Hommage

Décès de Bruny Payet : condoléances de REAGIES et de la Section PCR de Saint-Leu

Simone Yée Chong Tchi Kan / 14 septembre 2020

Bruny Payet, un des membres fondateurs du Parti communiste réunionnais, aux côtés de Paul Vergès et fondateur du syndicat de la CGTR, ancien secrétaire général s’est éteint ce dimanche 13 septembre 2020, à l’âge de 98 ans.

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98 années d’une vie riche de militantisme, de combats sociaux ! Cet ingénieur qui a sacrifié un brillant avenir professionnel en Algérie pour revenir dans son île natale et servir ses idéaux et ses convictions !
Bruny, que dire de ton combat, de toute l’énergie que tu as donnée aux travailleurs réunionnais, par là-même à nous tous, et ce au détriment de ta vie de famille, de ta vie en soi tout simplement..!
Tu fais partie de ceux qui ont marqué de leur empreinte l’histoire politique et syndicale de La Réunion et il y aurait tellement à dire.

Premier Réunionnais à obtenir un diplôme d’ingénieur électricien à l’Ecole Supérieure d’Electricité de Paris (1946) où il est entré après un engagement dans les Forces Françaises Libres (FFL) en 1942, pour combattre le nazisme et le fascisme et la guerre prenant fin... « Trop diplômé, selon l’administration française, pour exercer et diriger une administration à la Réunion », il va faire partager son savoir en Algérie
De retour dans son île, l’Histoire retiendra de nombreux engagements ;
Directeur Général des Services ; Administrateur de presse, Secrétaire général de la CGTR (1974-1987) ; Membre du comité central du Parti Communiste Réunionnais (PCR) ; conseiller général de La Réunion (1968 -1992.) Conseiller régional élu en 1983. Décoré Chevalier de la Légion d’Honneur, sur proposition du secrétaire d’Etat aux Dom-Tom, Henri Emmanuelli.
Directeur Général des Services de la Ville de Saint-André où le Docteur Raymond Vergès était le Maire en 1953 et fut destitué de son poste à la mort de celui-ci en 1957 et tenta de se faire embaucher dans l’Education nationale, sans succès, car l’administration lui barra la route malgré ses diplômes.

En 1955, avec Paul Vergès, il participe au sauvetage de l’usine sucrière de Quartier Français de René Payet.
Durant ses mandats de conseiller général, il dénonça (le 16 décembre 1968) la déportation de 631 enfants dans le cadre du Bumidom ; à l’occasion de la délibération sur un rapport concernant la création de postes d’éducateurs en milieu ouvert à la Réunion : il dénonça également avec force « (…) la politique qui concerne les jeunes enfants de deux ou trois ans que l’on envoie dans la Creuse (…) »

Secrétaire général de la CGTR, Confédération générale des travailleurs réunionnais (1974-1987) En 1976 il devint le directeur et gérant de l’organe de presse de la CGTR « le Travailleur réunionnais ».
Le 28 février 1982, dans une résolution de la commission exécutive de la CGTR, il demanda la fermeture du Consulat d’Afrique du Sud à la Réunion.

Porte-parole du Comité local de coordination pour l’autodétermination, il s’est élevé contre le projet de création d’une base militaire à Pierrefonds, dans le sud de l’île et d’une base de radionavigation du système mondial américain Oméga à Saint-Paul (19 juin 1973).

Jusqu’à son dernier souffle, il a continué à se battre pour la cause réunionnaise… Malgré sa maladie, il a tenu à tracer l’histoire de la solidarité réunionnaise avec Madagascar lors de conférence organisé par REAGIES à Saint-leu (décembre 2016-massacre de 100 000 Malgaches par l’armée française en mars 1947 de Madagascar).

Il y aurait beaucoup trop à dire et à écrire, Un grand militant s’en va ! Fidèle à son combat, la gloire est venue vers lui et non le contraire... Puisse-t-il nous servir d’inspiration !

Que l’engouement de celui qui symbolisait la vieille génération des combattants fidèles jusqu’à la dernière minute soit un exemple pour nous tous ».

En mon nom personnel, et au nom de la section PCR Saint-Leu, et au nom de Réagies, sincères condoléances à tous.

Simone Yée Chong Tchi-Kan