Hommage

Laurent Vergès était « fier d’être Réunionnais, fier d’être communiste »

Hommage du PCR à Laurent Vergès

Manuel Marchal / 13 octobre 2018

Ce vendredi au cimetière paysager du Port, le Parti communiste réunionnais a rendu hommage à Laurent Vergès, décédé voici 30 ans.

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Le 12 octobre 1988 disparaissait Laurent Vergès. Militant du PCR, il fut amené à exercer d’importantes responsabilités. Il assuma un mandat de député en 1987, et fut réélu dès le premier tour en 1988 dans la 2e circonscription qui allait alors de La Possession à Saint-Louis. Avant cela, il milita notamment à Saint-André où il participa à des campagnes électorales qui étaient de véritables combats, en raison des méthodes utilisées par la municipalité en place. Sa disparition avait laissé les Réunionnais orphelins de sa « jeunesse rebelle », et lors de l’éloge funèbre prononcée lors des obsèques de Laurent Vergès, Élie Hoarau avait rappelé la nécessite que se lèvent d’autres Laurent.
Hier, 30 ans après le décès de Laurent Vergès, le Parti communiste réunionnais lui a rendu hommage au cimetière paysager du Port, lieu de sa dernière demeure. Des militants représentant des Sections communistes de toute l’île ont participé à cet événement. Ils se sont rendus ensemble devant la tombe où Laurent Vergès repose, aux côtés notamment de ses parents Paul Vergès, fondateur du PCR, Laurent Vergès, une des fondatrices de l’UFR, ainsi que de son grand-père, le Docteur Raymond Vergès, fondateur de Témoignages.

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Intervention de Maurice Gironcel.

« Nou lé pa plis, nou lé pa mwin, réspèkt anou »

L’hommage a commencé par une minute de silence à la mémoire du militant disparu. Puis, après le dépôt de la gerbe, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, est intervenu. Il commença par rappeler une phrase prononcée par Laurent Vergès à la tribune de l’Assemblée nationale, passée à la postérité : « Nou lé pa plis, nou lé pa mwin, réspèkt anou ». Ce mot d’ordre s’élevait contre le refus du gouvernement d’accorder aux Réunionnais l’égalité inscrite dans la loi du 19 mars 1946. Le gouvernement de l’époque avait même inscrit l’inégalité dans la loi, c’était la « parité ». Pour protester contre ce fait et accentuer la mobilisation, Paul Vergès et Élie Hoarau avait démissionné de leurs mandats de députés, a rappelé Maurice Gironcel. Le pouvoir pouvait compter sur des complices, comme Jean-Paul Virapoullé, qui avait brandi une bouteille de rhum à l’Assemblée nationale, affirmant en substance que l’égalité donnera plus de moyens aux Réunionnais pour s’alcooliser.
Maurice Gironcel a souligné que « beaucoup reprennent » nou lé pa plis, nou lé pa mwin, réspèkt anou. Ce message a marqué l’esprit de nombreuses personnes, et pas seulement des communistes.

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La gerbe déposée par le PCR.

Le secrétaire général du PCR a évoqué ses rencontres avec Laurent Vergès à l’époque de l’émigration, quand Maurice Gironcel militait avec Jean-Marcel Courteaud pour que les travailleurs réunionnais des PTT puissent avoir les mêmes droits que les autres, et avec Maurice Soubou. « Laurent Vergès était très proche de la population », a souligné Maurice Gironcel qui conclut en évoquant un des combats du disparu, les municipales de Saint-André en 1983. Cette élection avait été gagnée pour Laurent Vergès, mais Jean-Paul Virapoullé était resté maire en recourant à une fraude lui permettant d’être devant pour 47 voix. « Laurent Vergès était un combattant, fier d’être Réunionnais, fier d’être communiste ».

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Intervention d’Elie Hoarau.

« Les droits d’un peuple »

Élie Hoarau, président du PCR, a ensuite pris la parole pour évoquer la question que se posait toujours Laurent Vergès : « on se bat pourquoi ? ». C’était une bataille incessante pour conforter l’idéologie du PCR. « Le combat et les idées de Laurent Vergès sont plus que jamais d’actualité », a-t-il affirmé : « comment faire respecter le Réunionnais en tant que peuple. Nous devons avoir les droits d’un peuple ».
Il ajouta que « Laurent Vergès avait beaucoup de préoccupation pour l’avenir de la planète ». Au delà de l’émotion ressentie lors de cette cérémonie, « nous devons en ressortir avec la conviction que Laurent Vergès avait raison, que nous avons raison et que nous devons continuer le combat ».

M.M.



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  • Un homme assurément estimable, prématurément fauché, disparu en pleine jeunesse et en pleine créativité.
    Une perte pour La Réunion et l’Outre-mer.

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  • Je m’associe à l’hommage rendu ce vendredi 13 octobre. Je voudrais également associé dans le combat de l’émigration mon camarade ,ami regretté Marcel Soubou que je ne peux oublié. Oui ,Laurent était de tous les combats des amis et camarades de l’hexagone . Je me souviens encore de son soutien en 1979 de la première manifestation des cheminots originaires des DOM-TOM pour l’obtention par la SNCF de la prise en charge d’un voyage pour l’agent seul à 75% . Luttes et chemin parcouru nous sommes à 100% tous les deux ans pour toute la famille. Je crois en cette période de démolition des droits sociaux par le grand Monarque jupitérien de France ,qu’il est important de rappeler le combat de grand militant Réunionnais. .

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