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La disparition d’Yvette Roudy est celle d’une femme qui aura profondément marqué l’histoire des droits des femmes en France. Mais son histoire ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone. Elle croise directement celle de l’Union des Femmes Réunionnaises.
Dans les années 1980, alors que l’UFR soutenait une Réunionnaise qui avait eu le courage de porter devant la justice une affaire de corruption harcèlement sexuel de la part de son employeur, un restaurateur de Saint Pierre, cette mobilisation contribua à provoquer la venue à La Réunion d’Yvette Roudy.
Cette venue à constitué un épisode important de l’histoire des combats féministes à La Réunion. Elle témoigne de la capacité des femmes réunionnaises à faire entendre leurs revendications et à inscrire leurs combats dans le mouvement plus large de conquête des droits des femmes.
Cette rencontre dit beaucoup de la continuité entre les combats portés au niveau national et ceux menés ici par les femmes réunionnaises. Elle rappelle surtout que les droits ne progressent que lorsque des femmes se lèvent, témoignent, s’organisent et refusent de se taire.
De 1981 à 1986, Yvette Roudy fut la première et la seule ministre de plein exercice des Droits de la femme de la Ve République. Durant cette période, des avancées majeures ont été obtenues : le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale, la première loi sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en 1983, ainsi que des campagnes d’éducation à la sexualité.
La loi de 1983 sur l’égalité professionnelle constitue notamment une avancée historique. Elle affirmait que l’égalité entre les femmes et les hommes devait trouver sa traduction concrète dans le monde du travail, dans l’accès à l’emploi, aux responsabilités et aux droits. Mais le combat pour l’égalité ne s’est pas arrêté là. L’UFR a continué à porter de nouvelles revendications, notamment celle de la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans la vie politique.
C’est en 1993 que, pour la première fois, à l’UFR, nous avons pris position sur ce sujet, soit sept ans avant que la parité ne soit inscrite dans la loi de juin 2000.
Cette chronologie dit quelque chose de l’engagement de l’UFR : les militantes réunionnaises ont souvent porté les revendications avant même qu’elles ne deviennent des obligations légales. La parité n’est donc pas apparue soudainement dans le débat public avec la loi de 2000 ; elle est le fruit de décennies de mobilisations féministes et d’une évolution profonde de la société.
Yvette Roudy aura également contribué à faire du 8 mars une date pleinement institutionnalisée et politique en France, donnant une visibilité nouvelle aux combats pour les droits des femmes.
Cette avancée faisait écho à un combat déjà porté à La Réunion. L’UFR s’était mobilisée dès les années 1970 pour la reconnaissance de la Journée internationale des femmes du 8 mars, inscrivant très tôt cette journée dans l’histoire des luttes féministes réunionnaises.
Ainsi, les combats nationaux d’Yvette Roudy et ceux de l’UFR se sont nourris d’une même conviction : l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être une simple déclaration de principe. Elle doit se traduire par des droits, des lois, des politiques publiques et des transformations profondes de la société.
Son engagement reste d’une grande actualité.
Car les droits conquis ne sont jamais définitivement acquis. L’égalité professionnelle demeure inachevée. Les violences faites aux femmes continuent de toucher massivement notre société. Les inégalités économiques et sociales persistent. Et le droit des femmes à disposer librement de leur corps fait encore l’objet de remises en cause.
À La Réunion, l’UFR poursuit ce combat avec la même détermination. Rendre hommage à Yvette Roudy, ce n’est donc pas seulement regarder une page importante de notre histoire. C’est rappeler que les conquêtes sociales sont le fruit de femmes qui ont osé se lever, parler, s’organiser et agir.
De la mobilisation d’une femme réunionnaise confrontée au harcèlement sexuel à la venue d’Yvette Roudy à La Réunion, des combats pour l’égalité professionnelle à ceux pour la parité, des revendications de l’UFR aux grandes lois nationales, une même histoire se dessine : celle de femmes qui refusent de se taire et qui transforment leurs luttes en droits.
L’Union des Femmes Réunionnaises salue avec respect et émotion la mémoire d’Yvette Roudy.
Son combat a contribué à changer la vie des femmes.
Le 18 août 2026.
L’Union des Femmes Réunionnaises
30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique
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