Hommage

« Le chant de la négritude et la lutte contre le colonialisme »

Au Sénégal

Témoignages.re / 21 avril 2008

Le Sénégal était hier aux obsèques nationales du poète Aimé Césaire décédé le jeudi 17 Avril. Au plus haut niveau de l’Etat, c’est le Ministre de la Culture, du Patrimoine historique classé, des Langues nationales et de la Francophonie, Mame Birame Diouf, qui était présente en Martinique.
« Ce qu’on retiendra, c’est le chant de la négritude et la lutte contre le colonialisme », affirme le Président sénégalais Abdoulaye Wade à propos d’Aimé Césaire, concédant se sentir plus proche du poète antillais que de l’autre "père" de la Négritude, Léopold Sedar Senghor.
« Cet homme a consacré sa vie à la lutte pour le peuple noir, à la lutte pour l’indépendance de l’Afrique, à la promotion des valeurs de la négritude », a-t-il indiqué jeudi soir à deux journalistes, dont l’AFP, rappelant avoir rencontré la première fois Aimé Césaire à la Sorbonne à Paris en 1956.
L’écrivaine sénégalaise Aminata Sow Fall, auteur du célèbre roman “La grève des Battus”, a exprimé à APA sa « grande émotion » à l’annonce du décès du poète martiniquais Aimé Césaire qu’elle qualifie de « grand vide, une grande perte pour l’Afrique, le continent et la littérature ».
Elle avoue avoir « toujours été fascinée par la poésie de Césaire » tout en regrettant d’avoir raté une occasion de le rencontrer lors d’un voyage en Martinique.
« J’ai fréquenté ses textes en classe de Première et Terminale avec Senghor et Mongo Béti », a-t-elle dit, soutenant qu’il est essentiel de « retenir les leçons de son combat culturel pour la dignité de l’homme noir » et son « legs ».
Le Sénégal, en le nommant parrain du prochain Festival Mondial des Arts Nègres (Fesman de décembre 2009), avait déjà donné à Césaire une reconnaissance « qui lui est due », selon Aminata Sow Fall, qui estime que le poète martiniquais occupe « une grande place dans le cœur des Sénégalais, surtout vu son compagnonnage avec Senghor ».
Aimé Césaire, dont la poésie clame « la respiration même de notre race », a rendu à l’homme noir sa « dignité », selon le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, Président de la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi).
Il invite le président de la République, qui s’apprêtait à rendre visite à Césaire, à faire ce voyage et à inscrire le nom de défunt poète « dans le panthéon de la Place du Souvenir à Dakar ».
M. Sall souhaite que le Sénégal lance un « Grand Prix littéraire Aimé Césaire » pour « perpétuer la mémoire du grand poète ».