La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Festival international Kréol de Maurice
5 décembre 2006

75.000 Mauriciens ont envahi samedi soir l’espace en plein air du « Domaine les Pailles » ou 20 groupes créoles, têtes d’affiche venues des Antilles, d’Haïti, des Seychelles, de La Réunion, ont fait danser les foules au coté des groupes locaux. Ce grand concert All Night, de 19 à 5 heures du matin visant à célébrer les musiques créoles du monde dans le cadre de la première édition du Festival international Kréol de l’île soeur à dépasser les attentes des organisateurs. Le public était là.
« Une idée magnifique »
19 heures : les festivités sont ouvertes. Triton qui devait entamer et clore le concert est introuvable. Caprice de star ! « Péna problèm », le groupe dominicain Exile One est là pour prendre la relève. Une demi-heure de sons, pas plus. Gordon, son leader, en vrai professionnel du haut de ses 33 ans de carrière, est précis. Pour lui, ce festival est « une idée magnifique. » Le Dominicain (de Dominique, pas de République dominicaine, il y tient) sait à quel point il est important pour les sociétés créoles de se retrouver autour de ce qui les unit : leur créolité. Au-delà du mot, du concept, il nous confie que « le mot créole, autrefois péjoratif, est en train de s’affirmer. Le créole est une identité culturelle en train de prendre sa définition. Il faut réfléchir ensemble à ce que l’on entend par créolité. Mais si l’on regarde bien, on devient un marché très important et pas seulement sur le plan musical. Notre modèle interpelle. » Toute manifestation qui vise à favoriser cette réflexion et ce partage ne peut être que la bienvenue. Depuis 10 ans, il a initié le World Kréol Festival en Dominique et « lutte pour que l’Océan Indien y soit représenté. » Rendez-vous peut-être en octobre 2007 ! La foule continue à se presser. Ce n’est pas tous les jours que le gouvernement mauricien organise un grand concert gratuit avec des artistes tels que Koamo, Kassav, ou encore OSB, “number one” à Maurice, invité du dernier Sakifo de La Réunion. Les quatre artistes à ressort de Otentik Street Brothers mettent le feu. Une musique, une énergie, un message.
« La créolité n’est pas histoire ni de race, ni de couleur »
« Dans tous nos albums, on milite pour la cause, la créolité, contre les discriminations, les tabous comme le SIDA, nous confie Bruno, le souffle du groupe. Ce festival est un grand pas pour les "zilwoi". On milite depuis longtemps dans ce sens. Ici, on a des problèmes ethniques. Il est important pour le peuple de l’île Maurice de se rassembler dans leur créolité. Ce soir, ils sont là ensemble, c’est vraiment quelque chose. Mais au delà du côté festif, il faut que le message traverse. Les Mauriciens ne connaissent pas leur histoire, on ne leur apprend pas. Il ne faut pas attendre de sortir de Maurice pour se reconnaître mauricien, ici aussi il faut se sentir mauricien. La religion, chacun fait comme il veut, mais la créolité aussi il faut la respecter. Le problème c’est que tout est trop politisé, alors on se cache derrière les mots pour ne pas dire vraiment les choses, mais la créolité n’est pas histoire ni de race, ni de couleur. » De son créole mauricien à mon créole réunionnais le courant passe et Bruno dit vrai. Un homme de coeur, tout comme Thierry Gauliris qui a fait chanter les mauriciens aux sons de ses succès. « Koman i lé La Rényon ? » Baster lé la, toujours présent à l’appel. Il nous délivre une spéciale dédicace et rappelle que : « I fo domoune i pran konsians ke nou pe viv nou métisaz. »
Un concert qui s’est poursuivit jusqu’au matin avec un public porté par la fête, rassemblé tout simplement sans se poser la question du créole et de la créolité, partageant un pur moment de plaisir autour de ces musiques créoles qui lui parle et dans lesquels il se reconnaît.
Stéphanie Longeras
Michel Legris est « heureux »
« L’espoir de l’unité »
Michel Legris, ségatien mauricien, dit « Le Capitaine » est connu comme le piment à Maurice. A 75 ans, il se dit simplement « heureux » de pouvoir assister de son vivant à la mise en place d’un tel Festival, « après des années de lutte pour la reconnaissance du créole. » Créole comme population, comme culture, mais aussi comme langue. « Ici, la langue, c’est symbolique, c’est notre héritage. Le créole, c’est l’espoir de l’unité. Il faut enseigner le créole, c’est une base pour aider à comprendre les autres les langues. On y arrive mais il y a encore un bon bout de chemin à faire. »
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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