Il constate la montée en flèche de la violence et de la perte de valeurs cruciales. Mais le pujari ne compte bas baisser les bras. Bien au contraire, il prend le temps d’écouter et de respecter cette jeunesse en quête essentielle de modèles et d’identité. En eux mêmes, en leur histoire, ils trouveront certaines réponses. Puis au fil des expériences quotidiennes, ils construiront sur des bases solides leur projet de vie et leur projet professionnel. Comme Gandhi, Shri Kumar Ringayen est un apôtre de la non-violence.


Ganesh adoré au Tamil Nadu

Le Tamil Nadu, un État situé au Sud de l’Inde, est bordé au Nord par l’Andhra Pradesh, au Nord-Ouest par le Karnataka, à l’Est par le Golfe du Bengale et à l’Ouest par le Kérala. La capitale de cet État de l’Union indienne est Chennai (ancienne Madras). La langue pratiquée est le tamoul. La population est de 62 millions 110.000 habitants et la superficie de 130.060 kilomètres carrés.
Le Tamil Nadu est sans doute l’État le plus typiquement hindou car, contrairement au Nord de l’Inde, le Sud a peu subi l’influence musulmane des Moghols. L’architecture est essentiellement dravidienne et témoigne de la richesse et de la puissance des dynasties qui se sont succédé au Moyen-ge (Pallava, Chola, Pandya...). La région offre une quantité de magnifiques temples du plus pur style dravidien.
Au Tamil Nadu, Ganesh est le plus souvent désigné sous le nom de Vinayagar ou Vinayakar. Un autre nom, en tamoul, est Pillayar. Les temples de Ganesh au Tamil Nadu sont réellement extrêmement nombreux. (...) Le climat est de type tropical, les températures restent chaudes toute l’année. La meilleure saison pour se rendre au Tamil Nadu s’étend de janvier à septembre, sachant que les plus hautes températures (environ 40°C) sont atteintes entre avril et juin.

Source : www.objectif-monde.org


2004, le Tsunami frappe le Tamil Nadu

L’État du Tamil Nadu est le plus touché d’Inde par le tsunami du 26 décembre 2004. Il compte parmi les victimes surtout des femmes et des enfants. Les hélicoptères de secours n’ont pas pu se poser dans les heures qui ont suivi le passage du tsunami, car les régions de Nagapattinam et de Cuddalore étaient encore submergés. La ville de Pondichéry a été relativement épargnée grâce aux digues construites par les Français quand ils y établirent un comptoir commercial en 1677.
De nombreux pèlerins ont été noyés alors qu’ils prenaient un bain sacré dans l’océan. Environ 700 personnes se sont retrouvées prises au piège au mémorial de Vivekananda (maître spirituel hindou 1863-1902) sur un îlot.
À Chennai (Madras), le long de Marina Beach, la plupart des personnes se trouvant sur cette plage très fréquentée, se sont noyées.

Source : www.objectif-monde.org


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