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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
“Mais que fait grand-mère kalle ?”
28 octobre 2006

Le conte “Mais que fait grand-mère kalle ?” d’Océan Éditions, imaginé par Joëlle Écormier et illustré par Nathalie Millet était là posé sur mon bureau. Je n’avais pas vraiment envie de le lire, car de grand-mère Kalle, j’ai gardé une image peu flatteuse. Je me souviens. Je m’amusais jusqu’à tard (19h) avec des amis. Mes grands-parents tout en fermant les portes et les fenêtres de la case créole me demandaient de rentrer. “Curieusement” cette invitation entrait par une oreille pour sortir par l’autre. Ils n’appréciaient guère cette attitude. Je les entendais et je les entends encore prononcer le nom de grand-mère Kalle. Je vous assure en un rien de temps, je me retrouvais à table pour écouter la suite de cette histoire terrifiante. Celle d’une dame effrayante qui, la nuit venue, enlevait les enfants. Vous imaginez un peu mon inquiétude lorsqu’on m’a remis ce livre “Mais que fait grand-mère kalle ?”.
Une coiffe en forme d’oursin
J’ai donc pris mon courage à deux mains pour le lire. En regardant, le dessin de la couverture - grand-mère Kalle qui survole le volcan à dos de papangue -, j’esquissais un léger sourire. À la lecture des pages suivantes, ce sourire ne m’a plus quitté. J’ai rencontré une dame “attendrissante”. Son quotidien ne manque pas de piment. Elle vit au pied d’un volcan. Dès son réveil, elle s’empresse de se regarder dans le miroir pour un brin de maquillage. Quelques coups de peigne plus tard, elle est métamorphosée. Une coiffure d’oursin habille ce visage touchant. Dans sa garde-robe, “le choix est varié”. Que des robes noires ! Puis pour elle, il est l’heure de ramoner le volcan et sur une “petite fournaise”, elle pose une marmite pour la cuisson d’un “cari tangue”. La chaleur devient insupportable, il est temps pour grand-mère kalle de prendre un bol d’air frais à dos de papangue.
Je pense que je vous en ai trop dit sur ce conte. Mais quelle belle idée de prêter à grand-mère Kalle un autre visage ! Après tout, qui nous dit que c’est bien grand-mère Kalle qui enlevait ces enfants ? “Une enquête mériterait d’être menée pour démasquer les vrais coupables”.
J.-F. N.
Joëlle Écormier, une « tricoteuse d’histoire »
Elle est née en 1967 au Tampon à l’île de La Réunion, entre les lilas et les jacarandas. Après un bac littéraire, elle rêve de parler l’anglais tous les jours, mais elle déchante en 1ère année de DEUG anglo-américain. Elle en déduit que les études ne sont pas faites pour elle. Ou inversement. Elle parvient tout de même à pratiquer la langue anglaise avec des touristes anglophones en décrochant un diplôme de guide-interprète. Elle finit par atterrir sous les toits roses de Toulouse, puis sous les parapluies de Cherbourg. Elle s’use les yeux dans les bibliothèques. Elle écrit déjà, mais de manière confidentielle. Après dix années passées à regarder attentivement ses deux enfants grandir, Joëlle Écormier fait un compromis avec le monde du travail en vendant des livres dans une librairie et en 1999, son aventure d’écrivain commence avec “Trente jours à tuer”. Depuis 2003, elle est chargée de la promotion de l’écriture à la médiathèque de Saint-Denis (Réunion) et anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire et ailleurs. Elle est même marraine du 2ème Salon du livre pour la Jeunesse.
Nathalie Millet, le dessin une belle rencontre
Née à Strasbourg en 1965, Nathalie Millet a passé une partie de son enfance en Guadeloupe, avant de venir à la Réunion avec ses parents, en 1980. Passionnée de dessin et de lecture, elle opte rapidement pour la carrière de graphiste, tout en s’engageant dans des activités associatives comme l’organisation du Grand Boucan de Saint-Gilles et des interventions bénévoles dans les écoles. Elle pratique également la poterie, la randonnée équestre et le “blogging” sur Internet. Mère de trois enfants, elle privilégie le travail à domicile qui lui permet d’organiser les activités familiales, même si sa carrière doit en souffrir. C’est un peu par hasard, qu’elle vient à l’illustration de livres pour enfants, et c’est alors une véritable découverte qu’elle compte bien faire perdurer.
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