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Fabien Lanave rend hommage à Joseph Quasimodo
10 janvier 2005

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Mercredi dernier, Fabien Lanave a participé aux obsèques de Joseph Quasimodo, qui ont eu lieu au funérarium de la Commune Primat à Sainte-Clotilde. (voir “Témoignages” du jeudi 6 janvier 2004) L’ancien dirigeant de la CGTR et de la section communiste du Port a fêté récemment son 90ème anniversaire.
Mais comme on le sait, malgré quelques ennuis de santé, Fabien Lanave reste animé par un esprit militant au service de la population, en particulier auprès des personnes âgées. En effet, il joue toujours un rôle très actif au sein de l’Association des retraités de La Réunion, dont il dirige le bulletin d’information, “L’Écho des Retraités”.
Interrogé par “Témoignages” lors des funérailles de Joseph Quasimodo, Fabien Lanave était trop ému par la disparition de son camarade pour réagir sur le coup. Nous l’avons rencontré hier et il nous a redit à quel point la mort de “Quasi” l’avait "surpris et affligé".
"Sa lété in bon kamarad amoin, dit-il. Dans tous les sens ; politiquement bien sûr, mais aussi sur le plan personnel".
Et de raconter : "Je l’ai rencontré pour la première fois en mars 1945 lors de la fondation du CRADS (Comité républicain d’action démocratique et sociale), où il était présent aux côtés du docteur Raymond Vergès et de ses amis. Puis je l’ai revu quand le CRADS s’est transformé en fédération du Parti communiste français, avec Mario Hoarau comme premier secrétaire fédéral, le 30 novembre 1947. À cette occasion, il a fait un exposé sur le sport et la politique. Il a été chargé d’organiser des activités sportives".
Et Fabien Lanave de poursuivre : "En septembre 1965, j’ai retrouvé Joseph Quasimodo en France, à la fête de “l’Humanité”, alors qu’il était exilé, victime de l’ordonnance Debré. Il m’a invité chez lui à Tours, le dimanche suivant. Nous avons beaucoup parlé de sa vie en exil qui lui faisait très mal, de ses engagements militants en France dans une cellule communiste, des différences entre le PCF et le Parti communiste réunionnais. Il voulait à tout prix revenir au pays.
En 1966, il m’a fait parvenir ses condoléances à la mort de mon fils de 22 ans et nous nous sommes à nouveau retrouvés à Paris en fin d’année.
Après la grève de la faim victorieuse des victimes de l’ordonnance d’octobre 60 et son retour à La Réunion, nous nous sommes revus souvent dans le cadre de nos activités professionnelles puisqu’au Trésor public il s’occupait notamment des activités portuaires et que moi-même j’était responsable de la comptabilité à l’arrondissement maritime des Ponts et Chaussées, aujourd’hui la DDE. Tous les mois nous avions des contacts et nous avons beaucoup sympathisé, notamment dans le cadre de nos discussions politiques".
Fabien Lanave ajoute : "Lorsque Joseph a pris sa retraite, il a tout de suite adhéré à l’Association des retraités de l’État, dont il est devenu membre du Conseil d’administration et du Bureau. Dans le cadre de nos activités au sein de cette association, il était très écouté, ses arguments étaient très appréciés, même par les non communistes. Bien que résident à La Plaine des Palmistes, il participait régulièrement à nos réunions.
Quand notre camarade Roland Hoareau est décédé, en juin 1997, il n’a pas pu venir à ses obsèques. Mais peu de temps après il est venu au Port, il a apporté un bouquet de fleurs que nous sommes allés déposer ensemble sur la tombe.
Je l’ai revu moins souvent par la suite, lorsque son épouse et sa belle-sœur sont tombées malades ; mais nous avons gardé des contacts téléphoniques très étroits. Il est toujours resté le même : une personne très chaleureuse, un homme au caractère solide, un Réunionnais qui ne se laissait pas faire et qui exprimait toujours son attachement au Parti communiste réunionnais".
Voilà le Joseph Quasimodo que Fabien Lanave gardera dans sa mémoire.
L. B.
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