Un triple anniversaire combatif
16 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Hommage à sept martyrs réunionnais (1949 – 1978) — 7/7 —
14 mars 2009

Pour ce 7ème samedi consécutif, nous continuons à célébrer le cinquantenaire du Parti communiste réunionnais à travers des extraits d’un ouvrage d’Eugène Rousse à paraître bientôt, en hommage aux 7 Réunionnais qui ont trouvé la mort en étant victimes des violences néo-coloniales entre 1949 et 1978.
Dans les six éditions précédentes, nous avons évoqué successivement l’agression mortelle infligée à Marcel Dassot au commissariat de police de Saint-Denis en 1949, puis l’assassinat de François Coupou par des CRS en 1958 à Saint-Denis, l’assassinat du jeune Héliar Laude par un nervi à Sainte-Clotilde en 1959, la mort de Thomas Soundarom tué par des gendarmes en 1962 à Saint-Louis, la tragédie d’Édouard Savigny tué le 10 décembre 1967 par des nervis près de la mairie de Saint-André et enfin l’assassinat du Portois Joseph Landon en 1974 par des hommes de main d’un patron à l’avant-veille de l’élection présidentielle.
Voici à présent le rappel du meurtre de Rico Carpaye, un Portois de 17 ans, tué au rond-point du Sacré-Cœur le 14 mars 1978 par des nervis du député de la seconde circonscription et du maire de Saint-Paul.
Les élections législatives du 12 mars 1978 opposant Paul Vergès à Jean Fontaine dans la seconde circonscription (à l’époque, de La Possession à Saint-Louis) ont été précédées d’une campagne électorale très violente. Durant cette campagne, des scènes d’une extrême violence se sont produites notamment à Saint-Louis et à Saint-Paul. (…)
L’analyse des résultats de ce scrutin montre que, par rapport aux législatives du 18 mars 1973, les gains de Paul Vergès et de Jean Fontaine se chiffrent respectivement à 893 et 134 voix. C’est probablement la médiocrité de son score qui incite ce dernier à se rendre au Port, moins de 48 heures après la proclamation des résultats et son élection au poste de député. (…)
La Préfecture complice du crime
Les moyens mis en œuvre par Jean Fontaine prouvent qu’il s’agit d’une initiative dictée essentiellement par le désir d’aller narguer chez lui un adversaire qui l’a battu de près de 2.300 voix le 12 mars et de s’en prendre à la population portoise pour son refus de lui accorder sa confiance.
Ce qui étonne en la circonstance, c’est l’attitude de la Préfecture. Informée du projet réel du député, elle s’abstient d’en informer la Mairie du Port, se bornant a dépêcher vers la cité maritime une centaine de gendarmes et de CRS.
Une telle mobilisation alimente au Port une rumeur selon laquelle une expédition punitive de Jean Fontaine est imminente dans la cité maritime. D’autant plus que les élus portois sont informés de la préparation, en tout début d’après-midi sur la place de la mairie de Saint-Paul, d’un convoi de plusieurs dizaines de véhicules, dont 5 camionnettes communales bourrées de nervis, recrutés à l’occasion de la campagne électorale. (…)
L’horreur au Sacré-Cœur
Après plusieurs actes de violences commis à travers la ville du Port, sur le chemin du retour vers Saint-Paul, le cortège conduit par Jean Fontaine arrive au carrefour du Sacré-Cœur. Il est accueilli aux cris de “vive Vergès” par des jeunes portois qui se tiennent de chaque côté de la chaussée sur laquelle la circulation se fait quasi normalement. (…)
À 19 heures 40 c’est l’horreur : trois camionnettes communales de Saint-Paul se mettent à rouler de front ; deux de ces véhicules n’hésitent pas à rouler sur les bas-côtés, au risque de faucher les personnes qui s’y sont massées. Après leur passage éclair, on relève sur le terrain de nombreux blessés, dont 9 sérieusement touchés.
Transportés au CHD de Bellepierre à Saint-Denis ou à la clinique Jeanne-d’Arc du Port, certains de ces blessés, tel le jeune Norbert Vincent, y resteront de longues semaines. Mais pour Rico Carpaye, âgé de 17 ans à peine, il est trop tard.
Aucun procès
Projeté sur le capot d’une camionnette pilotée par un employé de la Mairie de Saint-Paul, ce dernier le fait chuter brutalement en freinant, puis l’écrase froidement avant de foncer vers Saint-Paul. C’est donc un cadavre qui est transporté d’abord à la clinique Jeanne d’Arc puis au CHD de Bellepierre. (…)
Trente-deux ans après, il nous faut déplorer que les responsables du crime commis au rond-point du Sacré-Cœur le 14 mars 1978 n’aient pas été inquiétés par la Justice. La volonté d’étouffer un aussi gros scandale est évidente. “Étouffer”, c’est bien le mot qu’il convient d’employer ici car les plaintes portées tant par la famille du défunt que par le maire du Port n’ont jamais été instruites et n’ont, a fortiori, jamais débouché sur un quelconque procès.
(fin)
Eugène Rousse
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Mézami mwin la konète La Franss dann bann zané 1955-1956 é mi pe dir azot dann tan-la té in drol pèryod késtyonn tanpératir : kan la fé fré la pa (…)
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Na pwin lontan mi oi dann télé, in lanjin apré boulvèrs in kour lékol. Mi domann amwin pou kossa io fé sa, sirtou kan ou la bétone la kour-la na (…)
Messages
25 septembre 2013, 12:23
ok on compren
17 septembre 2017, 17:44, par Tphane
Merci bien pou ti larticle, yfé konète inpé zistware le Port. Mité koné pa sa é pourtant na 34 ans mi habite da ville la. Pliss Forss Azot.