Hommage

« Un encouragement permanent au combat pour la responsabilité de notre peuple »

Vibrant hommage à Michel Morel

Témoignages.re / 21 avril 2017

Ce vendredi après-midi au Centre funéraire de Saint-Pierre, se sont déroulées les obsèques de notre camarade Michel Morel, décédé la veille à l’âge de 77 ans des suites d’une longue maladie. Cette cérémonie a été suivie par un grand nombre de personnes venues de tout le pays : des proches de la famille bien sûr, mais aussi plusieurs représentants et responsables du Parti Communiste Réunionnais, dont son président Élie Hoarau et la sénatrice communiste, Gélita Hoarau.

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Yvan Dejean a rendu un hommage admirable à Michel Morel au nom du Parti Communiste Réunionnais.

La cérémonie religieuse très émouvante a été animée par le Père Nelson Courtois, très proche de Michel Morel, qu’il avait rencontré à l’hôpital de Saint-Pierre quelques jours avant son décès. Elle a été suivie par de nombreux hommages vibrants de proches de Michel Morel, qui tenaient à saluer ses combats.

À ce sujet, nous pouvons citer notamment les représentants de l’Association des Anciens Combattants, les messages familiaux très touchants transmis par des proches de Michel Morel et l’intervention de Georges Gauvin, président du Comité Solidarité Chagos La Réunion, qui a souligné l’importance des actions menées dans ce sens jusqu’à la fin de sa vie par le défunt. Nous citerons en conclusion l’intervention d’Yvan Dejean, porte-parole du PCR, qui a rendu un hommage admirable de son Parti « à notre camarade Michel Morel ». Nous publions ci-après le texte intégral de cette intervention, avec ses condoléance du PCR à l’épouse de Michel, ses enfants et tous ses proches.

« Bien chers Marie-Thérèse, Isabelle et Stéphane, c’est d’abord vers vous que vont nos pensées, au moment où nous évoquons la mémoire de Michel au nom de tout notre Parti. Michel était un camarade d’une grande fidélité et qui jouissait de l’estime de nous tous. Michel Morel est de ces hommes qui n’ont jamais courbé la tête devant les injustices et la misère.

Dès son entrée dans la vie active et jusqu’à ses derniers jours, il s’est engagé activement au côté des organisations qui luttent pour le respect de la dignité humaine. Mais avant d’entrer dans la vie active, Michel a connu la guerre d’Algérie. Il nous a toujours dit avoir retenu de cette guerre que rien n’est plus précieux à un peuple que sa liberté.

Émigré en France, il travaille dans les PTT, il lutte dans la CGT et le PCF. Profondément Réunionnais, il adhère à l’Union Générale des Travailleurs Réunionnais en France (UGTRF) et milite aux côtés de Gervais Barret, Roland Robert, Jean-Baptiste Ponama, Boris Gamaleya et des autres victimes de l’Ordonnance Debré, exilées en France.

Bientôt il décide de démissionner de son poste de travail pour rejoindre le combat du PCR à La Réunion. Il sera de toutes les batailles syndicales, sociales, culturelles et politiques.

Dans ce même temps, Michel a, des années durant et dans de très difficiles conditions matérielles impossibles à imaginer aujourd’hui, imprimé chaque nuit l’édition de ‘’Témoignages’’, dont Thérèse, son épouse, et Laurence Vergès assuraient la saisie. C’est dans ces mêmes conditions qu’il imprimait le journal du FJAR, les publications de ‘’L’École Réunionnaise’’, ‘’Témoignage Chrétien de La Réunion’’, les publications de la CGTR, de la CGPER, tous les matériels des campagnes d’information et électorales du PCR, etc., sans oublier les premières éditions des ‘’Cahiers de La Réunion et de l’Océan Indien’’.

Dans son combat contre la maladie, Michel a fait preuve du même courage et de la même pugnacité que dans son travail militant. Toujours, même dans les plus durs moments, il a fait face avec cette bonhommie, ce sourire et ce goût de l’humour et du ‘’cassage les cuits’’ qu’il maniait en virtuose.

Tu t’en vas, camarade, cela nous rend triste. Tous tes camarades sont autour de toi, fiers de t’avoir eu comme compagnon de lutte. Pour nous le combat continue, ton souvenir sera pour nous un encouragement permanent au combat pour la responsabilité de notre peuple. Adieu camarade ».