Hommage

La CGTR orpheline : Bruny Payet s’en est allé

Témoignages.re / 14 septembre 2020

En ce dimanche 13 septembre, Bruny Payet, l’ancien secrétaire général de la CGTR s’en est allé à l’âge de 98 ans, plongeant l’ensemble de la CGTR et les travailleurs qui l’ont connu dans la consternation.

JPEG - 41.9 ko

Membre fondateur du Parti communiste réunionnais en 1959, Bruny Payet avait dirigé la CGTR de 1971 à 1985. Bruny, fils de petit planteur de la Rivière Saint-Louis, s’était engagé durant la deuxième guerre mondiale au sortir du lycée. Au sein du PCF d’abord, puis en Algérie où il avait été envoyé après sa démobilisation en tant qu’ingénieur. Renvoyé de l’Algérie pour militantisme, il avait rejoint, avec sa femme, La Réunion où sa vie n’a été que militantisme, au sein de la fédération de la Réunion du parti communiste français d’abord, au côté du Dr Raymond Vergès, puis, à partir du PCR dont il est un co-fondateur avec Paul Vergès, Daniel Lallemand, Max Rivière et bien d’autres dont Maurice Labenne, ancien secrétaire confédéral de la CGTR

Depuis, Bruny n’a cessé de militer. Aux côtés de Dr Vergès dont il fut un des principaux collaborateurs à Saint-André, sous son majorat, puis à Témoignages dont il fut le directeur de publication. A ce titre il connut toutes les saisies du journal et des procès qui s’en suivaient. Sur le plan politique, Bruny fut le candidat tous azimuts malgré la fraude, la violence et la répression qui sévissaient impunément : aux législatives dans la 2eme circonscription, puis à Saint-Denis dans la 1ère, aux municipales à Saint-Benoit face à David Moreau, aux cantonales à Petite Ile, à Saint-Paul (où il fut élu avec Evenor Lucas et Jean Baptiste Ponama), etc Rien le rebutait dès lors que les camarades le désignaient ou le réclamaient.

Être candidat, ce n’était pas simple à cette époque de fraudes électorales, de violence et de répression, rien ne rebutait Bruny. Elu (minoritaire), comme ce fut le cas au conseil général, n’était pas plus simple. Bruny assumait.

De la même manière qu’au plan politique, il fut sans retenue aucune sur tous les terrains syndicaux : action et grève des Dockers : Bruny était là aux premières heures aux côtés des dockers ; action et grève avec les travailleurs du bâtiment sur la route du littoral, Bruny était là. Il était partout où les travailleurs agissaient.
Sur le chantier de Takamaka, sur les grandes exploitations agricoles de l’Est, dans le sud, dans la zone industrielle, partout, aux côtés des travailleurs, dans leurs luttes.
Tel était Bruny Payet. Un grand dirigeant de la CGTR et dirigeant syndical. Un grand réunionnais.
Avec lui, la CGTR perd un de ses grands fondateurs, le mouvement communiste et progressiste un grand Militant.

Jacques Bhugon



Un message, un commentaire ?

Signaler un abus



Messages






  • J’au eu l’occasion de le rencontrer dans le cadre de mes fonctions de directeur du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Réunion ; C’était visionnaire qui plaçait toujours en priorité les intérêts de la Réunion avant les intérêts personnels .Pour lui la meilleure solution pour notre nouvelle route du littoral était de creuser un tunnel suffisamment dimensionné entre saint Denis et la possession . Si on l’avait écouté cette route serait ouverte à la circulation depuis longtemps .

    Article
    Un message, un commentaire ?