La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
14 mars 2008 - 14 mars 1978 : il y a 30 ans, Rico Carpaye était tué par les nervis de la droite
17 mars 2008, par

Les télescopages de dates sont le plus souvent le fruit du hasard. Mais ils déclenchent une résurgence de la mémoire collective quand les deux dates sont l’une et l’autre riches de symboles.
C’est ce qui s’est passé en ce vendredi 14 mars 2008, jour de l’élection au Port de Jean-Yves Langenier par le nouveau conseil municipal. Le 14 mars en effet rappelle aux Portois un événement funeste et les ramène 30 ans en arrière.
Il y eut en effet 30 ans ce vendredi, que fut tué le jeune Rico Carpaye, au passage meurtrier d’un convoi de voitures bourrées de nervis, mené par Paul Bénard et Jean Fontaine. C’était le 14 mars 1978. C’était au rond-point du Sacré-Cœur entre la ville du Port et le village de la Rivière des Galets. C’était au lendemain d’une élection législative où le défilé des fraudeurs était venu provoquer froidement le peuple du Port.
Le souvenir de Rico Carpaye, cet adolescent de 17 ans fauché en pleine jeunesse, est resté ancré au coeur d’innombrables camarades, sans parler du cercle de celles et ceux qui l’ont connu et aimé, sa famille en tout premier lieu, ses proches et ses amis.
Une avenue de la cité maritime porte son nom, elle ouvre sur la ville en descendant du rond-point des Danseuses. Elle est là pour rappeler chaque jour que la démocratie, le respect du suffrage universel, le calme et la dignité imposés par la population portoise, n’ont pas toujours existé, ne sont pas tombés du ciel comme des cadeaux tout enrubannés. Ces valeurs si précieuses ont été conquises de haute lutte, grâce au combat de générations de démocrates et de militants. Conquises dans les actes de courage, les sacrifices, et parfois même au prix du sang. Comme pour Rico Carpaye.
Or il se trouve que dans son discours solennel d’ouverture du nouveau Conseil municipal, Jean-Yves Langenier a rappelé avec force cette lignée de luttes. Il a tenu à rendre hommage à celles et ceux qui ont créé les conditions d’une démocratie rendue à sa dignité : « Cette victoire du 9 mars 2008 est le résultat d’un travail mené sans relâche pour le développement de notre commune. Cette victoire est aussi un héritage de la tradition démocratique portoise, une tradition transmise de génération en génération par ceux qui nous ont précédés et qui ont lutté pour le respect de valeurs fondamentales telles que le progrès social, la démocratie, la solidarité, le partage, l’identité réunionnaise ».
14 mars 2008 - 14 mars 1978 : la mémoire collective populaire n’a pas oublié. Et les jeunes qui arrivent aux responsabilités puisent dans ce patrimoine de luttes la force qui est déjà la leur aujourd’hui.
Alain Dreneau
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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