Hommage

Belle soirée d’Hommage à Dede Lansor

Témoignages.re / 10 janvier 2019

Samedi dernier un hommage a été rendu à Dédé Lansor à Stella Matutina. De son vrai nom, André Payet, c’était un militant culturel très connu et un Réunionnais conséquent. Le spectacle avait pris la forme d’un KOKTEL FONNKER. Temoignages a eu l’occasion de présenter l’affiche de l’événement qui mettait en avant la forme d’un KOKTEL FONNKERnt toute une variété de d’artistes.

Florans Feliks Waro

Le public a vibré au rythme de la baguette de Kristof Langromme qui avait orchestré la soirée avec brio. Les participants ont été gâtés par la variété des styles qui reflètent l’exceptionnelle richesse des poètes Réunionnais. C’est une initiative à encourager.

Les acteurs culturels et les pouvoirs publics gagneraient à développer cette filière de talents Réunionnais. L’école, les centres de loisirs, les activités de quartier peuvent être des espaces d’initiation intéressants. Que pense l’organisateur de la soirée, Zakaria Mall, de l’agence Komkifo ?

Ma’leneya

1-A la vue du public, vous n’avez pas été pénalisé par le report ?

En effet, initialement prévu le mercredi 5 décembre 2018, le spectacle a finalement eu lieu le samedi 5 janvier 2019 et ce n’était pas pour nous déplaire car il n’y a pas pire que de montrer la richesse du patrimoine culturel réunionnais et le foisonnement des talents locaux un jour de semaine. Le public est venu très nombreux pour ce spectacle de fonnker, un genre propre à notre identité culturelle. Aux dires de certains spécialistes de la culture peï, ceci semble être un concept innovant. Pour nous, il se situe véritablement dans le prolongement des actions d’émancipation que nous menons dans le cadre d’une meilleure prise en considération de notre diversité culturelle et de nos spécificités et originalités.

2-Peut on parler d’une nouvelle génération de poètes Réunionnais ?

Des nouveaux talents sont venus s’ajouter aux nombreux fonnkézer. D’ailleurs, les zarboutan étaient présents (Patrice treuthardt, Expédite Cerneaux, Monique Séverin, Céline Huet, Serz Daffreville...) car ils avaient la charge de désigner un Koudker masculin et un koudker féminin à la fin de la soirée. Il y a eu, ces dernières années, une transmission et un engouement pour lékritir an kréol. La langue créole est le principal dénominateur commun à tous le Réunionnais. Il était important de mettre l’accent sur ce zarlor car nous pensons que l’épanouissement et le développement humain ainsi que le bonheur de chacun de nos compatriotes réunionnais passent par la reconnaissance, la sauvegarde et par l’enseignement de notre Histoire, de notre géographie, de notre pensée, de notre langue... De plus, la culture peut être également un puissant levier économique et je pense que nous pouvons développer notre pays par le biais de l’art et de la culture. La sélection des artistes a été difficile et j’ai dû faire des choix artistiques.

Kristof Langromme

3-Qu’avez vous prévu pour la suite ?

Il reste encore beaucoup de travail dans le sens où ce refoulement de notre culture, ce déni de notre histoire, ce mépris du kréol ont eu des conséquences négatives, graves et durables sur plusieurs générations. Astèr, mi pans ke nou la beswin artouv nout limanité, nout la beswin artrouv nout fièrté, artrouv nout dinité. Nou la beswin osi travay dsi nout konpleks linfériorité. Nou la beswin anfin valoriz nout gayarsité, nout batarsité, nout renyonezté. Nous avons prévu de nous lancer dans la création d’outils pédagogiques à destination des scolaires et des adultes. Nous continuerons également à proposer des actions d’émancipation (conférences, ateliers de la pensée, expositions d’art, spectacles de fonnker...) et nous cherchons également à combattre illettrisme par des moyens ludiques et originaux. Nous sommes une agence indépendante d’ingénierie culturelle. Par conséquent, nous restons également à disposition de toute sorte de collectivités pour des conseils, un accompagnement de projets ou pour éventuellement une réorientation de leur politique culturelle.

Correspondant