Hommage

Que votre exemple, cher Monsieur Atectam, continue à nous inspirer…

Raymond Lauret / 31 juillet 2019

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Notre île de La Réunion vient de perdre un de ses plus remarquables fils. Monsieur Henri Atectam a quitté notre monde dans la nuit de ce vendredi 26 Juillet. Il avait 89 ans. Nombreux sont les réunionnais de toutes origines qui sont venus ce dimanche lui rendre un dernier hommage à l’EHPAD Saint-François d’Assises, à Saint Denis, autour des membres de sa famille plus que jamais soudés par l’amour que chacun a toujours porté à l’époux, au père, au grand-père, à l’oncle…

Très connu pour avoir donné à la profession d’Expert-comptable à La Réunion toute sa dimension, connu aussi pour un engagement associatif particulièrement dense, Henri Atectam est né à Saint-Denis le 7 mai 1930. Il était le troisième enfant de la quatrième génération d’une famille d’origine chinoise qui est arrivée de la province de Fou-Kien au cours de la seconde moitié du 19 siècle.
En 1949, il entreprend des études supérieures en France dans le domaine de l’Expertise comptable. De retour dans son île en avril 1954, il créera son entreprise, la première à être dirigée par un réunionnais dans un département qui comptait alors moins d’une demi-douzaine de cabinets spécialisés dans ce domaine.
A côté de son activité professionnelle, il milita à l’Association des Réunionnais d’origine Chinoise, à l’Union Départementale des Associations Familiales, au Conseil économique Diocésain de La Réunion, à la Croix Rouge française de La Réunion et au mouvement du scoutisme local. Il fut également, durant deux mandats, conseiller municipal à Saint-Denis.

C’est en septembre de l’année 1971 que je l’ai rencontré, pour la première fois de ma vie, dans mon petit bureau de la Mairie du Port. J’avais alors 25 ans et avais été élu au Conseil municipal de la cité maritime six mois auparavant. Il m’avait alors confié qu’il était de son devoir de me parler de « tout ce qu’un jeune élu doit savoir sur ce qu’il peut faire et sur tout ce qu’il ne doit pas faire ». Pendant plus d’une heure, j’écoutais attentivement celui qui avait su mettre sur le chemin de la vie des centaines d’enfants dans le monde du scoutisme et qui, aujourd’hui, se tournait vers les jeunes engagés dans la vie politique et associative.
Je pris ainsi conscience (et même connaissance) des lourdes responsabilités qui étaient celles d’un maire adjoint, responsable politique encore jeune et sans expérience et qui, bien entendu, avait à militer également et pleinement dans le domaine associatif au côté de nombreux autres citoyens de sa commune. Je saisis parfaitement qu’il importait que nous comprenions que nous ne pouvions pas (ni ne devions) nous passer des services d’une expertise comptable, expertise qui garantit la bonne tenue et la sincérité des comptes des associations dont nous étions responsables. Faut-il le préciser : ce n’était pas tout à fait encore la règle à cette époque.

Par la suite, dans mes responsabilités d’élu municipal et régional et dans le domaine associatif, et également comme trésorier de mon mouvement politique, je m’efforçais de mettre en avant les conseils que m’avait donnés Monsieur Henri Atectam, conseils que je me devais de suivre scrupuleusement.
Nombreux sont ceux à qui Monsieur Atectam, son fils Jean-Luc et tous les autres collaborateurs de son Office ont beaucoup apporté, dans le souci que soit toujours présente, à côté de la rigueur obligatoire de l’Expertise comptable, la part d’humanité qui a toujours été ce petit quelque chose qui émanait du fondateur des lieux et mettait chacun en confiance.

Ce dimanche 28 Juillet, que ce soit tout d’abord à 10 h, autour de Monseigneur Gilbert Aubry, venu saluer avec les mots du cœur celui qui fut un précieux collaborateur de l’Eglise catholique, et puis à 12 h, avec le Révérend Père Firmin pour la célébration d’une messe d’adieu, l’émotion était forte chez toutes celles et tous ceux qui se sont retrouvés à l’EHPAD Saint-François d’Assises.
Bien cher Monsieur Atectam, ce dimanche 28 Juillet 2019, autour de Jean-Pierre, Jean-Luc et Isabelle, vos enfants, autour de vos petits-enfants Olivier, Murielle, Guillaume, Elisabeth, Pierre-Luc et Aurélie, en présence d’Alain, Jean-René, Jean-Max, Marie Thérèse et René-Claude, vos neveux et nièces, et enfin de vos cousins Michèle, Sylvie et Gilles, sous le regard de votre épouse Marie-Françoise, oui, ce dimanche 28 Juillet, nous étions tous unis dans la même reconnaissance pour tout ce que vous nous avez donné comme exemple d’engagement pour que nos parcours respectifs soient ceux de réunionnais soucieux d’apporter à leur île leur part de travail.
Pour cela, nous vous disons merci et souhaitons que, là où vous êtes maintenant, vous continuiez à nous inspirer et à nous soutenir dans ce que nous aurons toujours à faire. Parce que, un journaliste réunionnais l’a écrit en mai 2015 pour que chacun d’entre nous s’en souvienne toujours, « dans tous les combats que vous avez menés, vous avez toujours jeté toute votre âme, votre plus stricte fidélité, vos richesses intérieures… ».

Raymond Lauret