Hommage

Aimé Césaire, une figure centrale du siècle

Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise

Témoignages.re / 18 avril 2008

Françoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, Carpanin Marimoutou, et toute l’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise rendent hommage à Aimé Césaire.

Il avait écrit : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».
Aimé Césaire est mort. Son immense voix s’est tue. C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que nous apprenons sa disparition.

Parrain de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise dont il a soutenu la démarche dès le début, écrivain, penseur, homme politique, Aimé Césaire a été une figure centrale du siècle.

Avec lui disparaît le plus grand poète contemporain de langue française, l’un des plus grands poètes du monde. Avec lui disparaît l’homme politique, rapporteur de la loi du 19 mars 1946 à l’Assemblée Constituante, dont la pensée et les prises de position ont influencé les combats des peuples de l’Outre-mer français pendant des décennies. Autorité morale et intellectuelle de premier plan, Aimé Césaire s’est attaqué aux questions du colonialisme et du racisme, et de la négation identitaire en appelant à un nouvel humanisme.

Le combat d’Aimé Césaire a toujours reposé sur cette conviction que l’égalité est possible sans assimilation car elle implique la reconnaissance, l’acceptation et le respect des différences, de la diversité. Ce sont des questions centrales aujourd’hui pour le monde entier ; ce sont les questions qui sont à la base de la MCUR : l’égalité des cultures, la diversité culturelle comme fondement de la démocratie et de la condition du vivre ensemble.

Aimé Césaire est mort, mais plus que jamais, comme le disait André Breton, « sa voix est belle comme de l’oxygène naissant ».