Zénès Maloya 2007

5 avril 2007

Samedi 31 mars s’est déroulée sur la prestigieuse scène du théâtre de Saint Gilles la soirée Zénès Maloya 2007 organisée par l’association les Chokas présidée par Huguette Baptisto-Hoarau et co-produite par l’O.D.C. La quatrième édition du genre, un spectacle explosif, riche en couleurs, qui ne baissa pas d’intensité tout au long de la soirée et qui ravit les 500 spectateurs présents.

Cent trente-cinq personnes étaient sur la scène pour le final « la po graton ».

Gospel Maloya, avec une trentaine de chanteurs et de musiciens, ouvrait le bal à vingt heures précises. Une musique pure, cristalline, le charisme de son chef de chœurs Mathieu Bouvon et le charme de Portia Manyike-Talpot, chanteuse inimitable sud-africaine. Cette dernière a été sélectionnée pour la comédie “Le Roi Lion”. Accompagnée de percussionnistes de maloya, cette chorale apporta une touche sud-africaine, malgache et réunionnaise à la soirée. Aucun temps mort, après six chansons qui donnèrent des frissons à la foule, Gospel Maloya, en chantant mon paradis, une pure merveille, fit entrer sur scène André Hoarau. Cet ardent défenseur du maloya traditionnel des années 80, mit le feu à un public qui reprit en chœur les refrains de ses chansons. Zarlor, dirigé par son leader Fabrice Coupama, avec son succès Kriké Kraké, apporta une richesse culturelle à travers la langue, la spiritualité et la danse. Kozman Ti Dalon, mené par Jonathan Camilot, petit-fils du légendaire et regretté Granmoun Bébé, ardent défenseur du “Servis Kabaré” donna une dimension internationale à la soirée avec un show époustouflant, mélangé de moringue, de chants et de danses guerrières suivant une tradition familiale bien enracinée. Z’ar-né, d’Ignace Jetter, qui voue une même passion pour le maloya traditionnel, est la relève, l’un des ambassadeurs, l’un des flambeaux de ce patrimoine ancestral légués par ses aïeuls. Sa voix grave et juste sut captiver l’assemblée qui se mit à danser. Charles Henri Guelon du groupe Ras Mélé proposa un maloya à caractère festif et novateur, marqué par les influences africaines et le gospel.

La part de l’Inde dans l’identité musicale réunionnaise et une nouveauté cette année : la participation de l’Institut de Danses Indiennes (I.D.I.) dans “Zénès Maloya” qui fit des interventions très remarqués sur une chanson de Zarlor, de Kozman de Ti Dalon, de Ras Mélé et de René Paul Elléliara. Mené par l’excellent cinéchorégraphe Vijai originaire de Pondichéry en Inde, les danseuses firent, en solo, deux prestations chorégraphiques, créées spécialement pour l’occasion, dignes des danses des grands films bollywoodiens. Les Tambours Sacrés, fidèles à leur réputation, maîtrisèrent à la perfection le théâtre de Saint Gilles et chacune de leur apparition et de leur « coup d’baguettes la mèt un lanbians kalou ».

Le clou de la soirée : l’emblématique et historique René Paul Elléliara, le parrain de cette jeunesse musicale montante, Avec ses seize musiciens et danseurs, René Paul n’a rien perdu de sa fouge et de sa vivacité musicale, une voix unique et un « coup d‚roulèr » à vous donner le vertige. Des duos magiques avec Ignace Jetter et Charles Henri Guelon. Cent trente cinq personnes étaient sur la scène pour le final « la po graton ».

La fête, la joie, l’ambiance et la bonne humeur étaient au rendez-vous. Après deux heures trente de spectacle, il fallut bien se dire au revoir et à l’année prochaine. Dommage pour les absents.


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Témoignages - 82e année


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