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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
La nouvelle génération musicale monte sur scène
3 avril 2006

Depuis 18 heures, une petite pluie fine tombe sur Saint-Gilles ce samedi 25 mars. Dominique Benvenutti, le régisseur général de l’O.D.C. et le staff de l’association les Chokas sont inquiets. Va-t-on vers une annulation ? Le téléphone n’arrête pas de sonner. On veut savoir s’il pleut. La pluie n’arrête pas de tomber et s’intensifie même. Au Nord, la route du littoral est fermée. À l’Ouest, un spectacle avec d’énormes moyens, le Kabar Beach (Pourquoi kabar ?) est prêt à diffuser ses décibels.
Comme pour les deux précédentes éditions de “Zénès Maloya”, la bénédiction purificatrice de Dieu et des ancêtres est là. Comme par enchantement et comme pour les deux autres éditions, à dix minutes de l’annulation du spectacle, le ciel s’éclaircit et cette eau, qui nourrit la plante et l’Homme, s’arrête de tomber. “Zénès Maloya” a la bénédiction de Dieu et des Ancêtres, le spectacle peut commencer.
Rythme ancestral et magique
Un public de qualité, de cœur, de foi et de connaisseurs (environ cinq cents spectateurs), un public amoureux et attaché à sa culture et ses traditions réunionnaises, et aussi curieux à chaque fois de découvrir ce rythme ancestral et magique qu’est le maloya traditionnel.
Après un défilé de flambeaux au rythme élevé des Tambours Sacrés de La Réunion, dirigé en bas de la scène, dans le public, par son excellent et mystique chef de file, Philippe M’Roimana, Gospel Maloya, de Sully Belvisee, dont c’était le baptême de feu à Saint-Gilles, a su charmer au premier chœur, un parterre de spectateurs curieux, surpris, ravis et acquis à la cause. Les choristes habillées en jaune, les huit rouleurs d’un côté et les quatre kayanms de l’autre côté des chœurs, offraient au public une vision irréelle et magique. La voix exceptionnelle de la Sud Africaine d’Alexandra, Portia Talpot, nous donna une vision de la patrie de Nelson Mandela, une vision pleine de larmes, de tristesse, de joie et d’espoir. Z’ar-né, la révélation de l’année et son jeune leader charismatique et modeste Ignace Jetter ont eu une côte d’amour, très valorisant et encourageant pour l’avenir, du public qui s’est levé pour danser. Le groupe du Lavoir de Saint Pierre a de beaux jours devant lui et dans quelques années, les festivaliers d’Europe parleront d’eux.
Se sont succédé ensuite : Ras Mélé, de Charles Henri Guelon, fidèle à leur réputation : un grand groupe solide, professionnel et comme dans les deux autres “Zénès Maloya” a mis “le feu dans la baraque” et le groupe de Roches Maigres peut sans crainte évoluer sur une scène internationale à l’instar de son parrain musical Danyel Waro. André Hoarau, grand artiste et homme de cœur qu’on ne présente plus, qui accompagné de Ras Mélé a charmé toute l’assemblée avec ses grands succès de toujours "Aswar nana Kabar, di kisa lé la". La belle époque des années 90.
Grand moment d’émotion
Grand moment d’émotion, quand André, les yeux pleins de larmes, a fait part à l’assemblée d’une cruelle injustice qui est tombée dans sa vie et qui le mine depuis huit ans. Les Tambours Sacrés de La Réunion, par d’épisodiques interventions, a donné une touche mystique à cette belle soirée et leur coup d’baguèt a fait trembler le théâtre d’émotion, de chaleur et d’excellentes vibrations.
Granmoun Baba, Granmoun Bébé, Granmoun Lélé, Le Rwa Kaf et les autres du paradis étaient sûrement fiers ce soir-là de la nouvelle génération musicale, et ils étaient sûrement heureux que le flambeau ait été transmis efficacement. Firmin Viry, la pièce maîtresse du maloya, la culture de tout un peuple, la foi inébranlable de ce grand homme qui, malgré un deuil, a voulu être présent afin de transmettre à ses filleuls cet héritage musical venu de ses ancêtres mozambicains et indiens, a été dans les gradins d’une émotion palpable. Sur scène, il était accompagné de Stéphane, son manager, de sa fille Pascaline, de Ras Mélé et des Tambours Sacrés de La Réunion. “Valé valé” a été un régal musical. Divin. Que dire de notre maître Danyel Waro. Son charisme, sa gentillesse, sa générosité a été égal à lui-même. Son parrainage a été un réel bonheur de partage pour les groupes et le public présent. Après trois rappels époustouflants, “le rideau est tombé”, les lumières se sont éteintes, la nuit a repris ses droits et le silence s’est installé sur un théâtre plein de mystères et d’ondes musicales positives.
Zénès Maloya a un bel avenir devant lui. Ce bébé de l’association les Chokas n’existerait pas sans le PRMA d’Alain Courbis, mais aussi sans aussi l’Office départemental de la Culture, avec Jacques Dambreville, un commandant hors pair, généreux et professionnel, à qui les Chokas et les groupes remercient de faire confiance à ce genre d’opération de sauvegarde de patrimoine musical. Opération à renouveler sans modération.
Correspondant
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