Culture et identité

« Zordi sobat ! »

Les 11, 12 et 19 novembre, commémoration de la révolte des esclaves en 1811

Témoignages.re / 8 novembre 2017

Ce mardi 7 novembre à 10h sur le parvis de la mairie de Saint-Leu, le Komité Éli, présidé par Yvrin Rosalie, a présenté aux médias la 18e édition de la commémoration de la révolte des esclaves réunionnais en 1811. Une révolte qui a marqué notre histoire et que Yvrin Rosalie a commencé à célébrer avec ses amis — dont l’historien Gilles Gérard — avec une belle prestation musicale et ce mot d’ordre sur son tricot : « Zordi sobat ! ».

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Yvrin Rosalie et ses amis du Komité Éli hier matin devant la stèle en hommage aux esclaves rebelles.

Cette commémoration 2017 de la révolte des esclaves de la région de Saint-Leu en novembre 1811 autour d’Élie, Jean, Gilles et leurs frères rebelles au bassin Misouk de la ravine du Trou se déroulera pendant trois jours. En voici le programme :

1. Hommage à la ravine du Trou le samedi 11 novembre à 8h, à côté de l’École Éli au Piton Saint-Leu. À 16h, mot de bienvenue dans le Parc du 20 Décembre. À 19h, projection du film ‘’Élie ou les forges de la Liberté’’ de William Cally et d’un film sur Martin Luther-King, suivie d’un kabar.

2. Kabar au Parc du 20 Désanm en face de la mairie de Saint-Leu le dimanche 12 novembre. 7h : riz chauffé. 9h : dépôt de gerbes devant la stèle en hommage aux esclaves, Place de la Mairie. 10h : conférence / débat (sobatkoz’). 12h : pique-nique partage suivi d’un grand kabar.

3. Randonnée historique le dimanche 19 novembre au Piton Rouge (lieu de maronage). Départ devant le Conservatoire Botanique de Mascarins à Colimaçons à 8h ; retour à 18h.

Pour tout contact : Yvrin Rosalie - 0692 53 85 02.

« Nou tienbo, nou larg pa ! »

Voici par ailleurs des extraits d’un bref rappel historique de cette « Révolt pou la liberté 1811 / La révolte des sans noms » transmis aux médias par le Komité Éli : « C’est le 5 novembre 1811, alors que l’île était sous domination anglaise, qu’Éli, Gilles, Prudent, Fulgence et une cinquantaine d’autres esclaves, la plupart appartenant à la famille Hibon, partirent du Bassin Misouk dans la ravine du Trou vers Saint-Leu pour réaliser leur révolte. Cette insurrection était organisée, pensée et réfléchie depuis de longs mois. Elle visait les propriétaires Blancs de Saint-Leu et leurs richesses (vivres, argent, hardes, vin,…) trésors qu’ils avaient eux-mêmes entassés au prix de leur sueur dans le magasin des propriétaires.

Munis de haches, bâtons, de kalou, de tambours, de lansiv et d’un drapeau, armés de leur courage et de leur détermination, ils descendirent dans le quartier de Saint-Leu avec l’intention de mettre un terme à l’exploitation et à la domination des maîtres et de se libérer du système esclavagiste.

Partant de Saint Leu, ils voulaient atteindre tous les quartiers de l’île et amener les autres esclaves à se joindre à eux et à participer aux combats. Ils s’attaquèrent d’abord à la propriété de Jean Macé, tuant celui-ci et saccageant sa demeure, puis ils s’en prirent à celles des Hibon, situées aux alentours.

La révolte dura du 5 au 8 novembre 1811. Dénoncée par un esclave qui voulait protéger les maîtres — l’esclave Figaro qui dès le 4 novembre a révélé le complot —, cette révolte fut brusquement réprimée par la riposte des maîtres accompagnés d’esclaves enrôlés. Plus de 300 esclaves participèrent à cette insurrection ; plus d’une trentaine furent tués lors des combats, 145 furent arrêtés, emprisonnés à Saint-Denis et jugés ; d’autres comme Éli réussirent à s’échapper. Il se rendra peu de temps après et rejoindra ses compagnons. Le 11 février 1812, le tribunal réuni en la cathédrale de Saint-Denis jugea les rebelles de Saint-Leu. Il prononça la peine de mort contre 25 accusés, dont 15 furent exécutés dans divers quartiers du pays. D’autres furent condamnés aux fers à perpétuité ou à temps.

Pou bann konbatan la libèrté, an souvnans nout zansèt, nou tienbo, nou larg pa ! ».