La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Gandhi
2 février 2008

Le soir du 30 janvier 1948, à Delhi, un homme tire 3 coups de revolver sur Gandhi alors que celui-ci se rend comme chaque jour à la prière.
Après toute une vie consacrée à l’émancipation de l’Inde, Gandhi a eu la douleur de voir son pays se déchirer dans des guerres religieuses sanglantes entre hindous et musulmans. Lui-même hindou, il n’a cessé de plaider pour la réconciliation des deux communautés, ce qui lui a valu d’être accusé de trahison par les fanatiques de sa communauté.
Avec sa fin tragique, Gandhi accède au panthéon des plus grandes personnalités du 20ème siècle.
Mohandas Karamchand Gandhi naît le 2 octobre 1869 à Porbandar, dans une famille de riches commerçants du Gudjerat, au Nord-Ouest de l’Empire britannique des Indes. Il fait des études d’avocat à Londres puis, trop timide pour plaider en Inde, part en mai 1893 en Afrique du Sud où s’est établie une nombreuse communauté originaire des Indes.
Il se comporte loyalement à l’égard des Britanniques pendant leur guerre contre les Boers et organise un service d’ambulances avec un personnel indien.
Affecté par des vexations racistes de la part des Blancs, comme de devoir descendre d’un compartiment de train de première classe, il s’érige en défenseur des immigrants indiens et forge une doctrine originale fondée sur la non-violence, la maîtrise de soi et le respect de la vérité (la « satyagraha »).
Il préconise en vertu de cette doctrine la désobéissance passive et collective pour lutter contre les discriminations et remporte de spectaculaires succès face aux gouvernants britanniques. Mais c’est au prix de plusieurs séjours en prison.
À son retour en Inde en janvier 1915, Gandhi bénéficie déjà d’une solide réputation d’ascète et de héros qui lui vaut d’être surnommé par le grand poète indien Tagore Mahatma, d’après un mot hindi qui veut dire « Grande âme ».
Gandhi accède à la présidence du parti du Congrès et mène dès lors la lutte pour l’autonomie du pays, puis pour son indépendance, tout en prônant l’autosuffisance économique, le retour aux techniques traditionnelles, mais aussi l’émancipation des femmes et des Intouchables (les hors-castes de l’hindouisme). Avec bienveillance, il surnomme ces derniers les Harijans ou gens de Dieu (les Intouchables récusent aujourd’hui ce terme paternaliste et lui préfèrent celui de Dalits ou opprimés).
Plein de curiosité pour les systèmes philosophiques et les grandes religions, il n’en reste pas moins fidèle à son héritage hindou et... au système des castes. Il se rapproche de l’Inde profonde des villages et préconise le retour à une économie traditionnelle.
Le Mahatma donne l’exemple de l’ascétisme en pratiquant la chasteté dans son ashram des environs d’Ahmedabad, au Nord-Ouest du pays, et en tissant le coton sur son rouet pour subvenir à ses besoins et fabriquer ses propres vêtements.
À Amritsar, une manifestation tourne au massacre et rompt les liens invisibles qui rapprochaient Indiens et Britanniques.
Gandhi poursuit son action avec encore plus de détermination, en s’appuyant sur le parti du Congrès. Il préconise la non-participation (refus des décorations, boycottage des produits anglais,...) et prescrit même la grève de l’impôt dans un district du Gudjerat.
Mais l’affaire tourne à l’émeute, et Gandhi, par souci d’éviter les violences, interrompt le mouvement en février 1922. Lui-même entame une grève de la faim dans son ashram et met sa vie en danger pour convaincre ses compatriotes d’interrompre les violences.
À peine a-t-il obtenu l’arrêt des violences qu’il est arrêté, jugé et condamné pour sédition à 6 ans de prison (il sera libéré par anticipation en 1924).
Cette nouvelle détention lui vaut une aura internationale de martyr... aura quelque peu excessive si l’on songe qu’à la même époque, dans la plupart des pays autres que la Grande-Bretagne, les gouvernements ne faisaient pas tant de manières avec leurs opposants.
« Quit India ! »
En 1930, la Marche du Sel lui vaut d’être à nouveau arrêté, mais elle convainc les libéraux britanniques d’engager l’Inde dans la voie de l’indépendance.
Dès l’année suivante, celui que Winston Churchill qualifie avec mépris de « fakir à moitié nu » est convié à Londres à une table-ronde destinée à débattre d’une hypothétique indépendance de l’Inde.
Mais les discussions achoppent très vite sur les modalités de l’indépendance (faut-il accorder aux États princiers le droit de sécession ? Quelle garantie pour la minorité musulmane, qui représente alors un quart des 350 millions d’Indiens ? Quel statut pour les Intouchables ?...).
Dans les années suivantes, Gandhi recommande aux peuples persécutés par les nazis, les fascistes, les communistes ou les nationalistes japonais d’appliquer la non-violence qui lui a si bien réussi... sans percevoir la différence de nature entre l’État de droit anglo-saxon et les tyrannies totalitaires, lesquelles ne se seraient pas gênées pour écraser dans le sang les empêcheurs de tourner en rond de son espèce.
En Inde même, le Mahatma est déçu que le Congrès ne le suive pas dans le retour aux valeurs traditionnelles et s’en tienne à la quête de l’indépendance. Il renonce à la présidence du parti.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, les Britanniques engagent l’Inde dans le conflit sans prendre la peine de consulter les représentants de la colonie. Tout au plus, le Premier ministre Winston Churchill promet-il aux Indiens, à l’issue de la guerre, un statut de dominion similaire à celui du Canada ou de l’Australie.
Parmi les compagnons de Gandhi, certains comme Jawaharlal Nehru plaident pour ne rien faire qui favorise l’ennemi japonais et son allié allemand.
Mais pour Gandhi lui-même, l’heure des compromis est terminée.
Tout en condamnant la violence et, pire encore, l’alliance avec l’ennemi japonais dans laquelle se compromet l’ultra-nationaliste Bose, le Mahatma lance le 8 août 1942, à Bombay, un mot d’ordre radical à l’adresse des Britanniques : « Quit India ! » (Quittez l’Inde !).
Quelques heures plus tard, plusieurs chefs du parti du Congrès sont arrêtés. Gandhi lui-même est une nouvelle fois incarcéré. Il ne sera libéré qu’en mai 1944. Mais entre temps, son mot d’ordre aura donné le signal de la désobéissance civile sous la forme de manifestations, boycotts et grèves...
La joie ternie de l’indépendance
Au terme de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques sont résignés à se retirer du sous-continent indien.
L’Union indienne célèbre son indépendance le 15 août 1947. Le vice-roi Mountbatten remet les pouvoirs au Premier ministre Nehru.
Mais la fête est gravement ternie par sa scission d’avec le Pakistan, en bonne partie à cause de Mohammed Ali Jinnah, un avocat musulman chiite, qui dirige la Ligue musulmane et prône la création d’un État musulman indépendant.
Il s’ensuit une atroce guerre religieuse qui fait plus de 400.000 morts et entraîne le déplacement de part et d’autre des nouvelles frontières de près de 20 millions de personnes !
Le Mahatma entre au soir de sa vie dans son dernier combat en entamant une nouvelle et périlleuse grève de la faim pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes.
Le pays entre en prière et les violences s’apaisent, mais ce n’est qu’un demi-succès. Aux frontières indo-pakistanaises, les échanges de populations se poursuivent, accompagnés de brutalités innombrables...
Le conflit civil coûtera la vie à Gandhi, victime d’un extrémiste qui souhaitait la création d’un État hindou, l’Hindoustan, au lieu de l’Inde laïque et multiconfessionnelle. Le vieillard meurt en prononçant : « Mon Dieu ! ». Son assassin sera jugé et pendu.
(Sources : Herodote)
Célébration du 60ème anniversaire de l’assassinat
du Mahatma Gandhi (2 octobre 1869 - 30 janvier 1948)
La Sapèl la MizÈr vous invite
49 rue Mahatma Gandhi - Villèle
97435 Saint-Gilles les Hauts
Programme de la journée :
7h : Début des préparatifs de la journée
10h : Cérémonie célébrant le 60ème anniversaire de l’assassinat de Gandhi et dépôt de fleur.
12h : Repas de l’amitié
13h : Diverses animations : Danses Baratha-Natyam, Extraits de Bal Tamoul, Fonkèr, Tambour, Narslon, Interventions religieuses et culturelles
17h : Discours de clôture
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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