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Une figure de la Rivière des Galets s’en est allée
22 mars 2017, par

Mamzèl Célia nous a quittés. Elle s’en est allée le lundi 20 février dans l’après-midi, dans sa 98e année. Mme Célia Jéhu laissera un grand vide à la Rivière des Galets. Celle que tout le monde dans son village appelait avec respect « Mamzèl Célia » avait vu le jour en 1919 dans la commune de Saint-Leu.
Ce respect, elle le suscitait à plusieurs titres, d’abord pour avoir été toute sa vie durant le “zarboutan” de sa famille, l’exemple et le repère pour sa fille, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, puis pour avoir soigné et soulagé beaucoup de monde grâce à ses connaissances des plantes et des massages, aussi pour avoir transmis son savoir aux enfants des écoles et des centres de loisirs. Respect enfin pour avoir été mise à l’honneur par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR) comme « zarboutan nout kiltir ». Cela s’était passé en 2006, sous l’égide du Conseil Régional de Paul Vergès. A l’heure de sa disparition, la conjonction de ces deux vies réunionnaises est riche de symbole. C’est en effet Paul Vergès qui avait eu l’idée d’honorer les porteurs et porteuses du patrimoine réunionnais, des figures du maloya de 2004 et 2005 aux “tisaneuses” de 2006, par la suite au moringue et au bal tamoul…
Pour garder fort et chaleureux le souvenir de Mamzèl Célia, ne résistons pas au plaisir de citer quelques passages extraits d’un article de 2007 du journal « Choka Bleu », le journal du Collectif d’habitants de la Rivière des Galets. L’article raconte la cérémonie de la remise du titre « zarboutan nout kiltir » qui s’était déroulée dans la cour de sa petite case de la Rivière des Galets.
« Entourée de sa petite-fille Brigitte, de quelques amis et d’habitants du Collectif de la Rivière des Galets, Mamzèl Célia a écouté avec grande attention les différentes interventions, dont celle de Carpanin Marimoutou, qui ne cachait pas son bonheur, dans ce cadre adapté, de vivre cet échange. Car échange il y a eu ! S’il a pu en effet mettre en valeur le savoir et les pratiques des “tisaneuses” réunionnaises, qui « plongent dans la longue histoire de l’île et la relient aux sociétés d’où nous sommes venus : Afrique, Asie, Europe, îles de l’océan Indien…’, s’il a pu saluer le rôle social joué par les tisaneuses, soucieuses de soulager les maux de leurs semblables, « dans une relation de confiance et de solidarité », il a bien vite été “relayé” par une Mamzèl Célia en super-forme, au regard pétillant et à la vivacité d’esprit étonnante, qui a illustré le propos du “professeur” par des exemples de sa propre vie, des recettes, des anecdotes, le tout ponctué de gestes expressifs et pleins d’humour ».
Mamzèl Célia connaissait tout le monde à la Rivière des galets, elle était « une archive vivante pour les férus de généalogie ». Qu’elle repose en paix aux côtés des anciens eux aussi disparus. Que sa famille reçoive les sentiments très solidaires de notre Parti et de notre journal Témoignages.
(*) La cérémonie funéraire s’est tenue ce mardi 21 mars à 15 heures en l’église de la Rivière des Galets, suivie de l’inhumation au cimetière de la Possession.
Alain Dreneau
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