Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Georges-Marie Lepinay
VELOMA GISÈLE RABESAHALA
30 juin 2011, par

Georges-Marie Lépinay a bien connu Gisèle Rabesahala qui a mené un « combat pour l’indépendance, la démocratie et la libération du peuple Malgache ».
Comment avez-vous connu Gisèle Rabesahala ?
- La première fois que j’ai rencontré Gisèle, c’était à l’occasion du second Congrès du Parti communiste réunionnais, dans les années 1960. Elle était venue au titre de représentante de l’AKFM afin d’exprimer son soutien aux combats menés par le PCR. Cet évènement était en réalité des retrouvailles car elle était venue à La Réunion dans les années 1950. Frappée par les luttes menées par les communistes réunionnais, elle a par la suite été interdite de séjour à La Réunion, du fait de son soutien au PCR. Après le congrès du PCR, un grand meeting a eu lieu à Saint Paul, à cette occasion, elle a tenu un discours de soutien au PCR. Au cours de ces différentes visites, elle a tissé des liens avec les militants réunionnais, notamment les femmes.
Quelles étaient vos relations avec elle ?
- Au début, nous avions des relations de militant à militant. Par la suite, lorsque j’ai été intégré au secrétariat général de la CGT, nos relations s’étaient intensifiées. Nos échanges étaient autour du syndicalisme, d’autant que lorsque je suis allé avec des copains à Madagascar, visiter les différents syndicats présents dans l’île, nous avions des échanges avec Gisèle. Après, il y a eu de nombreuses actions de solidarité avec les syndicats de Madagascar. Gisèle était alors incontournable, on avait affaire avec elle pour tout ce qui était du domaine politique et syndical.
Nous avions également eu des échanges d’ordre personnel, loin des institutions, lorsque nous avions un stand à la fête de "l’Humanité". Cette fois-ci nous avions invité nos amis Malgaches à partager un stand afin qu’ils rencontrent d’autres partis et organisations. Gisèle était présente et a pu rencontrer le Secours populaire de France, la Ligue des droits de l’Homme, des représentants politiques et d’association. Elle a également pu revoir des amis, car à cette époque, la situation à Madagascar était difficile, elle ne pouvait pas quitter le pays facilement.
Que représente cette disparition pour vous ?
- Comme je l’ai dit, Gisèle était incontournable. Elle était une vraie représentante de l’AKFM, quand elle est devenue ministre, cela a été une reconnaissance pour son dévouement et son travail. Elle était la grande sœur des Malgaches et pour nous, Réunionnais, le PCR a dit ce qu’il fallait pour rendre hommage à la grande dame qu’est Gisèle Rabesahala. Le combat pour l’indépendance, la démocratie et la libération du peuple Malgache a amené Gisèle à rencontrer beaucoup de monde tant à Madagascar, à La Réunion que dans le monde. Elle a d’ailleurs soutenu tous les mouvements indépendantistes et anticoloniaux en Afrique et dans notre région. Gisèle était une grande dame.
Propos recueillis par Céline Tabou
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