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Lucien Botovasoa est mort pendant la révolte de 1947 à Madagascar.
Une dénomination « politiquement correcte » d’événements qui se sont soldés par la mort - officiellement - de 100 000 Malgaches, au terme d’une sanglante répression au sein de cette population qui aspirait à l’Indépendance. Une aspiration à laquelle le pouvoir colonial français de l’époque s’était savamment et hypocritement prêtée en n’hésitant pas à l’accompagner afin de mieux pouvoir la réprimer !.
Cette sanglante répression a donné lieu dans l’île rouge à la création du Comité de Solidarité de Madagascar, créée à l’initiative de Gisèle Rabesahala, alors secrétaire auprès des avocats des insurgés, relayé à La Réunion, par le Comité de Solidarité, présidé par la fondatrice de l’UFR,
« Comme en Indochine et dans les pays colonisés d’Afrique, la fin de la Deuxième Guerre mondiale ouvre à Madagascar une époque nouvelle : celle de la revendication pour l’indépendance nationale. Malgré certaines ouvertures du pouvoir à Paris (élargissement du suffrage universel, droit à une représentation politique, suppression de l’indigénat et des réquisitions), le malentendu surgit très vite entre les aspirations nationalistes et la métropole, soucieuse avant tout de maintenir le statu quo.
A Madagascar, une succession de conflits va progressivement amener le pays à l’insurrection : celle-ci éclate dans la nuit du 29 au 30 mars 1947. Les insurgés s’attaquent aux garnisons militaires et aux postes de gendarmerie, ils coupent les voies ferrées et les routes et tuent plusieurs Européens. Jusqu’en juillet 1947, l’insurrection ne cessera de s’étendre dans les campagnes pour gagner une partie importante de l’île.
Alerté le gouvernement français présidé par le socialiste Ramadier minimise d’abord « les événements ». Mais devant leur ampleur, un coupable est désigné : le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache qui a opté pour l’indépendance… dans le cadre de l’Union Française.
Malgré l’immunité dont ils devraient jouir, les parlementaires malgaches sont arrêtés dès avril 1947 : deux députés sont condamnés à mort. La répression policière ne suffira à détruire le M.D.R.M., si surtout à à briser le mouvement paysan. La reconquête militaire, lancée par les ministres des Colonies Marius Moutet (S.F.I.O.) puis Paul Coste - Floret (M.R.P.), s’achèvera plus d’un an après laissant derrière, elle, selon la moyenne des estimations, au moins 100.000 morts » :
C’est ce que nous rappelle Jacques Tronchon, dans son ouvrage « L’Insurrection malgache de 1947 », un ouvrage qui, à ce jour est le seul essai d’interprétation du rôle et des responsabilités des différents acteurs de l’insurrection malgache : leaders du M.D.R.M., sociétés secrètes malgaches, représentants du pouvoir français.
Complété par de nombreux documents inédits, cet ouvrage apporte un éclairage capital sur une page sanglante de l’histoire malgache.
Un ouvrage essentiel à se procurer afin de pouvoir nous retourner sur notre passé, afin de mieux
nous enraciner dans le présent pour pouvoir nous projeter dans l’avenir avec plus de sérénité, d’assurance et de foi active et militante en l’humain.
« Le chiffre véritable (des victimes) ne sera sans doute jamais connu. Celui de 89.000 morts avoué par l’état-major français _ chiffre fondé sur la différence négative trouvée entre le nombre d’habitants du quadrilatères d’insurrection avant et après les hostilités _ est sans doute assez proche de la réalité (…) (…) Par contre, tous les témoins vivants aujourd’hui, mêlés de près ou de loin aux hostilités, se prononcent pour des estimations évoluant entre 100 000 et 200 000 morts, victimes de la répression », peut-on, également, lire dans l’ouvrage de Jacques Tronchon.
M.S.
Nos peines
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