Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Deux conférences à ne pas manquer la semaine prochaine
23 juin 2007

Écologiste, philosophe, naturaliste, romancier et essayiste, Yves Paccalet est invité par le Cercle Philosophique Réunionnais à animer lundi prochain à la Région et jeudi à l’Université du Tampon deux conférences-débats sur le thème : “L’humanité face à sa menace de disparition”. Ces conférences sont organisées en partenariat tour à tour avec la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR) et avec l’association Les Amis de l’Université. Nous publions ci-après des extraits d’un entretien que cet auteur de plus de 60 ouvrages a eu récemment avec Florence Girardeau du magazine “Week-End”.
Pourquoi avez-vous choisi ce titre assez provocateur de “L’humanité disparaîtra, bon débarras !” pour votre livre paru en 2006...?
- Yves Paccalet : Justement, j’ai provoqué. J’en ai marre qu’on ne fasse rien pour cette Terre et l’Homme. La provocation suscite les débats, c’est ce que je recherche...
Comment nous, petites fourmis, pouvons-nous lutter efficacement face aux mammouths industriels mondiaux...?
- Chaque geste compte. Le réveil individuel conditionnera la survie de tous. Si chacun économise un litre d’essence par jour (10 km), multiplié par les 800 millions de voitures dans le monde, cela fait 800 millions de litres par jour !
Qu’est-ce qui vous met le plus en colère ?
- L’inconscience de tous, et l’irresponsabilité de ceux qu’on nomme "responsables" - politiques, économiques... Chacun gouverne avec pour horizon quelques mois à peine... et le désir du pouvoir ou du profit !
À qui en voulez-vous, à l’humanité ou aux pouvoirs publics ?
- L’humanité, je l’aime. Mais qui aime bien châtie bien, c’est connu ! Nous avons la chance d’être une espèce intelligente et sociable, nous ne sommes pas dignes de nos capacités...
Avez-vous quand même encore de l’espoir ?
- Oui, bien sûr, sinon je n’aurais pas provoqué avec ce titre. Mais de même que ma vie personnelle est un fragile miracle, qui prendra vite fin, de même la survie de l’humanité n’est pas sûre. Peut-être que notre espèce disparaîtra très vite... En étant moins folle, elle pourrait durer.
Cet ouvrage est-il un constat d’échec de l’écologie ?
- L’écologie devrait imprégner chaque conscience, chaque décision économique ou politique. Ce n’est pas encore le cas. Et je crois que la solution est surtout philosophique. Nous devons savoir ce qui est vraiment bon pour nous. Quel est le vrai sens de notre vie... Est-il de consommer comme des imbéciles des produits qui ne servent à rien, en saccageant notre maison, la Terre ? (...)
Pensez-vous qu’il reste encore une chance de faire machine arrière ou est-ce trop tard ?
- Je crois qu’il faut essentiellement un changement d’état d’esprit de chacun. Nous vivons dans un monde de surproduction et de surconsommation, qui nous promet le bonheur par la croissance. Or, la croissance nous apporte uniquement le malheur. Nous devrons, pour survivre, apprendre la décroissance, et la recherche du bonheur dans le partage.
Des scientifiques ont démontré qu’en 2020, il n’y aurait plus de pétrole. Si c’est le cas, l’environnement sera la première à en bénéficier. Pensez-vous aujourd’hui que l’État joue la politique de l’autruche face à des innovations biologiques dans le but de continuer à toucher de l’argent avec le pétrole ?
- Oui, nous avons déjà consommé la moitié du pétrole disponible sur la Terre (le pétrole, je le rappelle, est fabriqué par des bactéries qui décomposent des cadavres végétaux et animaux). Le pétrole qui reste sera de plus en plus rare et convoité par de plus en plus de monde sur la planète. Donc, s’il en restera probablement encore un peu en 2020, il sera horriblement cher, et personne ne pourra plus le mettre dans son réservoir de voiture !
Êtes-vous pour la décroissance ?
- Oui, bien sûr, et l’équation est très simple. La planète Terre peut fournir à l’humanité, au niveau de vie occidental (Amérique du Nord, Europe, Japon), de quoi vivre à 1 milliard de personnes. Or, nous sommes déjà 6,5 milliards. Il nous manque déjà 5,5 planètes ! En 2025, nous serons 8 milliards d’hommes. Il nous manquera 7 planètes ! Solution ? Ou bien c’est la guerre, ou bien c’est le partage. Mais, dans ce dernier cas, les riches verront leur niveau de vie baisser. (...)
(à suivre)
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