Neuvième anniversaire de sa disparition et centenaire de sa naissance

En Hommage à Paul Vergès : c’était dans l’Est

12 novembre 2025, par Paul Dennemont

Le 12 novembre 2016, Paul Vergès nous quittait. Ce neuvième anniversaire de sa disparition coïncide cette année avec le centenaire de sa naissance. Il est à souligner que dans le cadre de cet évènement, et en son hommage, des conférences, des rencontres de réflexions ont eu lieu et de nombreux articles de presse lui ont été consacrés, pour faire vivre sa mémoire et pour que personne n’oublie sa contribution à notre pays.

C’est une évidence. La Réunion entière est redevable des luttes menées par Paul Vergès. Il a consacré toute sa vie et son énergie à se battre aux côtés du peuple réunionnais — du Nord au Sud, d’Est en Ouest de l’ile — pour l’application des droits, pour la démocratie, la liberté et le développement du pays. Sur ce plan, l’Est et Saint-André plus particulièrement lui doivent beaucoup. D’ailleurs, on estime que c’est dans cette commune où son père Raymond Vergès, fut maire (1948-1957) et médecin, que le fondateur du PCR a mené ses plus grandes et difficiles batailles. En tout cas, beaucoup d’entre elles ont eu pour champ, le territoire de Saint-André. Une commune avec laquelle Paul Vergès avait construit des liens très forts et où il jouissait d’une popularité exceptionnelle.

Des luttes qui ont marqué l’histoire

La première grande bataille fut celle appelée « La bataille de Quartier-Français », en 1955 où le rôle de Paul Vergès a été déterminant dans le très grave conflit entre industriels sucriers. Son charisme, sa capacité d’écoute et de rassembler planteurs, ouvriers, syndicats et usinier, permirent de sauver l’unité sucrière. Un combat extraordinaire et une fin heureuse qui retentirent dans toute la Réunion. Peu après, suivra un autre combat — celui-là, beaucoup plus politique — à Saint-André, suite à la disparition du Dr Vergès le 2 juillet 1957 et la dissolution de la municipalité par le Préfet Jean Perreau-Pradier. Il s’agit de la municipale du 15 septembre 1957. Une odieuse mascarade. Les fraudeurs attribuant 25 voix à la liste conduite par Paul Vergès ! Un véritable scandale, une journée de honte pour la Réunion qui ne pouvaient que renforcer la détermination de Paul Vergès et de son Parti à résister et à poursuivre la lutte aux côtés de la population révoltée.

L’énergie et la détermination sans faille de Paul Vergès

La poursuite du combat contre la suppression de toute vie politique démocratique dans notre pays, amène Paul Vergès à la législative de novembre 1962, dans la 1ère circonscription (Saint-Denis à Saint-Benoit) et après annulation du scrutin, à l’élection partielle du 5 mai 1963 où les urnes bourrées vomissent à Michel Debré — appelé à la rescousse — plus de 80 % des voix. Le scandale est tel que l’ancien Premier ministre est qualifié par la presse nationale « d’élu de la république bananière » ! Cette énième mascarade n’ébranle pas d’un iota la détermination du fondateur du PCR — exclu de l’audiovisuel — à poursuivre dans la région, la lutte pour la dignité du Réunionnais et le respect du suffrage universel. En dépit de la bassesse des attaques de ses adversaires, nous retrouvons Paul Vergès à Saint-André, candidat au double scrutin — municipal et cantonal — du 10 décembre 1967 et qui sera lui aussi annulé pour fraude. La violence de la campagne électorale et l’assassinat d’un militant communiste n’effarouchent pas le dirigeant du PCR. Retour aux urnes, les 14 et 21 décembre 1969 où en dépit des mêmes et pires méthodes utilisées, il manque à Paul Vergès 290 voix à la municipale et 168 à la cantonale pour l’emporter.
Rappelons que Paul Vergès a été aussi candidat — toujours dans l’Est — aux législatives des 5 et 12 juin 1988 créant l’affolement chez ses concurrents. Des alliances contre nature et des trahisons lui ayant privé d’une victoire assurée, au second tour. Enfin comment oublier ces innombrables réunions de planteurs, d’ouvriers agricoles et d’usines et meetings politiques qu’il y a tenus au cours de toutes ces années tragiques de la période de répression violente.
Souvenons-nous de cet engagement constant de Paul Vergès au service des réunionnais, de ces grandes batailles qui ont permis notre pays d’avancer. Se souvenir, c’est s’opposer à l’oubli, mais aussi une autre manière de poursuivre le combat.

Paul Dennemont

A la Une de l’actuParti communiste réunionnais PCRPaul Vergès

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus