Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Retour sur l’initiative de la Section PCR du Port
1er décembre 2025, par

Le Port fut l’épicentre des luttes sociales réunionnaises : berceau de la FRT au Front populaire, les dockers et cheminots y menèrent les combats progressistes. En 1942, ils prirent la tête du soulèvement qui mit fin au régime pétainiste dans l’île. Logiquement, c’est au Port que naquit ensuite le PCR, sur une ligne anticoloniale et internationaliste. Mémoire essentielle d’une ville ouvrière au cœur de l’histoire de La Réunion.
Chaque année, les 28, 29 et 30 novembre rappellent l’un des épisodes les plus puissants de l’histoire réunionnaise : la libération de l’île du régime d’extrême droite qui dirigeait alors la France. En ce 1er décembre 2025, la section du PCR du Port souligne l’importance de transmettre cette mémoire, profondément enracinée dans l’histoire sociale et révolutionnaire de la ville.
Samedi 29 novembre 2025, la cérémonie au cimetière marin du Port a une nouvelle fois rassemblé celles et ceux qui refusent que la mémoire s’éteigne. On y a honoré les trois Portois tombés pour la liberté et Léon de Lépervanche, syndicaliste qui dirigeait la lutte de libération au Port en 1942 ainsi que l’héritage de lutte du mouvement ouvrier réunionnais.
Se souvenir de novembre 1942, c’est reconnaître la place centrale du Port dans la défense de la liberté et de la dignité humaine. C’est rappeler que la résistance à l’extrême droite n’est pas née ailleurs : elle est née ici, dans la ville ouvrière, dans la solidarité des dockers et des cheminots, dans la conscience de classe, dans la volonté farouche des Réunionnais de ne pas se soumettre.
Car Le Port n’a jamais été un lieu comme les autres. La commune est l’épicentre des luttes car c’est là que fut construit Le Port et le centre du réseau de chemins de fer. C’est là que fut créée la Fédération réunionnaise du Travail, syndicat qui organisa les travailleurs réunionnais en solidarité avec la CGT et fut la base du CRADS. Les dockers et les cheminots, organisés, conscients et déterminés, furent à l’avant-garde des batailles progressistes. En 1940, lorsque le gouverneur et la classe dominante se rallièrent au régime de Pétain, instaurant à La Réunion un pouvoir autoritaire, raciste et réactionnaire, ce sont ces mêmes travailleurs du Port qui se trouvèrent en première ligne pour lui résister.
En novembre 1942, leur rôle devint décisif. Avec l’arrivée du contre-torpilleur Le Léopard envoyé par la France libre, les patriotes réunionnais — sous la conduite de Léon de Lépervanche, figure majeure du mouvement ouvrier — prirent la tête de la mobilisation. Le 28 novembre, les affrontements au Port furent brefs mais déterminants. Trois Portois tombèrent sous les bombes, payant de leur vie la fin de l’administration fasciste dans l’île. Leur sacrifice permit à La Réunion de rejoindre la France libre et d’envoyer ses jeunes combattre l’extrême droite sur le continent européen.
Cette tradition de lutte ne s’interrompt pas en 1942. Logiquement, c’est encore au Port que s’écrit une autre page essentielle : le congrès transformant la fédération départementale du Parti communiste — née en 1947 à Saint-Denis autour du CRADS — en Parti communiste réunionnais. Le choix du Port n’est pas anodin : c’est la ville ouvrière, la ville des combats sociaux. Le PCR y adopte une ligne anticoloniale, autonomiste et internationaliste qui marquera l’histoire politique de l’île. En 2025, cette mémoire reste un phare. Elle rappelle que l’histoire du progrès à La Réunion s’est écrite au Port — et qu’elle continue de s’y écrire.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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