Théâtre et mémoire

“Vénus, il était une fois signifie maintenant”

28 octobre 2008

Nouvelle pièce de Lolita Monga, co-produite et mise en scène par Frédéric Maragnani, avec Luc Cerutti et Jean-Paul Dias aux côtés de la dramaturge réunionnaise, “Vénus, il était une fois signifie maintenant” se présente comme un regard sur l’autre, celui de l’autre. Rappel des faits...

“Vénus, il était une fois signifie maintenant”.(photo Edgar Marsy)

La pièce part de l’incroyable histoire de la Vénus hottentote, de son vrai nom Saartjie Baartman, jeune Africaine aux formes hallucinantes, arrachée à son pays natal, l’Afrique du Sud, pour être exhibée à Londres et Paris comme bête de foire.
Elle enflamme le monde scientifique avant de mourir en 1815 et d’être disséquée par le Baron Cuvier. Commence alors une surprenante destinée posthume. Elle est exposée au Musée de l’Homme jusque dans les années 80. Deux siècles après sa mort, les Khoï Khöi, tribu sud-africaine, font appel à Nelson Mandela pour la restitution de ses restes à l’Afrique du Sud. Elle devient l’enjeu d’un imbroglio diplomatique entre la France et l’Afrique du Sud. En 2001, elle trouve enfin la paix. Elle a droit à des funérailles nationales et repose parmi les siens sur une colline abrupte et baignée de soleil.

Un hymne drôle et grave

Touchée par cette histoire, Lolita Monga s’en empare. Il ne s’agit pas une pièce historique ou d’une reconstitution. L’auteur questionne le regard porté sur “l’autre”, l’étranger, celui qui est différent de nous.
“Vénus, il était une fois signifie maintenant” est un conte qui mêle différentes voix venues d’ailleurs et d’âges différents, des conversations, des chants, des inventaires de noms, de choses. C’est un conte de fées à l’envers où la fée est un corps aux formes généreuses et à la peau noire. C’est l’épopée de notre mémoire collective des civilisations et des peuples, des déplacements forcés des populations, des barbaries humaines, des rencontres improbables et des coïncidences de l’histoire. “Vénus, il était une fois signifie maintenant” est un hymne drôle et grave aux exclus, aux étrangers de tous les temps, aux marginaux de la planète, aux décalés, aux démembrés. C’est une formidable matière poétique et scénique, un nouveau pari pour le jeu théâtral et un tendre regard sur notre humanité.


Les dates des représentations
Au Théâtre du Grand Marché

Mardi 28 octobre à 19h00
Mercredi 29 octobre à 19h00
Jeudi 30 octobre à20h00
Vendredi 31 octobre à 20h00
Mardi 4 novembre à 19h00
Mercredi 5 novembre à 19h00
Jeudi 6 novembre à 20h00
Vendredi 7 novembre à 20h00
Samedi 8 novembre à 20h00
Dimanche 9 novembre à 18h00
Du 18 au 22 novembre 2008 au Glob Théâtre, Bordeaux, dans le cadre du Festival Nov’art 2008


Rencontres et parleries

“Les zoos humains, de l’histoire ancienne ?”

En bord de scène, lundi 3 novembre à 18 heures, une rencontre parlerie sera animée par Françoise Vergès, universitaire et chef de projet MCUR.

A l’occasion des représentations de “Vénus, il était une fois signifie maintenant”, l’équipe du spectacle et d’autres intervenants évoqueront la question des zoos humains.
Le terme de zoo humain décrit une attitude culturelle qui a prévalu dans les empires coloniaux jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il a été popularisé par la publication en 2002 de l’ouvrage “Zoos humains”, écrits par plusieurs historiens français spécialistes du phénomène colonial.
Les expositions coloniales furent l’occasion de présenter au public de la métropole un échantillon des divers peuples colonisés mis en situation forcée dans un environnement reconstitué.
Le film “Zoos humains” sera projeté après la rencontre. C’est un documentaire de Pascal Blanchard et Éric Deroo (France, 2002).

La représentation du 7 novembre comportera aussi une première partie avec une petite forme. L’histoire est lue par une comédienne et est illustrée par des images vidéo, des documents d’époque, de la musique... mais nous aurons l’occasion d’en reparler.


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