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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Un grand ami des jeunes sportifs réunionnais nous a quittés
5 septembre 2008

J’ai connu Albert Bouvard entre 1983 et 1985. Lui était le Conseiller technique régional d’athlétisme. J’étais journaliste chargé de la rubrique sport à “Témoignages”. Nous nous rencontrions autour des pistes de Champ Fleuri ou du stade Lambrakis, et j’ai vite découvert la richesse affective de ce CTR pas tout à fait comme les autres. C’est durant la semaine des 2èmes jeux de l’Océan Indien, en août 1985 à l’île Maurice, que nous nous sommes véritablement liés d’amitié. Une amitié fidèle qui a résisté durant près d’un quart de siècle à l’éloignement, lui dans son petit village niché entre Alpes et Jura où il avait pris sa retraite, moi dans mon île de La Réunion.
Je connais un certain nombre d’athlètes au firmament de leur talent dans les années 80 qui doivent aujourd’hui pleurer Albert comme leur second père. Et je pense à elles, en particulier Odile Singa, Martine Bègue, Margareth Persée, tout comme je pense au “grand” Jean-Louis Prianon, qui a rendu hier matin un hommage émouvant à celui qui a contribué à le faire “grandir”, au début de sa superbe trajectoire.
C’est que Monsieur Albert Bouvard était tout sauf un technicien de l’athlétisme enfermé dans le seul registre de la performance athlétique. Pour lui la valeur à cultiver de l’athlète était inséparable de la valeur à cultiver de la jeune personne en devenir dont il accompagnait la destinée. Educateur au sens premier du terme : celui qui vous conduit pour vous faire aller plus loin, voire vous faire aller au-delà de ce que vous pensiez être vous-même. Sur le plan sportif bien sûr, mais aussi sur le plan des études et de la formation, de la maîtrise de soi et de la maturité.
Chaque année, autour de Noël ou un peu avant la St-Sylvestre, je recevais ma lettre de vœux de St-Sorlin en Bugey. Je reconnaissais au premier coup d’œil l’écriture de mon vieil ami. Chacune de ses missives gardait au fil des ans la même sagesse teintée d’humour. J’ai tout gardé, et j’y retrouve pêle-mêle des aphorismes tel celui-ci : « Si long que soit l’hiver le printemps revient toujours » (proverbe russe), ou fin 2001 : « On n’a pas tous les jours (4 fois) vingt ans », ou encore, plus récemment : « Encore une d’écoulée... La ligne droite diminue et la hauteur des haies (c’est bien connu) augmente pour les vieux !... » Un florilège de son optimisme et de son amour de la vie...
Albert Bouvard a donné une bonne part de lui-même à toute une génération d’athlètes réunionnais qui garderont son souvenir bien au chaud dans la mémoire de leurs meilleures années... celles de leur éclatante jeunesse !
Je sais pour ma part qu’à la Noël 2008, il me manquera une missive dans la boîte aux lettres de mes chères amitiés. J’imaginerai alors ce qu’il aurait pu me dire, comme une complicité...
Alain Dreneau
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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Messages
5 septembre 2008, 22:54, par GENDRIER Michel
Je retiendrai d’Albert, plusieurs grands moments. Jeune prof de gym au lycée Ponsard de Vienne en 1960, il m’invite dès le premier soir, chez lui, autour d’un excellent repas, préparer par sa charmante épouse. Débutant, Il m’initie aux projets pédagogiques, pendant que ses enfants descendaient le Rhône en canoë. Je retiendrai, sa passion de l’athlétisme, son amour pour les autres, et son dévouement envers les plus démunis. Je lui dois l’apprentissage du Fosbury, du lancer du disque, du javelot, je lui dois l’animation des piscines, je lui dois le bonheur de ma vie professionnelle. Je me souviendrai à jamais d’une séance de saut en hauteur à Bachelard où à 60 ans tu franchissais encore 1,60 m. Je me souviendrai pour toujours de notre dernière rencontre à EYBENS, à 82 ans, tu montais les escaliers 4 à 4. Tu es un des grands enseignants d’E.P.S. que la France a connu. Merci Albert