Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
9 mars 2019, par

Voilà tout juste une semaine que tu nous as quittés. Te voilà maintenant sur l’autre rive avec tous ceux qui t’ont accueillis. Comment là-haut as-tu été salué ? Un solennel « Bienvenue Monsieur Florent Rocheland » ou tout seulement « Salut Goulou » ?..
J’ai, pour ma part, envie de te dire que tu laisses ici-bas, bien cher Goulou, des proches et des amis fort attristés par ton départ. Oui, tu le devines, notre peine fut grande et les larmes qui nous ont alors secoués, au centre funéraire de Prima au moment de saluer ton épouse, ton fils, tes frères et sœurs, neveux et nièces, oui, nos larmes disaient bien l’affection que tous nous te portons.
Mais il n’eut pas que ces réactions qui sont normales quand un être cher disparaît. Nous sommes nombreux à nous être rappelé les moments de forts engagements ou de franche gaité que nous avons connus avec toi. Il y a des signes qui ne trompent pas.
Lors de la cérémonie religieuse en l’église Sainte Jeanne d’Arc au Port, en écoutant une de tes nièces faire le récit de ta vie de militant pour les droits des Réunionnais, nous avons été nombreux à ressentir le frisson d’une profonde émotion. C’est vrai que, à l’époque, se battre pour de tels idéaux n’était pas sans risque pour notre tranquillité, voire notre carrière professionnelle. Tu fus de ceux qui n’ont pas hésité alors à clamer leur détermination pour que notre cri pour l’égalité des droits soit demain entendu. Et il le sera…
Et puis tout l’amour filial que Sébastien, en retenant ses larmes jusqu’à la dernière seconde, a tenu à t’exprimer a touché toute l’assemblée.
Maintenant, je vais te conter quelque chose qui fera peut-être apparaitre sur ton visage un petit sourire ému.
Lorsque, juste avant de t’emmener à ta dernière demeure, les hauts parleurs de l’église nous ont surpris en portant jusqu’à nous la musique de « Souk à li », le morceau que ton orchestre « les Glous Glous » avait à l’époque enregistré et rendu populaire, nombre d’entre nous essuyaient des larmes. Ce fut là un grand moment de communion avec toi.
Pas des larmes de tristesse ou de joie. Non… plus que cela : c’étaient des larmes de fierté débordant d’émotion et de reconnaissance pour l’ami qui nous avait un jour tant apporté et dont – nous le ressentions bien - c’était la toute dernière tape amicale et fraternelle sur l’épaule.
Alors revenaient dans nos souvenirs ces passionnantes parties de poker, entre amis, à La Possession, chemin Moulin Joli chez Philippe ou à Saint-Benoit, chemin Maingard chez Luçay, chaleureuses parties de poker qui faisaient toujours suite à un bon repas créole. Et puis, en d’autres circonstances, « Souk à li » en ambiance de fond…
Ton départ, cher Goulou, laisse un grand vide chez nous. Et j’aimerais tant que tu aies pu ressentir l’émotion de ceux dont tu étais entouré sur ton lit du CHD lors de tes derniers instants de vie ou encore combien portaient loin les regards de ton ami Luçay et de ton neveu Christophe lorsque, au sortir de l’église, ils tenaient au bout de leurs mains ta grande photo et la lourde croix qui est désormais sur ta tombe…
Raymond Lauret
Nos peines
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9 mars 2019, 11:42, par MichelM
Emouvant. Cela me laisse sans voix