La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
4 août 2007

Les très nombreux proches et amis du médecin et militant de Saint-André lui rendront un dernier hommage ce samedi, à 15h, au cimetière de Champ-Borne.
Notre camarade Philippe Decamaret se trouvait chez lui, hier matin, avec sa compagne Chantal, lorsqu’il a été terrassé par une crise cardiaque. Malgré l’arrivée rapide d’équipes du SMUR de Saint-Benoît, et les soins apportés, il n’a pu être ramené à la vie. Il avait 51 ans. Alertée, une dizaine de ses anciens collègues de la clinique de Saint-Benoît s’est rendue au domicile de la famille, à Champ-Borne, pour soutenir les proches et aider à installer le corps. La famille - Chantal et les trois enfants : Anne-Gaëlle, Laure, qui vivent à La Réunion ; Sylvain, parti en France - est sous le choc. Les camarades aussi, et tous ceux qui l’ont connu dans son activité professionnelle ou dans l’un des nombreux engagements qui lui faisaient une vie en mouvement perpétuel.
Philippe Decamaret était médecin, et en tant que tel d’un dévouement sans borne, aux malades bien sûr, mais aussi à ses camarades et collègues soignants avec lesquels il cherchait toujours comment améliorer les soins et les services de santé où il a servi.
Un médecin des hommes
Né à Alger en 1956, il est arrivé à La Réunion comme Volontaire à l’aide technique, en 1983, et il a commencé à servir comme médecin à la clinique de Saint-Benoît, que Christian Bonneau dirigeait depuis avril 1978. Les deux hommes ne se sont jamais perdus de vue et Christian Bonneau, aujourd’hui directeur général de la Fondation Père Favron, est un de ceux que la disparition brutale de Philippe Decamaret affecte profondément. « Il a fait partie du groupe de base, avec Yves Jacques-Antoine et d’autres, dans la construction de la santé dans l’Est. Il a été un ami, un collaborateur précieux qui a été à nos côtés pour créer les Urgences, le SMUR. Il avait ses convictions politiques, syndicales, il défendait les conditions des salariés, mais lui donnait son temps sans compter. Il a participé à des opérations humanitaires. Il y a quelques jours, avec Arsène Nerbar, le directeur de l’Hôpital et Alain Philibert, le directeur de la clinique, nous voulions lui confier la direction du pôle santé le l’Est... On est très peiné. Il a rendu d’énormes services à la population de l’Est, c’était un médecin comme on n’en fait plus, un excellent médecin, respectueux de chacun... »
Le Pôle Santé de l’Est est l’aboutissement du rapprochement entre la clinique et l’hôpital - un rapprochement dont Philippe Decamaret a été « un pilier » confirme Alain Philibert, directeur de la clinique, où Philippe Decamaret a travaillé pendant près de 20 ans, jusqu’en 2005. « Il a été médecin aux urgences pendant près de dix ans - rappelle le directeur - puis il a été un des premiers à lancer la Direction de l’Informatique médicale (DIM). Il a œuvré à la création du SAMU et du SMUR de Saint-Benoît, du service des Soins intensifs. Nous sommes tous, ici, très touchés de sa disparition. C’était un vrai militant de la clinique Saint-Benoît, un homme de conviction et un grand humaniste », a-t-il dit.
Un militant engagé dans tous les combats
Philippe de Camaret a été aussi médecin-commandant du SDIS, auprès des pompiers, puis volontaire de la Croix-Rouge, avec qui il a œuvré à la plateforme de l’Océan Indien (PIROI). Dernièrement, il était en poste à l’hôpital Gabriel Martin, à Saint-Paul. Il avait eu récemment un accident de moto, lors d’un de ses nombreux déplacements ; mais même avec un bras en sémaphore et les genoux en compote, ce n’est pas ce qui allait l’arrêter.
Militant syndical, à la CGTR et membre du parti communiste, Philippe de Camaret était un de ces camarades qui n’arrêtent jamais, toujours sur la brèche, notamment à Saint-André où il militait avec la section de la ville et où il était aussi populaire que dans son milieu professionnel. « C’était quelqu’un de très simple, toujours prêt à s’engager ; un très brave camarade, le cœur ouvert, très accessible. C’était aussi un cerveau aussi. Nous perdons quelqu’un d’une valeur incommensurable », a dit de lui Eric Fruteau, de la section de Saint-André, qui espère comme tous les progressistes de l’Est, parvenir à “désouquer” le fraudeur... Un des souvenirs militants d’Eric Fruteau est les jets de galets qu’a essuyés Philippe Decamaret lors des municipales de 1995 et 2001, à Saint-Benoît. Toujours en première ligne.
Pour le PCR, c’est une perte immense, mais tous les camarades de l’Est doivent se dire que Philippe n’aurait pas ménagé sa peine, d’ici aux prochaines municipales et que, même là où il est, il serait étonnant qu’il les laisse tomber.
A Chantal et aux enfants, à tous les très proches et ceux que la mort de Philippe Decamaret laisse désemparés, la rédaction de “Témoignages” présente ses condoléances chaleureuses et solidaires.
La veillée mortuaire est prévue pour vendredi soir, au domicile, lotissement les Yuccas et l’enterrement partira de ce même lieu, samedi à 15h pour le cimetière de Champ-Borne, tout proche.
P. David
Condoléances
• PCR
Chère Chantal,
C’est avec une immense tristesse que j’ai appris ce matin la nouvelle du deuil cruel qui te frappe ainsi que tes trois enfants.
Paul Vergès dit souvent : « Nous avons la chance d’être une terre sur laquelle tout le monde a d’abord été un étranger. C’est à celui qui arrive qu’il incombe de devenir un Réunionnais ».
Breton d’origine, Philippe, tant par son engagement dans l’exercice de sa vocation de médecin que par sa fidélité à ses convictions, son adhésion et sa participation actives aux luttes sociales et politiques, a su devenir un authentique Réunionnais.
C’est à ce camarade dévoué, intègre et modeste qu’au nom du secrétariat du PCR et en mon nom personnel, nous rendons hommage aujourd’hui.
À toi, ma chère camarade, à tes filles et à ton fils, je tiens à dire combien nous partageons votre chagrin et te prions de trouver ici l’expression de notre compassion la plus sincère.
Élie Hoarau
Secrétaire Général du PCR
• Section PCR De Bras Panon
Le Décès de notre ami et camarade Philippe Decamaret touche profondément La section PCR de Bras Panon.
Candidat lors des Cantonales 1988 sur le secteur de Bras Panon, il n’a pas hésité à rappeler que le plus important c’était de transmettre les valeurs de justice sociale, même si cela ne l’amenait pas à la victoire.
Fidèle à ses idées, il est resté longtemps au contact de la population défavorisée pour leur apporter aide et conseil. Nombreux à Bras Panon lui sont restés très reconnaissants.
La Réunion, la région Est, Bras Panon, perd un ami, un camarade et un homme de valeur.
Michel Dufour
Le Secrétaire de Section
• Agir Pou Nout Tout
Nous apprenons le décès de notre ami Philippe Decamaret. Une disparition qui surprend tout le monde parce qu’il intervient subitement et en plein âge.
C’est un sympathisant d’Agir Pou Nout Tout qui nous quitte, un homme de valeur, de conviction, un homme dévoué à la cause sociale, toujours près à servir les autres au détriment de sa propre personne.
II n’a pas hésité à quitter son poste à la clinique de Saint Benoît pour être au plus près des plus démunis en s’investissant dans l’organisation de la croix muge.
Pendant la mobilisation des emplois jeunes en 2003, il n’a pas hésité sur la demande du collectif emplois en danger à venir rendre visite aux grévistes de la faim pour des messages de sympathie et de conseil, alors même qu’il était épuisé, sans sommeil, après plusieurs nuits de garde à la clinique de Saint-Benoît.
Médecin de métier, il a fait de la défense des plus démunis sa cause première. Notre message de sympathie à tous ces proches et tous ceux qui l’appréciaient.
Nos combats futurs seront la sienne et sa mémoire vivra à travers l’idéal d’Agir Pou Nout Tout.
Notre douleur est profonde pour cet homme d’une grande générosité.
Jean-Hugues Ratenon
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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