Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
18 octobre 2017, par

Chez certaines peuplades micronésiennes, une coutume voulait, pour que l’île restât une île, que l’on enfonçât chaque année un peu plus un grand clou dans le sol. La croyance voulait que cela empêchât l’île de dériver jusqu’à une autre terre.
Aude-Emmanuelle Hoareau de la même manière a enfoncé des clous, des clous qui ont pénétré profondément le basalte de la terre réunionnaise, une terre de souffrances, d’exil, d’esclavages, de violences, de métissages, de vivre-ensemble, et d’espoirs. Ses clous avaient pour noms : « Concepts pour penser créole » (2010), et « Manifeste pour une pensée créole réunionnaise » (2011) rédigé par un collectif qu’elle dirigea et qui fut publié par le Cercle philosophique réunionnais où je la rencontrais. Par ses travaux, elle a sondé et synthétisé l’âme créole réunionnaise, elle a cherché à mieux définir la pensée qui constitue l’ici, l’hic et nunc, pour mieux interagir avec elle.
Derrière cette auteure, je salue une excellente personne, munie des rares qualités - quand on a un tel degré de formation, de discrétion - d’humilité et de modestie.
Mille pensées à ses proches et à ses ami.e.s.
Jean-Baptiste Kiya, chroniqueur à Témoignages
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