Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
25 avril 2025, par

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de Louis Georget Boyer, artiste réunionnais aux multiples talents, défenseur infatigable de la culture créole, dont l’œuvre rayonne bien au-delà de notre île.
Né en 1962 à Saint-Denis de La Réunion, Louis Georget Boyer était poète, musicien – membre du groupe Kayambé et acteur engagé des servis kabaré – mais c’est surtout en tant que peintre qu’il a su marquer son époque. Depuis près de 20 ans, ses pinceaux ont donné vie à des toiles vibrantes d’émotion, figuratives et habitées, souvent nourries de souvenirs du « tan lontan » et des paysages de La Réunion. Pour lui, « peindre est un acte d’amour », un élan viscéral transmis depuis l’enfance et jamais tari.
Artiste palmiplainois, il a fait de son atelier au Domaine des Tourelles à la Plaine-des-Palmistes un lieu vivant, un refuge de création et de transmission. Il y assurait une exposition permanente, et y dirigeait un atelier depuis mars 2020, après avoir animé durant près de deux décennies l’Atelier Louis à Saint-Denis, de 2000 à 2019.
Sa peinture, à l’huile comme à l’acrylique, a conquis bien des regards à La Réunion comme ailleurs. Il a participé à de nombreuses expositions collectives et personnelles – à Art’sénik, Hang’Art, la Cité des Arts, l’Espace Guy Agénor, Auvers-sur-Oise, ou encore à Paris, lors de la prestigieuse exposition « 10ème promenade dans l’art d’aujourd’hui ». Il était aussi artiste coté, figurant dans le Guid’Arts 2019 et référencé à Drouot Lausanne.
Membre actif de l’UDAR (Union Des Artistes Réunionnais), il avait été choisi en 2019 par le peintre Charly Lesquelin pour représenter La Réunion lors d’un workshop artistique en Thaïlande. Son œuvre, enracinée dans les hauts de l’île, rendait hommage à la mémoire des anciens. Peindre Salazie, Mafate, Cilaos, c’était pour lui une manière de faire parler les arbres et les sentiers, d’écouter les échos du passé, de témoigner d’une histoire intime et collective.
Louis Georget Boyer s’en est allé, mais ses toiles continueront à parler pour lui, à raconter La Réunion dans ses couleurs, ses douleurs, et ses espérances. La culture créole perd un ambassadeur, l’île un artiste majeur, et tous ceux qui l’ont connu un homme profondément humain, passionné, généreux.
Qu’il repose en paix, entouré des paysages qu’il a tant aimés.
Natou et Patrice
Nout Farfar Lémisyon radyo
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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