Hommage

Emouvant hommage à Édouard Savigny

10 décembre 2017 à Saint-André

Jean-Paul Ciret / 11 décembre 2017

En cette matinée du 10 décembre 2017, le Cimetière du centre-ville de Saint-André a été le théâtre d’une émouvante manifestation d’hommage à Edouard Savigny, assassiné 50 ans auparavant, à deux pas de son entrée, à l’occasion de ce qu’à l’époque, on appelait une journée d’élections, à La Réunion !



Une importante et significative délégation de la section de Saint-André du PCR était accompagnée de plusieurs militants du Port et de Sainte-Suzanne, en particulier, mais aussi d’Ary Yee Tchong Tchi Kan, Secrétaire du Parti et d’Elie Hoarau, son Président.

Ce n’était pas, non plus, sans émotion, que l’on se devait de noter la présence d’enfants, et même de petite enfant, de camarades et responsables de la section, aujourd’hui disparus.

Tour à tour, Jacky The-Seng, secrétaire de la section, puis Paul Dennemont, sa mémoire vivante, ont rappelé les circonstances de la mort d’Edouard Savigny, en associant à son souvenir les militants aujourd’hui décédés, qui ont tellement donné de leur vie pour la lutte du peuple réunionnais, mais aussi les victimes directes de la répression coloniale, dont Edouard Savigny représente un exemple spécialement symbolique.

Il était aussi évident que la marque indélébile de Paul Vergès planait sur cette émouvante et fraternelle manifestation de solidarité militante, lui qui s’est tellement battu à Saint-André, personnellement et à travers l’engagement de Laurent, et qui avait été victime, le 10 décembre 1967, de la violence coloniale. Pour sa part, Elie Hoarau, dans une intervention très dépouillée mais d’une très grande justesse idéologique, a parfaitement su replacer les tragiques années de la période de répression violente des aspirations du peuple réunionnais à la Liberté et à la Justice, dans le long processus auquel sont confrontés tous les peuples de la Terre : rien n’est jamais obtenu sans lutte, qui passe par des moments plus ou moins difficiles, plus ou moins brutaux ou d’une violence plus subtile, comme c’est le cas aujourd’hui. C’est à ce prix que le peuple réunionnais finira par exercer son droit légitime à la responsabilité qui lui vaudra d’accéder véritablement à la Liberté.

Ainsi, au-delà de l’émotion légitime, ponctuée par le dépôt d’une gerbe et de roses rouges sur la tombe d’Edouard Savigny, c’est à l’expression d’une volonté résolue de lutte pour le présent et l’avenir, qu’a donné lieu cette belle manifestation de solidarité humaine et militante à Saint-André !

Jean-Paul Ciret