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4 juin, parNos peines
VELOMA GISÈLE RABESAHALA
Un article de Gisèle Rabesahala
28 juin 2011

Le 3 mai 2010, le Comité de solidarité de Madagascar célébrait son 60ème anniversaire. À cette occasion, Gisèle Rabesahala a rédigé pour ’Témoignages’ un article qui retrace la création du Comité de solidarité. Cet article fut publié le 5 mai 2010, date du 66ème anniversaire de ’Témoignages’. Voici la reproduction de cet article.
« Le 3 mai 1950, des jeunes patriotes malgaches décidèrent d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les conditions inhumaines dans lesquelles étaient détenus quelque 5.000 patriotes et sur le drame vécu par leurs familles. Ainsi naquit le Fifanampiana Malagasy qui, durant plusieurs années, dans des conditions difficiles et parfois périlleuses, dénonçait la répression, exigeant que cessent les exécutions des condamnés à mort et que soient libérés les prisonniers politiques. Le slogan « L’amour de la patrie n’est pas un crime » fut le leitmotiv de ces revendications.
Les échos de cet engagement du Comité de Solidarité se répercutèrent en France, où des partis politiques, dont le Parti Communiste Français, des associations humanitaires telles que le Secours Populaire Français, le Comité pour l’amnistie outre-mer présidé par le Professeur Louis Massignon de l’Institut, les syndicats tels que la CGT, des élus de Gauche, mais également de Droite, se joignirent à ce mouvement pour exiger Justice pour les Malgaches.
Dans ce large mouvement de solidarité, le peuple réunionnais ne fut pas en reste :
- Ainsi, dès que parvinrent en France les échos de la répression et du Procès inique intenté aux dirigeants nationalistes, les députés élus de La Réunion, le Dr Raymond Vergès et Léon Lepervanche, s’associèrent aux démarches des membres de l’Assemblée Nationale française pour dénoncer ces injustices. Ils figurent parmi les co-signataires des nombreuses propositions de loi déposées au Palais-Bourbon pour obtenir l’amnistie en faveur des prisonniers politiques de 1947.
- En 1953, lors du premier Congrès du Comité de solidarité, une délégation de la fédération réunionnaise de l’Union des Femmes de France, conduite par Isnelle Amelin, accompagnée de Marie Tardivel, apportait à leurs sœurs malgaches l’assurance de leur solidarité.
- En 1955, à l’occasion du 2ème Congrès du Comité de solidarité, ce fut Paul Vergès qui y représentait la fédération réunionnaise du Parti Communiste français, aux côtés de Sylvie Laugier, déléguée de l’Union des Femmes de France, fédération de La Réunion.
- à La Réunion, à l’initiative de l’Union des Femmes de La Réunion, une pétition fut lancée pour exiger l’amnistie des prisonniers politiques malgaches ; elle réunit plusieurs centaines de signatures.
Ce passé d’une coopération exemplaire en des périodes difficiles entre les peuples malgache et réunionnais mérite d’être rappelé en ce soixantième anniversaire du Comité de solidarité de Madagascar, car les événements de 1947 à Madagascar s’inscrivent dans l’Histoire en tant qu’éléments fondateurs de la lutte de libération du peuple malgache, qui célèbre cette année le 50ème anniversaire de son Indépendance ».
Gisèle Rabesahala
Nos peines
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