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18 février 2008

Après 30 ans de carrière au Burkina Faso, le chanteur mandingue sort enfin son premier album.
Jouer du Blues, c’est comme être doublement noir ! clamait John Lee Hooker. Le blues, Victor Démé l’a vécu autant qu’il l’a chanté. Agé de 45 ans, il est veuf depuis 2005. Il élève trois de ses six filles dans une cour commune sans eau ni électricité, dans un faubourg rupestre de Bobo-Dioulasso, la seconde ville du Burkina Faso, un endroit ou le blues peut aisément prendre racine. Démé ne s’en cache pas : « Je n’ai jamais eu que ma guitare pour m’en sortir, et ma machine à coudre ». Il a grandi dans une famille de l’ethnie Marka, traditionnellement des couturiers mandingues comme son propre père. « Nous sommes tous des artistes », dit-t-il simplement pour signifier que comme la musique, la couture requiert de la technique et de l’inspiration.
Sa mère, Aminata Démé, était l’une des griottes les plus célèbres de la ville, elle lui a transmis ses talents vocaux. Enfant, Démé apprend le chant auprès d’elle avant de se rebeller, de s’exiler en Cote d’Ivoire et de quitter sa tradition musulmane pour se convertir au catholicisme. Il rejoint l’atelier de couture de son père à Abidjan, et se fait baptiser sous le nom de Saïbu “Victor” Démé. Il se forge ensuite une réputation en chantant dans les clubs ivoiriens au sein du fameux orchestre Super Mandé, mené par la star Abdoulaye Diabaté. Il enregistre un premier album pour un producteur notoire, dont il préfère aujourd’hui taire le nom puisque le disque n’est jamais sorti. Puis il rentre au Burkina vers 1988 pour profiter d’un nouvel élan national. Le pays jouit alors de la dynamique insufflée par le révolutionnaire rouge Thomas Sankara, qui avant d’être assassiné en 87, a grandement oeuvré pour la création artistique. Démé a 26 ans, et sa fougue musicale déborde de vigueur. Il gagne plusieurs micro-crochets, dont le concours du Centre Culturel Français de Bobo-Dioulasso organisé en partenariat avec RFI en 1989, et le premier prix de la Semaine National de La Culture, en 90 et 94. Il se fait ensuite recruter successivement par de grands orchestres, dont l’Echo de l’Africa et surtout le célèbre Suprême Comenba qui rythme les nuits de Ouagadougou. Pour gagner sa vie, il doit parfois se plier aux exigences des propriétaires des clubs et maquis en interprétant des classiques de Salif Keita, de Mory Kanté, ou des standards salsa. L’Afrique de l’Ouest a toujours embrassé la musique latine, depuis le milieu du siècle dernier. « C’était le son de nos tantes et de nos tontons. On les voyait danser pendant les soirées, ces rythmes représentaient la fête, ils sont devenus naturels pour nous. Mais outre la salsa et le griottisme, ma base reste toujours l’afro-mandingue, le blues. ». Alors que Démé est devenu un chanteur de référence dans tous le pays, la poisse s’acharne encore sur son destin : atteint d’un virus grave qui lui ronge les gencives (le « bamba demi »), il devra s’arrêter de chanter pendant deux ans, avant même d’avoir pu déposer sur un album les chansons ayant forgé sa réputation dans l’underground. « À l’époque, il existait un seul studio d’enregistrement professionnel au Burkina, le studio Seydoni à Ouagadougou qui appartient à l’état, et qui coûte plusieurs dizaines de milliers de CFA par jour. Je n’ai jamais rencontré les bonnes personnes pour m’y inviter. Ensuite, quand la maladie m’est tombée dessus, j’ai cru qu’il était trop tard, que ma chance était passée. Alors je me suis remis à la couture. »
Sources Afrik.com
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Messages
15 mars 2008, 11:10
je suis fan
16 avril 2008, 13:46, par richard
moi aussi je veux savoir si tu sais ou avoir son cd ici a abidjan pour que je puisse l’acheter
16 avril 2008, 13:44, par richard
merci et que dieu te agrde et qu ’il te donne longue vie afinque tu continue anous proccurer du plaisir musical.
je veux bien savoir ou avoir ton album ici a abidjan ?